Ce qui me gène le plus, ce n’est pas trop sa méconnaissance des grands dossiers, ni ses réflexions à l’emporte pièce, ni son refus du débat avec ses adversaires, ni même l’impression qu’elle laisse de ne pas aller au fond des choses, non, non….même si je ne suis pas certain que si Ségolène avait été un homme, il aurait bénéficié de la même indulgence ....Non, ce qui me gêne le plus c’est qu’elle n’ait pas encore de programme 3 mois avant les élections et que de surcroît, elle nous dise qu’elle est en train de le construire (le programme) en allant discuter avec les citoyens, c’est la fameuse démocratie participative !!!

Etre à l’écoute de la population, vouloir connaître ce qu’est la « vraie vie des vrais gens » est tout à fait louable !
Par contre, prétendre trouver les solutions aux problèmes majeurs auxquels va être confronté le prochain Président de la République (chômage, dettes publique, financement des retraites, réchauffement climatique…), auprès des citoyens soudainement promus au rang d’experts me semble quelque peu léger !
Il me semble qu’il eut mieux fallu faire l’inverse ; c’est à dire présenter un premier projet très tôt, afin de laisser le temps à ceux qui le souhaitent de le critiquer pour ensuite établir un programme définitif amendé des remarques.

Le problème c’est que cela supposait d’avoir à la fois un projet et du temps.
Or, Ségolène Royal n’avait ni l’un ni l’autre !

Il est difficile de l’accabler pour cela, car à sa décharge, il faut avouer que madame Royal est partie avec un lourd boulet au pied …le Parti Socialiste !

A ce propos, j’ai trouvé un billet sur l'excellent blog de Jean-Michel Apathie daté du 1er février (ici) dans lequel il fait, comme souvent, une analyse qui me semble fort pertinente et qui exprime tout à fait mon opinion sur le sujet.
En substance, il nous dit qu’après la défaite cuisante de Jospin en 2002, les Socialistes n’ont pas su se reconstruire, faire un travail de fond pour définir ensemble un programme digne de ce nom qui aurait pu servir de base au candidat à l’élection présidentielle.
Au lieu de ça, les nombreux courants se sont foutus sur la gueule pour aboutir, comble du ridicule, à un projet bancal et bidon sur lequel tout le monde s’est empressé de s’asseoir !
Par dessus le marché, un candidat naturel n’a pas émergé qui aurait eu le temps de se préparer à affronter la dure réalité d’une campagne présidentielle.
En conséquence Ségolène Royal s'est trouvée obligée de construire vite fait bien fait ce que le parti Socialiste n’a pas été capable de faire en 5 ans.

Les circonstances sont donc difficiles pour madame Royal qui doit réaliser selon les termes de Jean-Michel Apathie un véritable exploit ! …le réussira t’elle ? …nous devrions avoir une grande partie de la réponse le 11 février !
Pour le bien de la démocratie il faut l’espérer ! …vivement que l’on puisse enfin confronter des programmes et non plus se contenter de commenter les maladresses de l’une, les abus de pouvoir de l’autre ou l'ISF des 2 !