Prix de la bouse de vache

Hugo Chavez est l’heureux bénéficiaire de la bouse de la semaine pour ses propos lors du sommet ibéro-américain qui s’est tenu la semaine dernière à Santiago.

Hugo Chavez s’est autorisé à traiter de « fasciste » José Maria Aznar, prédécesseur de Jose Luis Zapatero à la tête de l’exécutif espagnol.

Et malgré les protestations de Zapatero, il s’est permis d’insister lourdement avec la délicatesse qu’on lui connait, allant même jusqu’à cracher une phrase que l’on croyait réservée aux gardiens des « révolutions » de tous poils : «Un fasciste n'est pas humain, un serpent est plus humain qu'un fasciste.».

Je ne suis pas franchement fan d’Aznar mais qu’un chef d’état, à l’occasion d’un sommet officiel, se permette ce genre de propos sur un responsable politique étranger, démocratiquement élu, me semble tout à fait inadmissible.

D’autant plus que comme démocrate on fait (beaucoup) mieux que Chavez.

Je ne reviendrai pas sur la suppression brutale de la chaine de télévision RTCV pour cause de critiques jugées inacceptables mais sur son projet de refonte de la constitution afin de construire le «Venezuela socialiste et bolivarien»…tout un programme !

Voila notamment ce que prévoit ce projet :

L’article 230 met fin à la limitation du nombre de mandats présidentiels avec comme objectif évident, un Chavez président à vie.

L’article 337, spécifie qu’un « état d’urgence » n’aura plus de limitation dans le temps. Ce même article permet, durant l’état d’urgence, de suspendre le «droit à l’information».

Une première version permettait également de suspendre le «droit à un procès équitable ». Devant les protestations de plusieurs personnalités «chavistes», la disposition a finalement été retirée.

Encore plus fort, l’article 112 est particulièrement explicite sur l’idéologie de Chavez : «l’Etat se réserve la promotion du développement d’un modèle économique productif au-dessus de la liberté individuelle»….on se croirait revenu aux plus belles heures de l’Union Soviétique !

Ajoutons cela que malgré une assemblée 100% chaviste (pour cause de boycott des législatives par l’opposition), les quelques uns qui s’élèvent contre de projet sont aussitôt désignés comme des « traitres » par notre apprentis dictateur et nous aurons une image à peu près fidèle du profil politique de Monsieur Chavez !

Alors un peu de pudeur Monsieur Chavez, avant de s’autoproclamer donneur de leçons universelles, il faudrait déjà être irréprochable !

Prix de la Vache d’or

Attribué cette semaine à Martin Hirsch pour ses propos lors de l’émission Dimanche + sur Canal.

« Il faut se demander pourquoi il y a des grèves, pourquoi il y a des efforts, c'est parce que tout le monde a pendant des années glorifié le modèle social français sans se rendre compte qu'il ne répond plus à ce qu'on devait faire »

« On est censé avoir un modèle social formidable et pourtant on a des pauvres, des travailleurs pauvres, des chômeurs, donc, c'est vrai qu'il faut réformer pas mal de chose. Ce qui me paraît important comme méthode, c'est que ceux et celles qui ont une place dans la société savent que, quand on leur demande un petit effort, c'est pour ceux qui n'ont pas de place dans la société », a-t-il ajouté.

Encore une fois, Martin Hirsch n’utilise pas la langue de bois démago de ceux qui considèrent qu’il est normal de demander toujours plus à la Société.
C’est une manière de nous dire que la France n’a plus les moyens de financer le modèle social dont elle est si fière et que la solidarité ne peux plus s’exercer sans un effort de tous et sans des réformes de fond….et la solidarité, pour Martin Hirsch, ce n'est pas simplement une belle idée qui ne concernerait que les autres !

Prix de la vache qui rigole

Le prix est remis à Philippe Combettes Procureur avec la participation, involontaire, de Charles Pasqua.

Charles Pasqua est mis en examen, notamment, pour un éventuel délit de corruption. Il est en effet soupçonné d'avoir touché des fonds en échange de l'autorisation d'exploitation du casino d'Annemasse en 1994 en tant que ministre de l'intérieur.

Pour son avocat, Me Forster, « M. Pasqua n'est pas en mesure de s'expliquer "devant le tribunal correctionnel de Paris car "les auditions et interrogatoires de membres du gouvernement ne sont possibles que devant la commission d'instruction de la Cour de justice de la République ".

Mais le tribunal a rejeté la demande de renvoi de Me Forster et a décidé de la poursuite normale des débats, suivant en cela les réquisitions du procureur Philippe Combettes, qui, plein d’humour, n'a pas vu d'objection au fait que « M. Pasqua ait la possibilité de s'expliquer devant deux tribunaux pour le prix d'un ! »….amusant non !....bon, c’est vrai que j’en connais au moins 2 que ça n’a probablement pas fait rire.