C’est dans l’Express, qui comme chacun le sait est un journal qui roule pour Sarkozy…euh non pour Ségolène Royal……euh…non…pour François Bayrou…euh non …pour …, enfin bref, c’est dans l’Express et plus précisément dans son numéro du 8 mars que j’ai lu un petit article (repris sur le site web) relatant la teneur d’une conversation entre Nicolas Sarkozy et un représentant du grand capital accessoirement principal actionnaire de « Libération », j’ai nommé : Edouard de Rothschild !

Lors de cette conversation téléphonique, initiée par Nicolas Sarkozy, celui-ci s’est plaint de manière virulente auprès de Monsieur de Rothschild de la Une de Libération du 1er mars titrant « Impôt sur la fortune de Sarkozy, le soupçon » .
Il aurait qualifié le journal Libération de "sectaire de gauche" et surtout expliqué à Edouard de Rothschild qu’avec des attitudes comme celles-là, il ne fallait pas s’étonner d’avoir du mal à trouver des financements. C’est ce qui s’appelle une menace à peine voilée.

Je précise d’entrée que je n’approuve pas ce genre de procédé de la part d’un journal. Mettre une information accusatrice comme celle-ci à la Une me semble relever d'un procédé douteux lorsqu'on sait que la Une d’un journal est lue par un grand nombre de personnes qui ne l'ouvriront pas et qui n’auront donc pas les éléments pour juger du bien fondé ou non de l’accusation portée.
C’est tout simplement la présomption d’innocence qui est en cause et qui doit s’appliquer à tous même à Nicolas Sarkozy (si, si).

Malgré tout, la réaction de Nicolas Sarkozy me semble tout à fait inacceptable.
Je ne vais pas répéter ce que j’ai déjà exprimé dans mon billet du 7 février (ici) puisqu’ il suffit de remplacer le nom de Ségolène Royal par celui de Nicolas Sarkozy. L’indépendance de la presse est une condition essentielle au fonctionnement d’une démocratie !

Cependant, autant je mettrais tous les candidats sur le même plan lorsqu’ils s’en prennent au thermomètre dès que celui-ci révèle une faiblesse, autant je les différencierais quand à la méthode utilisée pour faire pression sur les médias.
Sans approuver cette attitude, on peut reconnaître à Ségolène Royal et à François Bayrou qu’ils procèdent au grand jour dans leurs attaques.

La méthode utilisée par Nicolas Sarkozy consistant à proférer des menaces auprès du principal actionnaire d’un journal, me semble être plus sournoise et surtout révélatrice d’un état d’esprit qui me semble dangereux !
En effet, après cela, comment ne pas penser que si il est élu Président de la République il n’utilisera pas ces mêmes procédés à l’encontre des médias déplaisants et plus généralement de tous les contrariants !

Cet exemple et plusieurs autres démonstrations de son autoritarisme m’amènent à considérer qu’il en est capable !

En tout cas, pour moi, il y aura toujours un doute !