La grève en culottes courtes
Par Nicolas le mardi 27 novembre 2007, 22:36 - Humeur exaspérée - Lien permanent

Je suis passé ce matin devant un Lycée parisien en grève avec son harangueur
de foules, ses panneaux aux slogans percutants du genre « Sarkocratie =
formatage » et ces lycéens pleins d’un enthousiasme juvénile !
Je lis que 8 lycées de Caen et de ses environs ont été bloqués par des
lycéens !
Au risque de passer pour un vieux con, j’ai du mal à comprendre ce que peut
signifier une grève pour des Lycéens !
Après tout ils ne travaillent pas pour un patron, ni même pour l’Etat mais
pour eux même aux frais de la collectivité et de leurs parents !
Doit-on, dans ces conditions, les autoriser à sécher les cours ou à bloquer
les lycées sous prétexte qu’ils sont en désaccord avec une mesure
gouvernementale ?
On ne peut pas dire que cela leur coûte grand-chose, au contraire, beaucoup
y voient souvent là une sorte de grande récréation au milieu d’une année
scolaire pas toujours enthousiasmante !
Et une grève qui ne « coûte rien » ne peut pas être prise au
sérieux.
Lors de la fameuse rébellion contre le CPE il y avait même des collèges en
grève !
A quand les élèves d’écoles primaires en lutte avec les cortèges de gamins,
goûter en poche, brandissant banderoles et hurlant des slogans définitifs que
des « grands » leur auront appris et fait répéter ?
Mais revenons à nos moutons ….à notre mouvement de lycéens.
Outre le fait que la notion de grève n’a pas grand sens dans leurs cas, on
peut quand même se demander, sans être pour autant méprisant à leur égard,
s’ils ne se font pas allègrement manipuler par quelques activistes
politisés.
Lorsque l’on voit les contre-vérités qui sont affirmées avec force par
certains étudiants d’université à propos de la loi LRU, on est en droit de se
demander s’ils ont vraiment lu la loi ou s’ils n’agissent pas à des fins
purement politiques (voir à ce sujet l’article sur Agoravox ).
Cette question on peut à plus forte raison se la poser à propos des lycéens
qui n’ont probablement pas tous les éléments pour juger et se prononcer de
manière aussi catégorique sur le bien fondé ou non de la loi.
De la à en conclure qu’ils ne font que reprendre les arguments/slogans des
étudiants qui sont venus leur distribuer des tracts et leur asséner leurs
pseudo arguments il n’y a pas loin.
Ce qui me semble dommageable c’est qu’ils sont certainement de bonne foi et
persuadés d’être les gentils contre les méchants ou d’avoir choisi le blanc
contre le noir.
A un âge ou généralement on la conscience politique qui s’éveille,
l’important est plutôt d’acquérir les clés et l’ouverture d’esprit qui
permettront de se faire une opinion sur les sujets qui touchent à la vie de la
collectivité et d’en accepter la discussion.
Au lieu de cela, leur première expérience politique consiste à se lancer,
pleins de fausses certitudes, et de slogans péremptoires dans un
« combat » qu’ils ne maîtrisent pas !
Soit disant que ce sont des jeunes et que, qui dit jeune dit révolte, et que
la révolte des jeunes attire plutôt la sympathie, on laisse nos enfants se
faire manipuler par quelques extrémistes.
Par peur de se faire traiter de vieux con ou de réactionnaire, personne
n’ose leur apporter la contradiction ou contester la validité de leur
mouvement. Au contraire, les seuls qui s’expriment le font pour vanter
« l’extraordinaire sens de la solidarité et de la responsabilité de ces
jeunes qui luttent pour un avenir meilleur…. » (Véridique)….il faudrait
quand même arrêter de faire croire à ces jeunes que l’avenir se construit à
coup de contestation systématique et de faux bons sentiments ! !
Pour le plaisir des mots, un tract de lycéens !
Loi « d’autonomie » des universités. L’université est une
marchandise !
Tract de la CNT Lycéens-ennes 93
Bac : 18 ans d’école ! Fac : 10 ans à ruiner tes
parents ! Travail : 40 ans à ruiner ta vie !
Lycéen-ne-s, voilà notre avenir tout tracé...
La loi LRU (Liberté et Responsabilités des Université), dites d’autonomie,
annonce bel et bien la privatisation de l’enseignement supérieur, aucune fac
n’échappera à la sélection. Cette loi donne un pouvoir de décision aux
entreprises et transforme le président d’université en un chef d’entreprise. Le
constat est clair, l’université n’a pas assez de moyen et n’est plus depuis de
nombreuses années, financée par l’Etat à la hauteur de ses besoins. Avec cette
loi, elle devient propriétaire de ses locaux, c’est pour cela que les
universités trouveront d’autres moyens pour se financer, elles feront alors
appel à des entreprises privées qui, elles, chercheront toujours plus de
profit. Ces dernières choisiront donc de financer les filières jugées utiles et
rentables. Nous verrons alors disparaître les filières telles que la
sociologie, la philosophie, les arts ou encore la littérature...Cela accentuera
une double concurrence entre fac friquée et fac de seconde zone et entre
filières rentables et les autres.
De plus, les frais d’inscription augmenteront, ce qui renforcera encore
l’inégalité sociale dans l’accessibilité aux études supérieures.
Notre université risque donc de ne plus être un lieu de formation mais un
centre de tri et de formatage au marché du travail et de consommation du
savoir.
La loi Pécresse (LRU) s’inscrit dans la volonté du gouvernement de casser
les services publics( par exemple la suppression de 25 000 postes dans
l’éducation, la suppression des régimes spéciaux...). N’oublions pas les lois
Hortefeux et CESEDA qui entraîneront la sélection des immigrés à leur entrée
dans le territoire sous un prétexte économique( les personnes issues de milieux
populaires seront exclus.)
Rejoignons les étudiants déjà en lutte depuis plusieurs semaines.
- Abrogation immédiate de la loi LRU
- Pour une université gratuite, libre, critique, laïque et populaire
!