Politiciens de seconde zone ?
Par Nicolas le dimanche 19 novembre 2006, 19:45 - Humeur espagnole - Lien permanent
Il faudra lui expliquer à cet Espagnol, qu’en France, on jamais vu un groupe
de la société céder pour le bien de la collectivité ?…il rêve !!!

J’ai lu, avec intérêt et amusement, l’interview de Joaquín Almunia,
socialiste espagnol et surtout commissaire européen chargé des affaires
économiques et monétaires (Libé du 3 novembre). Cet entretien fait suite au
rapport de la Commission européenne sur les systèmes de retraites en Europe qui
alerte les pays sur les conséquences du vieillissement de la population sur
leurs finances publiques.
A propos de la France, il fait le constat que la dette a doublée en 20 ans
alors que nous n’avons pas encore eu à faire face aux effets du vieillissement
de la population et que si nous continuons comme ça elle atteindra dans 20 ans
240 % de notre PIB ...beau cadeau pour nos enfants et petits enfants
!!!
Ensuite, il suggère un certain nombre de solutions à mettre en œuvre
d’autant plus rapidement que plus le temps passe plus l’effort à faire sera
important, ce qui me paraît être une remarque de pur bon sens.
Ca c’était la partie intéressante !
Maintenant passons à la partie toujours intéressante mais également amusante
!
A la remarque du journaliste lui signalant que ces réformes demanderont des
sacrifices et qu’elles seront considérées comme anti-social par une partie des
français, il répond que …attention accrochez vous ! …..certains groupes de
le société devront « céder un peu pour le bien commun » !!! … Si, il
a dit ça ! …il s’est permis de faire cette remarque tout à fait
politiquement incorrecte !!…incroyable !!! …
Il faudra lui expliquer à cet Espagnol, qu’en France, on n'a jamais vu un
groupe de la société céder pour le bien de la collectivité ?…il rêve !!!
…
Et des exemples de corporations à ne pas vouloir « céder pour le bien
de la collectivité » on peut en donner en pagaille …les bar-tabac à qui on
donne beaucoup d’argent pour qu’ils acceptent d’appliquer une loi de santé
publique, les pêcheurs qu’on autorise à sur-pécher à l’aide de filets à mailles
trop fines des espèces de poissons en voie de disparition, la RATP qui fait
grève parce que leur service a été allongé d’une heure, les salariés de grosses
entreprises publiques ou semi-publiques qui s’accrochent à leurs régimes
spéciaux qui consistent à faire payer leurs retraites par toute la
collectivité…. et j’en passe et des meilleures !
Combien de réformes ont été retirées ou vidées de leur substance devant la
pression de telle ou telle communauté d’intérêts …pire encore, combien de
réformes n’ont pas dépassées les murs de quelques bureaux d’un ministère parce
que les sondages n’étaient pas bons !
Et pourquoi en sommes nous là ? et bien c’est maintenant que ça devient
vraiment amusant.. figurez vous que Monsieur Almunia apporte un élément de
réponse à cette importante question ! en effet, toujours à propos de la
difficulté de réformer le financement des retraites, il nous dit :
« Je sais que les élections ont lieu tous les quatre ou cinq ans et ce qui
est au-delà de la prochaine échéance électorale est moins important. Mais si
l'on veut être autre chose qu'un politicien de seconde zone, il faut voir
loin. » …
Alors là il exagère carrément Monsieur Almunia !! ….nous dire que depuis 20
ans nous n’avons été gouvernés que par des politiciens de seconde zone !
….non ! c’est pas possible !!!……… Quoique …à y bien regarder …c’est
possible ! et malheureusement, au vue du programme de certains, ils sont
pas prêt de changer de catégorie !!!