L’UDF revient à ses bon vieux fondamentaux.
Cela dit, est-ce vraiment étonnant lorsque cela fait 25 ans que l’on est à la solde du RPR puis de l’UMP ?

Difficile de se départir de ses bonnes vieilles habitudes !
Difficile du jour au lendemain de transformer un parti de notables installé confortablement dans la majorité au pouvoir en un parti moteur de la rénovation du paysage politique français !
Difficile de prendre le risque de promouvoir un projet original alors qu’il suffit, pour garder sa place, de se contenter de faire le beni-oui-oui, sans faire de vague !

Pourtant, le succès de François Bayrou n’a rien à voir avec l’UDF.
Les presque 8 millions d’électeurs qui ont voté pour lui n’ont pas voté pour un parti, ils n’ont pas voté pour un Morin, un Arthuis ou autres Albertini !
Non, ces électeurs ont voté, certes pour le personnage Bayrou, mais surtout pour le projet original qu’il portait. Ils ont voté pour que l’on puisse sortir un jour de ces éternels confrontations Droite-Gauche qui ont trop longtemps bloquées la France. Ils ont voté pour une voie nouvelle.

Comment peut on imaginer que, sitôt le premier tour passé, qu’après avoir répété pendant des semaines et des semaines qu’il voulait « faire bouger les lignes et rassembler ceux qui étaient divisés… », François Bayrou rentre tranquillement dans les rangs UMP en attendant les prochaines élections présidentielles !

Avec la création du « Mouvement Démocrate », parti au positionnement complètement différent de l’UDF et dont l’objectif est de participer à la transformation de la vie politique française, François Bayrou est en parfaite cohérence avec son discours de campagne.
Malgré le risque important de se retrouver laminé aux législatives, il a l’honnêteté et le courage d’aller au bout de ses idées ce qui apparemment n’est pas le cas de tous ses partisans.

Mais après tout, peut être est-ce aussi bien de faire table rase du passé de l’UDF et de repartir sur des bases vraiment nouvelles. Partir de rien sera probablement plus long mais certainement plus cohérent avec l’originalité du projet.

Néanmoins, dans ces conditions, le combat de François Bayrou s’apparente de plus en plus à un quitte ou double que seul les citoyens pourront trancher.
Mais en créant son nouveau parti, François Bayrou confirme sa volonté de « dé-scléroser » la vie politique française. Et même si l’espoir de réussite est faible compte tenu des nombreux freins au changement dont les trahisons qu’il subit sont une des expressions, au moins il essaye, et il me semble que cette démarche, contre tous ou presque, mérite d’être encouragée.