Démocratie à la Royal
Par Nicolas le mercredi 7 février 2007, 22:41 - Humeur énervée - Lien permanent
Une info du matin qui m’a encore fait sursauter !

Pourtant elle devrait le savoir, cette radio que j’écoute quotidiennement et
matinalement, que pour ne pas me contrarier, il faut, avant une certaine heure
(variable selon le jour de la semaine et le moment de l’année) y aller tout en
douceur dans la diffusion de l’information !
Ce matin, pourtant, c’est sans aucune précaution oratoire du genre
« attention, nous tenon à avertir nos auditeurs les plus sensibles que
certains des propos que nous allons vous diffuser peuvent choquer votre sens de
la démocratie » ou bien encore « attention, en préalable des propos
que nous allons vous diffuser, et contrairement aux apparences, nous tenons à
vous préciser qu’ils ne sont pas de Jean-Luc Mélenchon ou d’Arlette Laguiller
et qu’ils ne datent pas de Mai 2005 mais d’hier soir ».
C’est donc juste après quelques mots d’introduction sur son Meeting que j’ai
(entre autre) entendu ceci de la bouche de Ségolène Royal :
…"Ceux d'en face, à droite et dans leurs relais dociles dans les médias,
m'avaient déjà congédiée, accablée de toutes les insuffisances et de toutes les
impotences, vilipendée dans des publications sordides, à la une de publications
liées au pouvoir. Il y a sans doute un peu d'argent à gagner pour ces
conglomérats de la finance et des médias, mais surtout, il y en a tellement à
perdre si la gauche gagne les élections"…
Alors là, je me suis trouvé transporté presque 2 ans en arrière !
Vous vous souvenez « la France d’en bas » qui se fait rouler dans la
farine par « l’establishment » composé des puissances de l’argent,
des médias et des hommes politiques (ou du moins tous ceux qui appelaient à
voter oui) !
Le principe est simple, on essaye de discréditer en bloc tous ceux qui ne
pensent pas comme vous en les accusant d’être à la solde du grand Satan (autre
nom du grand capital) ! …
Eh bien ça y est ! Ségolène Royal a enfourché avec force et véhémence
la dialectique que l’on croyait jusque là réservée à « Marianne » et
qui a eu son heure de gloire lors du « débat » sur le projet de
constitution européenne !
« Les médias aux ordres, font tout pour me nuire et pour privilégier le
représentant de leurs commanditaires à cette élection présidentielle…j’ai nommé
« Nicolas Sarkozy » !!!!!!! »
Et elle n’y va pas par le dos de cuillère ! « relais dociles »,
« publications sordides », « publications liées au pouvoir »
….je serais à la place des journalistes je n’aurais que très moyennement
apprécié de me faire traiter de valets du grand capital ! …mais fort
heureusement je ne suis pas à leur place !
Vous l’aurez compris, ce genre de propos même tenus dans le cadre d’un
meeting destiné à remobiliser les troupes, me gêne !
Dans la bouche d’un Le Pen ou d’une Laguiller passe encore, mais dans celle de
la candidate Socialiste aux élections présidentielles je trouve cela quelque
peu déplacé !
Que comme dans tous corps de métier, il existe des journalistes incompétents ou
qui par couardise écrivent ce qu’on leur dit d’écrire…probablement ! …mais
jeter l’anathème sur l’ensemble de la profession est clairement excessif sinon
injurieux pour un certain nombre de professionnels des médias dont je suis
certain qu’ils font leur travail avec conscience et honnêteté.
En tentant de discréditer les journalistes, ces propos très populistes, tendent
à laisser penser qu’on ne peut pas faire confiance aux sources d’information
« officielles » et qu’en conséquence on peut croire n’importe qui
pourvu qu’il n’ait pas sa carte de presse !
Cela signifie également que le journaliste qui donne la moindre information ou
le moindre avis qui ne semblerait pas favorable à Madame Royal ne peut être que
le porte-plume d’un « conglomérat de la finance et des médias» !
En conséquence, le seul point de vue qui doit prévaloir et être publié est
celui exprimé par Mme Royal elle même ou par une personne accréditée
!
Que c’est beau la démocratie dans ces conditions !!!!
Bien ! voilà encore un billet qui va me rapporter de l’argent
!
Alors Messieurs Bouygues, Lagardère et autres Rothschild pour mes petits
appointements vous voudrez bien me contacter au plus tôt afin que je puisse
vous faire parvenir, au plus vite, les coordonnées bancaires de mon compte en
Suisse.
Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Messieurs, l’expression de ma plus respectueuse, intéressée et servile considération.