Avec à peine 1,6 % des voix, la représentante des « Verts » a fait le plus mauvais score de l’histoire de ce parti à une élection Présidentielle depuis plus de 30 ans, le reléguant ainsi au rang des groupuscules dont tout le monde se fout.
Je n’accablerais pas Dominique Voynet, je suis persuadé qu’elle était la meilleure ou plutôt la moins pire candidate de ce parti.

Je vois plusieurs raisons à ce score misérable.

Tout d’abord, il est possible que les Verts aient pâti du fameux « vote utile ».
Néanmoins, comme je l’ai déjà exposé dans mon précédent billet (ici), si les électeurs ont aussi facilement délaissés les Verts pour voter « utile » c’est, me semble t’il, que leur attractivité était bien faible.
La seconde raison, la plus souvent invoquée comme un justificatif par les Verts eux même, c’est l’intervention de Nicolas Hulot dans la campagne qui, en imposant à tous les candidats un zeste d’écologie dans leur programme, leur aurait coupée l’herbe (verte) sous le pied.
Cette explication ne me semble pas pour autant devoir justifier l’ampleur de la déconfiture subie.
Je crois, qu’au contraire, les Verts auraient du pouvoir s’engouffrer dans la brèche ouverte pas Nicolas Hulot puisque le contexte n’a jamais été aussi favorable au thèmes écologiques et donc en théorie au Parti « Ecologiste ».
Mais pour cela, encore eut-il fallu que les Verts soient reconnus comme « La compétence » en matière d’écologie. Or ce n’est manifestement pas le cas.

Ce qui m’amène à ce qui est à mon sens la raison principale de leur échec.

Depuis des années, les Verts n’ont jamais donné l’impression d’aborder l’écologie avec impartialité et sans parti pris idéologique. Au contraire, beaucoup de leurs positions semblent, à tort ou à raison, plus relever d’un dogmatisme gauchisant et d'une contestation systématique que d’une réelle démarche « scientifique ».
De plus, en prenant position sur des thèmes qui n’ont rien à voir avec l’écologie, les Verts semblent perpétuellement hésiter entre un parti « généraliste » de gauche à la traîne du Parti Socialiste et un parti de promotion de l’Ecologie. De ce fait, ils rendent leur positionnement bancal ce qui contribue à brouiller fortement leur image.

En conclusion, les Verts n’apparaissent pas comme des experts sérieux et crédibles sur le thème de l’écologie alors que sur les thèmes plus généralistes ils n’ont jamais trouvé leur place sur l’échiquier politique faute d’avoir pu se démarquer des autres partis de gauche.

Si on ajoute à tout cela le jeu très "personnel" de ses leader et un mode de fonctionnement incompréhensible qui les conduit à des situations grotesques comme le bref épisode Lipietz en 2002 ou les désignations de personnages fantomatiques à la tête de leur parti, on comprend assez bien les raisons de leur décrépitude.

J’avoue que je ne me soucie guère de la perte d’influence du parti des Verts et encore moins de celle de ses porte-parole, non, ce qui me gêne c’est que les Verts par leur attitude déservent la cause Ecologique.
Or, cette cause mérite, sinon un parti politique, du moins un mouvement organisé, fort et influent pour la défendre, en faire comprendre les enjeux et être une force de propositions pertinentes.
Les Verts ont accaparé l’espace politique dévolu à un tel mouvement sans être capable d’en assumer le rôle alors si leur disparition pouvait permettre l’émergence d’un véritable mouvement Ecologique de référence, je serais le premier à m’en réjouir et à m'exclamer joyeusement "les Verts sont morts, vive l'Ecologie !".

Historique du score des Verts à la Présidentielle

  • 1974 René Dumont 1,3% soit 336 016 voix
  • 1981 Brice Lalonde 3,8 % soit 1 118 232 voix
  • 1988 Antoine Waechter 3,8% soit 1 146 000 voix
  • 1995 Dominique Voynet 3,2% soit 1 011 488 voix
  • 2002 Noël Mamère 5,25 % soit 1 495 901 voix
  • 2007 Dominique Voynet 1,6% soit 576 740 voix