Il y a d’abord ceux qui considèrent qu’on ne change pas une équipe qui perd, qu’on ne change ni les hommes (ou les femmes), ni le comportement, ni le discours.
Parmi ceux là on trouve ceux qui de toute façon considèrent qu’ils ont atteint leur limite et que leur vocation est d’être et de rester un groupuscule de contestation et ceux pour lesquels les termes de rénovation ou même d’évolution sont des gros mots sinon des blasphèmes !

Dans cette dernière catégorie on trouve en tête de liste le Parti Communiste.

A ce propos, une anecdote marante !

Afin de me documenter sur les réactions du PCF suite à la déconfiture subie à la présidentielle et dans une moindre mesure aux législatives, j’ai tapé sur mon moteur de recherche préféré les 2 mots « communiste » et « rénovation ».

Le résultat est instructif.
En première page, après un article d’une élue communiste de Paris sur la rénovation du square Léon Frapié puis d’un autre sur la rénovation du Palais des femmes ou encore sur la rénovation urbaine, j’obtiens enfin 2 articles extraits de l’Humanité sur la rénovation du Parti Communiste. Je me dis alors : « voilà ce que je cherche, voilà des éléments sur le projet du Parti Communiste pour faire face à sa lente décrépitude, pour réagir face à sa mort annoncée ».

Mais non, en fait ces articles dataient de 1995 !

En cliquant sur le premier lien je tombe sur l’interview sur Europe 1 de Robert Hue par Franz-Olivier Giesbert le 27 juin …..1995.

En fait, ce qui est bien avec le Parti Communiste c’est qu’il n’y a pas besoin de se casser la tête à organiser un interview, il suffit de reprendre celui d’il y a 12 ans et de changer les noms.

Vous remplacez Gisbert par Elkabach et Hue par Buffet et ça marche !

1ère question de FOG- Elkabach :

« Vous venez de recevoir mandat du Comité national pour accélérer le changement. Qu’entendez-vous changer dans votre parti ? »

Réponse de Robert Hue-Marie-George Buffet :

« Nous avons décidé de poursuivre et d’amplifier la rénovation du Parti communiste. En fait, il s’agit de mieux répondre encore aux attentes de notre peuple et aux besoins qu’il y a de transformation de la société. »

2ème question de FOG -Elkabach :

« Jusqu’à présent, vous avez été très prudemment dans cette voie. Irez-vous plus vite maintenant ? »

Réponse de Robert Hue - Marie-George Buffet :

« Une rénovation est engagée depuis un certain temps ; dans ce processus, nous allons accélérer les choses. La situation issue des élections montre qu’il y a une profonde volonté de changement, une immense volonté des gens de ne pas rester dans la situation où ils sont. Il y a à la fois l’idée que cela ne peut plus durer, mais en même temps l’absence d’un contenu : il faut donc apporter une alternative progressiste. Naturellement, il convient de s’attaquer aux problèmes qui sont posés aujourd’hui à la société et peut-être d’ailleurs faut-il établir de nouveaux rapports du Parti avec la société : c’est l’objectif que nous nous fixons… »

3ème question de FOG - Elkabach :
« Mais cela fait des décennies que les communistes parlent de changements et pour ceux de leur parti on attend toujours un peu... ».

Réponse de Robert Hue - Marie-George Buffet:
« Je crois que ce que vous dites n’est pas juste, les choses avancent. Regardez ce qui s’est passé dans cette dernière période : un regard nouveau est porté sur le Parti communiste. 35% à 40% d’hommes et de femmes dans ce pays disent regarder différemment le Parti communiste. Il y a des opinions nouvelles, bonnes…. »

Je rappelle que cet interview date de 1995 !

Voilà ou ça les a mené la rénovation !
Au présidentielles de 1995, Robert Hue qui pourtant avait le charisme d’un bidet à fait 8,64 % alors que Marie-George Buffet en 2007 a fait un superbe 1,93 %.
Il ne faut pas s’étonner après qu’ils ne soient plus franchement enthousiastes pour rénover les Communistes !

Revenons à nos moutons.
Je disais donc qu’il y avait plusieurs manières de réagir lorsqu’on reçoit une claque électorale.
Il y a donc la méthode façon PC qui consiste à ne pas réagir et celle façon Verts ou façon PS qui consiste à ….dire qu’on va réagir tout en faisant tout pour ne pas avoir à le faire.

En la matière, les Verts ont quand même une bonne longueur d’avance.
Rappelons quand même le score de Dominique Voynet à la présidentielle : 1,57 % !
Devant une telle performance on aurait pu imaginer que la réaction soit à la hauteur de la déculottée. Et ça commençait plutôt bien avec la déclaration de Yves Cochet pleine de clairvoyance : « Les Verts sont malades et en miette, il faut les dissoudre, je ne crois pas aux réformes internes » et il continue magnifique de réalisme et de lucidité : "Nous n'avons pratiquement pas progressé depuis 33 ans, l'écologie politique n'a pas fait progresser l'état de la planète, nous avons échoué" !

Là on se dit : « voilà des gens qui sont au fond du trou, qui reconnaissent enfin leur erreurs, qui décident de réagir courageusement et de prendre le taureau par les cornes pour une refondation destinée à aboutir à la résurrection du mouvement écologique Français ».

Voilà ce que l’on aurait pu se dire jusqu’à ce que Martine Billard, Noël Mamère et François de Rugy, nous extirpent brutalement de ce doux rêve avec des propos comme : « Il faut reconstruire les projets, les propositions, les solidarités pour intégrer tous ceux qui ont voté contre Sarkozy » ou encore les propos à la limite du ridicule de Noel Mamère : « Les Verts sont la composante la plus moderne de la gauche parce que nous avons été les premiers à porter une analyse non marxiste de la société » pour quelques jours plus tard s’acoquiner avec le Parti Communiste afin de former un groupe à l’Assemblée !

Sans oublier le « Nous allons travailler à la rénovation de la gauche et des Verts, je ne vois pas d'autre avenir pour les Verts hors de la gauche" de François de Rugy.

Ca c’est de la rénovation !

Ces gens là n’ont rien compris !
Ca fait 33 ans que les Verts desservent la cause Ecologique par leur positionnement dogmatique en parti croupion du Parti Socialiste (voir précédent article sur le sujet) et en fait de rénovation alors qu’ils ne représentent plus rien, tout ce qu’ils trouvent à dire c’est continuons comme avant !

A tel point qu’ils ne se positionnent même plus comme des écologistes mais comme des militants de Gauche anti-sarkozistes !

La rénovation façon Parti Socialiste part, fort heureusement, sur des bases un peu meilleures !
Disons, juste un peu, parce que même si tout le monde a le mot « rénovation » voire « refondation » à la bouche, chacun y met un contenu différent.
D’ailleurs, la première décision qui a été prise en la matière c’est d’attendre les Municipales avant de décider quoique ce soit avec le secret espoir que ces élections ne soient pas trop mauvaises et que l’on puisse en conclure qu’enfin de compte la situation n’étant pas si catastrophique que ça, la « rénovation » peut se limiter à un simple petit coup d’enduit sur les fissures les plus voyantes.

Dans ce cas, il est à craindre pour le Parti Socialiste que faute de refondation ou de rénovation digne de ce nom, ce soit dégradation, corrosion, décomposition et désagrégation.