Prix de la bouse de vache

Puisque c’est la reprise post-vacances pour ce palmarès, eh bien il y aura cette semaine une double bouse.

La première est tout d’abord remise solennellement (fonction oblige) à Nicolas Sarkozy pour ses propos de campagne rapportés dans le livre de Yasmina Reza. Les propos en question remontent au 1er mai, lors de sa visite au Cross-Corsen de Plouarzel (dans le Finistère bien sur).
Nicolas Sarkozy aurait dit : «Qu’est-ce qu’on va foutre dans un centre opérationnel sinistre à regarder un radar ? (...) Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte! (...)Derniers jours de campagne dans une salle à voir une carte ! Grand sens politique vraiment!» !

Ces propos même de la part d’un candidat à la Présidence de la république probablement fatigué et énervé auraient été déjà difficilement acceptables s’ils avaient concerné les Corses ou les Alsaciens mais à propos des Bretons cela devient proprement inadmissible ! ….et vive les Bretons et leurs chapeaux ronds !!!!

La seconde est collective puisqu’elle s’adresse au parti Socialiste pour sa remarquable prestation lors de son Université d’été.
La moitié des leaders du Parti ne sont pas venus sous des prétextes tous aussi bidons les uns que les autres (Lang, Aubry, Fabius…) et parmi les participants, il y a ceux qui se sont bien gardés de s’exprimer (Montebourg), ceux qui ont enfin demandé que le Parti arrête de s’accrocher à ses vieilles lunes pour des raisons idéologiques (Hollande) et ceux qui ont immédiatement criés « au virage à droite » (Emmanuelli) !
Voilà donc un Parti agonisant, sans idées, sans meneurs et sans électeurs, dont l’Université d’été devait être le début d’un processus de remise à flot et qui trouve encore le moyen d’aggraver son cas... pour peu que cela soit possible !

Alors là, moi je dis : Bravo !

Prix de la vache d’or

Le prix est décerné à Jean-Robert Pitte, Président de la Sorbonne pour ses écrits et ses propos sur le baccalauréat.
Certes, elle est peut exprimée avec excès, mais sa critique sévère du sacro-saint Bac et derrière d’une sorte de pseudo égalitarisme qui se fait au détriment de l’exigence, me semble très pertinente

Prix de la vache qui rigole

Cette semaine, le prix est remis, avec un petit peu de retard (vacances obligent), à ce pauvre Monsieur Fillon.
Trois jours après le drame routier de Vizille en Isère, qui a coûté la vie à 26 pèlerins polonais, le premier ministre a annoncé un ensemble de mesures d'urgence pour la route incriminée et un audit de toutes les routes à forte pente.
Je cite :
« Premier objectif : rendre efficace l'interdiction des camions et des poids lourds sur la route Napoléon (RN 85) dans la côte de Laffrey, théâtre de la catastrophe. Les contrôles de gendarmerie ont été renforcés sur place dès mercredi. Une signalisation renforcée suivra en fin de semaine. Ensuite, un "portique à lamelles" permettant aux conducteurs de se rendre compte matériellement qu'ils sont en infraction sera installé à la fin septembre, avant un "portique en dur" qui interdira "physiquement et totalement le passage" avant l'été 2008. Les véhicules bénéficiant d'une dérogation recevront une carte magnétique permettant d'élever cette barrière à leur passage. »

Alors là une petite précision s’impose pour les étrangers ou pour les français qui reviendraient juste d’un long séjour de 6 mois en forêt amazonienne !
Figurez vous que contrairement aux apparences, Monsieur Fillon n’est pas le Maire de Laffrey, ni le préfet de l’Isère, ni même le secrétaire d’état aux transports ! non, non ! …Monsieur Fillon est le Premier Ministre de la France !!! …si, si aussi incroyable que cela puisse paraître !

Mais en dehors du coté un peu ridicule de la situation qui vaut à Monsieur Fillon cette distinction bien méritée, une question plus sérieuse se pose :
Pendant que le Président de la République console les veuves éplorées, rassure les pères inquiets ou assiste aux enterrements des cardinaux et que le Premier Ministre s’occupe de signalisation routière, qui donc peut bien s’occuper de réfléchir aux solutions à apporter aux problème de la France : retraites, endettement, croissance faible, chômage etc …mais qui donc ?