J’ai lu, avec intérêt et amusement, l’interview de Joaquín Almunia, socialiste espagnol et surtout commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires (Libé du 3 novembre). Cet entretien fait suite au rapport de la Commission européenne sur les systèmes de retraites en Europe qui alerte les pays sur les conséquences du vieillissement de la population sur leurs finances publiques.

A propos de la France, il fait le constat que la dette a doublée en 20 ans alors que nous n’avons pas encore eu à faire face aux effets du vieillissement de la population et que si nous continuons comme ça elle atteindra dans 20 ans 240 % de notre PIB ...beau cadeau pour nos enfants et petits enfants !!!

Ensuite, il suggère un certain nombre de solutions à mettre en œuvre d’autant plus rapidement que plus le temps passe plus l’effort à faire sera important, ce qui me paraît être une remarque de pur bon sens.

Ca c’était la partie intéressante !

Maintenant passons à la partie toujours intéressante mais également amusante !

A la remarque du journaliste lui signalant que ces réformes demanderont des sacrifices et qu’elles seront considérées comme anti-social par une partie des français, il répond que …attention accrochez vous ! …..certains groupes de le société devront « céder un peu pour le bien commun » !!! … Si, il a dit ça ! …il s’est permis de faire cette remarque tout à fait politiquement incorrecte !!…incroyable !!! …

Il faudra lui expliquer à cet Espagnol, qu’en France, on n'a jamais vu un groupe de la société céder pour le bien de la collectivité ?…il rêve !!! …

Et des exemples de corporations à ne pas vouloir « céder pour le bien de la collectivité » on peut en donner en pagaille …les bar-tabac à qui on donne beaucoup d’argent pour qu’ils acceptent d’appliquer une loi de santé publique, les pêcheurs qu’on autorise à sur-pécher à l’aide de filets à mailles trop fines des espèces de poissons en voie de disparition, la RATP qui fait grève parce que leur service a été allongé d’une heure, les salariés de grosses entreprises publiques ou semi-publiques qui s’accrochent à leurs régimes spéciaux qui consistent à faire payer leurs retraites par toute la collectivité…. et j’en passe et des meilleures !

Combien de réformes ont été retirées ou vidées de leur substance devant la pression de telle ou telle communauté d’intérêts …pire encore, combien de réformes n’ont pas dépassées les murs de quelques bureaux d’un ministère parce que les sondages n’étaient pas bons !

Et pourquoi en sommes nous là ? et bien c’est maintenant que ça devient vraiment amusant.. figurez vous que Monsieur Almunia apporte un élément de réponse à cette importante question ! en effet, toujours à propos de la difficulté de réformer le financement des retraites, il nous dit : « Je sais que les élections ont lieu tous les quatre ou cinq ans et ce qui est au-delà de la prochaine échéance électorale est moins important. Mais si l'on veut être autre chose qu'un politicien de seconde zone, il faut voir loin. » …

Alors là il exagère carrément Monsieur Almunia !! ….nous dire que depuis 20 ans nous n’avons été gouvernés que par des politiciens de seconde zone ! ….non ! c’est pas possible !!!……… Quoique …à y bien regarder …c’est possible ! et malheureusement, au vue du programme de certains, ils sont pas prêt de changer de catégorie !!!