Les faits montrent que la barrière droite/gauche est tout à fait artificielle. Ce mur de Berlin politique n’est posé là que pour permettre aux partis politiques d’enfermer leur électorat dans une boite en leur faisant croire à des différences de fonds là où il n’y a que des différences de discours !
Cette dichotomie simpliste contribue à appauvrir le débat politique puisque, par définition, les idées, les propositions, les décisions des partis adverses ne peuvent être acceptables ni même discutables puisque « de droite » ou « de gauche ».

Une fois qu’un Socialiste a dit : « il est de droite » ou « c’est un discours de droite », il a tout dit !…en fait, il n’a rien dit mais tout est dans le sous-entendu : de droite voulant dire libéral, réactionnaire, bourgeois, anti-immigrés, anti-social et j’en passe et des meilleures !
A l’inverse pour l’UMP, tout ce qui vient des Socialistes ne peut relever que d’une idéologie sectaire, collectiviste, anti-entreprises, laxiste et irresponsable !

Il n’est pas question de nier qu’historiquement il y ait une idéologie de gauche et une idéologie de droite mais au fil du temps, et tout à fait normalement, elles se sont de plus en plus rapprochées !
Il existe bien une gauche et une droite mais il n’y a pas de fossé entre les 2, comme on voudrait nous le faire croire !
Il y a une ligne discontinue entre les 2 extrêmes avec un milieu dont il n’est pas facile de déterminer, comme pour toute ligne discontinue, ou il commence et ou il s’arrête !

En réalité, de chaque « coté » on trouve des personnalités étiquetées de gauche ou de droite qui se ressemblent étonnamment !
Fondamentalement, si on fait abstraction des propos électoralistes dont le seul objectif est de se démarquer de ses adversaires en faisant croire qu’il existe une vraie différence idéologique, qu’est ce qui différencie un DSK, un Delors, un Rocard ou même une Ségolène Royal d’un Bayrou ou d’un Borloo ?

Chirac ne s’est il pas fait élire sur le thème de la fracture sociale ?…thème de gauche s’il en est !
Ségolène Royal ne reprend elle pas a son compte des sujets habituellement traités par la droite : l’encadrement militaire des jeunes délinquants, les obligations auxquelles seront soumis ceux qui perçoivent des aides,…combien, à droite, se sont fait vilipender par la gauche pour avoir exprimé les même idées !

D’ailleurs l’élan dont bénéficie François Bayrou de la part d’électeurs de provenances diverses montre bien que cette pseudo-frontière n’est pas réellement un obstacle !
La popularité dont jouissait Ségolène Royal il y a quelques mois allait également bien au-delà des sensibilités de gauche parce qu’elle avait su sortir du discours classique des Socialistes !

Les faits l'ont également démontré !
Ce sont les Socialistes, avec Pierre Bérégovoy en tant que Ministre des Finances, qui ont lancé, en 1984, le chantier de la libéralisation financière en France avec notamment comme résultats, la fin du contrôle des changes, le renouveau de la bourse, la fin de l'encadrement du crédit…

En matière de privatisations, les Socialistes n’ont rien à envier à la droite avec une première vague de privatisations « partielles » entre 1990 et 1992 (Renault, Total, Elf, Rhone-Poulenc..) puis à partir de 1997 sous le gouvernement Jospin avec notamment la privatisation partielle de France Télécom (1997), du CIC (1998), la privatisation d'Aérospatiale, de la CNP "assurances", d'Air France (1999) et du Crédit Lyonnais (1999) !

D’une manière générale, tous les gouvernements ont été soumis aux même contraintes et ont eu une marge de manœuvre extrêmement faible qui les a rendu dépendants de la croissance et donc de la conjoncture internationale.

Face à ces contraintes, on a pu constater que les uns et les autres, faute d’avoir eu le courage de réformes impopulaires ont, dans les grandes lignes, appliqués les mêmes méthodes bonnes ou mauvaises.

C'est peut-être sur les sujets de société que des divergences de points de vue sont les plus sensibles sans que l’on sache vraiment si elles sont le résultat de réelles convictions ou une volonté de répondre aux attentes de son électorat.

En conclusion, dire qu’il n’y a pas de centre est faux ! non seulement il y a un centre mais il est énorme ce centre, c’est la moitié du PS, la moitié de l’UMP une part de l’UDF, beaucoup de Radicaux de gauche ou de droite, quelques Verts !

Cette représentation d’un échiquier politique parfaitement cloisonné entre la Gauche et la Droite est complètement artificielle, elle sert les Partis politiques en leur permettant de marquer leur camp et de désigner l’ennemi à abattre !

Je ne sais pas si fondamentalement Bayrou est de Droite ou de Gauche, si il est blanc, bleu, rose, vert ou rouge, mais je m’en tape, ça ne m’intéresse pas ! …j’ai le sentiment d’ailleurs que ça intéresse de moins en moins de monde !

Ce que j’aimerais entendre des contradicteurs de François Bayrou et d’une manière générale des contradicteurs de tout candidat(e) c’est une argumentation un peu plus fournie que la couleur d’une étiquette, une argumentation qui permette de juger l’homme ou la femme, son programme et ses idées… mais évidemment c’est moins facile !