Fin de campagne sans surprise ?
Par Nicolas le samedi 7 avril 2007, 00:06 - Humeur politique - Lien permanent

Un petit point route vite fait avant de partir en vacances.
Selon les sondages, les Français sont nettement plus nombreux qu'en 2002 à
ne pas être certains de leur vote.
Au vu des ces même sondages, il semble qu’il y ait une frange des votants assez
mouvante dans ses intentions de votes !
Alors je me suis demandé, 15 jours avant le premier tours, si cette volatilité
pouvait encore créer des surprises. Si alors que les programmes et la
personnalité des candidats sont maintenant largement connus, il pouvait y avoir
un boulversement de la hiérachie parmi les 4 principaux candidats ! une
remise en cause de l'ordre que les sondages font apparaitre depuis plusieurs
semaines maintenant : Sarkozy - Royal - Bayrou - Le Pen !
Je pense que l’électorat Sarkozy est assez stable.
Sarkozy on l’aime ou on l’aime pas, il y a peu d’hésitants. C’est un
épouvantail pour tous ceux qui sont beaucoup, peu ou prou de sensibilité dite
de « gauche » et ceux-ci ne vont pas aller vers lui au denier
moment.
Même les sympathisants de Bayrou n’iront pas le rejoindre au moins au premier
tours. Il me semble probable, qu’une de raisons de leur soutient à Bayrou c’est
le refus de voter Sarkozy. D ‘ailleurs François Bayrou ne se prive pas de
casser du sucre sur le dos du candidat UMP dès qu’il en a l’occasion.
Sarkozy l’a très bien compris qui manifestement a abandonné ses tentatives de
racolage au centre ou à gauche en se focalisant, au risque de la caricature,
sur les thèmes de la droite voire de l’extrême droite. Donc de ce coté là peu
de gains à espérer et peu de pertes à craindre sauf à ce que certains se
tournent vers Le Pen mais Sarkozy fait tout pour éviter cela.
Coté Royal également peu de mouvements à attendre.
Peu de gains à espérer. Pour d’autres raisons que Sarkozy, Ségolène Royal plait
ou déplait. Peu d’avis intermédiaires. Je pense que vis à vis de Ségolène Royal
c’est essentiellement une question de confiance et de crédibilité.
Ceux à qui elle n’inspire pas confiance ne vont pas massivement changer d’avis
maintenant et ce n’est pas le lot quotidien de promesses nouvelles qui va
changer grand chose.
Dans l’autre sens, il me semble qu’il peut y avoir quelques pertes au profit
des partis extrémistes ou de François Bayrou.
Certes le syndrome du 21 avril 2002 joue en sa faveur. Les groupuscules Verts,
Trotskistes, Léninistes et Lambertistes n’ont plus la cote.
Rappelons nous qu’en 2002, la dispersion des votes de gauche a permis à Le Pen
d’accéder au 2ème tours au détriment de Jospin, ce qui montre bien l’inanité du
vote dit « contestataire », c’est à dire du vote au profit de partis de
contestation qui n’ont pas d’alternative crédible à proposer.
Malgré cela, Madame Royal en sortant du classique discours de gauche a
perturbé à la fois les gauchistes purs et durs et les Sociaux démocrates façon
DSK. Les premiers lui reprochent de ne pas remettre en cause le système et les
seconds de faire des promesses qu’elle ne pourra pas tenir. Les uns pourront se
retourner vers Besancenot voire Bové et les autres vers Bayrou.
Le risque est d’autant plus grand que la campagne officielle donne plus de
visibilité aux petits partis alors qu’à contrario, les « grands »
candidats qui ont commencé leur campagne très tôt, peuvent commencer à
lasser.
En résumé, je pense que pour Ségolène Royal l’espoir de progresser dans les
sondages est faible et qu’au contraire, elle a tout à craindre de l’arrivée sur
le devant de la scène des « petits candidats » pour l’essentiel de
gauche.
La cote de François Bayrou, peu encore évoluer.
L’hésitant peut voter Bayrou par défaut. Par refus d’apporter sa voix à Nicolas
Sarkozy qui fait peur ou à Ségolène Royal qui agace !
Son positionnement à l’intérêt de permettre à ceux qui traditionnellement
votent à droite de ne pas voter Sarkozy sans pour autant voter à gauche et vice
versa pour ceux qui traditionnellement vote à gauche et qui ne veulent pas
voter Royal.
Cependant, François Bayrou reste avec un gros handicap qui est la
perspective des législatives à venir et l’incertitude qui pèse sur les moyens
qu’il aura pour gouverner comme il l’entend.
Les données du problème sont connues maintenant du moins par ceux qui le
soutiennent et cela ne devraient pas causer trop de défections. Mais à
l’inverse, ce problème peut faire hésiter les hésitants !
Reste Le Pen !
Alors là, c’est l’inconnu !
Paradoxalement son silence inquiète. On le voit peu dans cette campagne.
Le Pen bénéficie de toute façon d’un noyau dur important de sympathisants qui
voteront pour lui, même si il ne dit rien.
Cependant, par rapport à 2002, 2 facteurs pourraient lui nuire.
Tout d’abord le positionnement de Nicolas Sarkozy sur des thèmes
traditionnellement réservés au Front National comme l’immigration, la famille,
l’identité nationale et la sécurité.
Sur ces sujets Sarkozy est crédible !
L’autre élément perturbateur c’est François Bayrou qui, lui, emprunte à Le
Pen le thème du combat contre l’establishment politique dominant.
Ces éléments peuvent contribuer à le bloquer sur un score certes trop élevé
mais plus proche de ses scores de 1995 ou 1988.(aux alentours de
15%).
En résumé de tout cela, je ne crois pas à un changement dans la hiérarchie
des candidats à l’issue du premier tours. Je pense que les positions sont
maintenant à peu prêt stabilisées.
Néanmoins, il subsiste une incertitude importante quant à la qualité des
sondages et à la fiabilité de leurs résultats. De ce fait, en cas de surprise
lors de l’élection, il sera difficile de savoir si elle doit être imputée à un
revirement de dernière minute des électeurs ou à une mauvaise représentativité
de l’opinion par les sondages.
J'avoue que ça m'arrange parce que si je me suis trompé, je pourrais
toujours accabler ces grosses nullités de sondages et de sondeurs qui nous ont,
encore une fois, raconté n’importe quoi et que, c’est promis, nous ignorerons
superbement lors des prochaines élections !....euh ! que nous essaierons
d'ignorer superbement !
Commentaires
Votre analyse est juste. Mais on peut se demander, au-delà de la course de chevaux , des sondages, quels thèmes ont surnagé? A part l'identité nationale...
C'est en partie vrais mais je ne le reprocherais pas aux candidats dont les programmes traitent de beaucoup d'autres sujets, mais plutot à ceux qui ont considéré que celui-ci était le seul qui valait d'être commenté ou polémiqué : médias, blogs ou certains politiques !