D’une manière général, j’apprécie le fait que les sujets sont abordés par le bon bout et qu’ils sont expliqués, justifiés et commentés ce qui n’est pas le cas de tous les programmes !

Un extrait de son introduction permet de comprendre en quoi la démarche se démarque de celles de certains de ses concurrents (es) :
« Je crois… qu'il faut changer de vision et considérer le projet économique et le projet social dans leur unité… la mondialisation est une compétition. Dans cette compétition, la solidité et la solidarité d'une société sont un atout maître. … il n'y a de lien social possible qu'avec une économie créative tournée vers l'innovation qui produit de la richesse et qui offre du travail. Si bien que social et économie doivent désormais se dire et se penser en un seul mot.
… C'est, selon moi, la vision contemporaine de notre modèle républicain français qui accepte la modernité, connaît les défis de la mondialisation, choisit de les relever dans le cadre national et dans le cadre européen, donne la priorité à la formation de tout un peuple comme arme principale de la compétition. »

Enfin quelqu’un qui dit clairement que la lutte contre l’exclusion, contre le chômage et contre la pauvreté passe par une société tout entière associée à la production de richesses.
Quelqu’un qui ose rappeler, dans le cadre d’une campagne électoral, plusieurs vérités essentielles sur les dangers et les effets pervers d’un endettement exorbitant et en accroissement continu (sujet sur lequel je me suis déjà exprimé) ou sur l’épée de Damoclès que le (non) financement des retraites fait peser sur la tête de nos enfants.

En conséquence dans ce programme, pas de discours facile, pas de liste de fausses promesses, pas de baisse impressionnante des prélèvements obligatoires, pas de distribution à tout va d’argent que nous ne possédons pas !
Par contre des propositions concrètes pour aider la Société à créer de l’emploi, par une réorientation de l'action publique vers le soutien de la recherche et vers le soutien aux petites et moyennes entreprise tout en apportant des garanties de sécurité aux salariés dans le cadre d’un contrat de travail qui permettrait « d’alterner une activité dans le cadre d'un réseau d'entreprises, des périodes de formation, des périodes de partage de l'emploi entre plusieurs entreprises. »

On trouve abordés également dans ce texte des sujets qui me tiennent à cœur comme l’Europe, l'endettement (cf.mon billet du 29 janvier) et l’environnement (cf. mon billet du 23 janvier).
Sur l’Europe, François Bayrou est fidèle à son engagement européen : « Nous avons besoin de l'Europe pour répondre au défi de la mondialisation. Les réponses nationales sont insuffisantes. Nous n'avons pas l'Europe à laquelle nous avons droit… »
Avec également une défense argumentée et courageuse ( parce que peu populaire) de l’action de la BCE.

Sur l’environnement, il propose une taxe sur l’énergie fossile qui serait mise en place très (trop) progressivement. Sur ce sujet, sa position peut paraître un peu frileuse et en tout cas elle demande à être précisée, notamment sur l’importance et donc l’effet de cette fiscalité écologique.

Ce document est assez riche parce qu'il n'est pas qu'un catalogue et qu'il essaye d'expliquer une démarche, en conséquence je ne le reprendrais pas en détail.
Ce texte ne constitue pas à lui seul son programme (qui sera publié début Mars), mais il en est certainement une pièce maîtresse. A ce titre, il doit d’être considéré comme un élément important du débat présidentiel et nous donne de la matière à comparer avec le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal ou les propositions de Nicolas Sarkozy (plus éparpillées).

En conclusion, je dirais que ce texte est plutôt une bonne nouvelle parce qu’il dévoile, enfin, au delà de ce qui pouvait apparaître comme une simple posture politique sans gros intérêt, ce que peut être réellement l’apport d’une candidature Bayrou à la Présidentielle.

Cependant, au-delà des propositions et des idées, il faut se poser la question de la capacité de François Bayrou à mettre en œuvre son programme au cas ou il serait élu. Avec qui ? avec quelle assemblée ? avec quel gouvernement ?…cette incertitude est clairement un handicap !

Espérons qu’il ne sera pas trop lourd et que le choix du candidat pourra se faire sur la base d’une comparaison des idées, des programmes et des personnes avant tout !