Après tout ils ne travaillent pas pour un patron, ni même pour l’Etat mais pour eux même aux frais de la collectivité et de leurs parents !

Doit-on, dans ces conditions, les autoriser à sécher les cours ou à bloquer les lycées sous prétexte qu’ils sont en désaccord avec une mesure gouvernementale ?

On ne peut pas dire que cela leur coûte grand-chose, au contraire, beaucoup y voient souvent là une sorte de grande récréation au milieu d’une année scolaire pas toujours enthousiasmante !

Et une grève qui ne « coûte rien » ne peut pas être prise au sérieux.

Lors de la fameuse rébellion contre le CPE il y avait même des collèges en grève !

A quand les élèves d’écoles primaires en lutte avec les cortèges de gamins, goûter en poche, brandissant banderoles et hurlant des slogans définitifs que des « grands » leur auront appris et fait répéter ?

Mais revenons à nos moutons ….à notre mouvement de lycéens.

Outre le fait que la notion de grève n’a pas grand sens dans leurs cas, on peut quand même se demander, sans être pour autant méprisant à leur égard, s’ils ne se font pas allègrement manipuler par quelques activistes politisés.

Lorsque l’on voit les contre-vérités qui sont affirmées avec force par certains étudiants d’université à propos de la loi LRU, on est en droit de se demander s’ils ont vraiment lu la loi ou s’ils n’agissent pas à des fins purement politiques (voir à ce sujet l’article sur Agoravox ).

Cette question on peut à plus forte raison se la poser à propos des lycéens qui n’ont probablement pas tous les éléments pour juger et se prononcer de manière aussi catégorique sur le bien fondé ou non de la loi.

De la à en conclure qu’ils ne font que reprendre les arguments/slogans des étudiants qui sont venus leur distribuer des tracts et leur asséner leurs pseudo arguments il n’y a pas loin.

Ce qui me semble dommageable c’est qu’ils sont certainement de bonne foi et persuadés d’être les gentils contre les méchants ou d’avoir choisi le blanc contre le noir.

A un âge ou généralement on la conscience politique qui s’éveille, l’important est plutôt d’acquérir les clés et l’ouverture d’esprit qui permettront de se faire une opinion sur les sujets qui touchent à la vie de la collectivité et d’en accepter la discussion.

Au lieu de cela, leur première expérience politique consiste à se lancer, pleins de fausses certitudes, et de slogans péremptoires dans un « combat » qu’ils ne maîtrisent pas !

Soit disant que ce sont des jeunes et que, qui dit jeune dit révolte, et que la révolte des jeunes attire plutôt la sympathie, on laisse nos enfants se faire manipuler par quelques extrémistes.

Par peur de se faire traiter de vieux con ou de réactionnaire, personne n’ose leur apporter la contradiction ou contester la validité de leur mouvement. Au contraire, les seuls qui s’expriment le font pour vanter « l’extraordinaire sens de la solidarité et de la responsabilité de ces jeunes qui luttent pour un avenir meilleur…. » (Véridique)….il faudrait quand même arrêter de faire croire à ces jeunes que l’avenir se construit à coup de contestation systématique et de faux bons sentiments ! !

Pour le plaisir des mots, un tract de lycéens !

Loi « d’autonomie » des universités. L’université est une marchandise !

Tract de la CNT Lycéens-ennes 93

Bac : 18 ans d’école ! Fac : 10 ans à ruiner tes parents ! Travail : 40 ans à ruiner ta vie !

Lycéen-ne-s, voilà notre avenir tout tracé...

La loi LRU (Liberté et Responsabilités des Université), dites d’autonomie, annonce bel et bien la privatisation de l’enseignement supérieur, aucune fac n’échappera à la sélection. Cette loi donne un pouvoir de décision aux entreprises et transforme le président d’université en un chef d’entreprise. Le constat est clair, l’université n’a pas assez de moyen et n’est plus depuis de nombreuses années, financée par l’Etat à la hauteur de ses besoins. Avec cette loi, elle devient propriétaire de ses locaux, c’est pour cela que les universités trouveront d’autres moyens pour se financer, elles feront alors appel à des entreprises privées qui, elles, chercheront toujours plus de profit. Ces dernières choisiront donc de financer les filières jugées utiles et rentables. Nous verrons alors disparaître les filières telles que la sociologie, la philosophie, les arts ou encore la littérature...Cela accentuera une double concurrence entre fac friquée et fac de seconde zone et entre filières rentables et les autres.

De plus, les frais d’inscription augmenteront, ce qui renforcera encore l’inégalité sociale dans l’accessibilité aux études supérieures.

Notre université risque donc de ne plus être un lieu de formation mais un centre de tri et de formatage au marché du travail et de consommation du savoir.

La loi Pécresse (LRU) s’inscrit dans la volonté du gouvernement de casser les services publics( par exemple la suppression de 25 000 postes dans l’éducation, la suppression des régimes spéciaux...). N’oublions pas les lois Hortefeux et CESEDA qui entraîneront la sélection des immigrés à leur entrée dans le territoire sous un prétexte économique( les personnes issues de milieux populaires seront exclus.)

Rejoignons les étudiants déjà en lutte depuis plusieurs semaines.

  • Abrogation immédiate de la loi LRU
  • Pour une université gratuite, libre, critique, laïque et populaire !