Prix de la bouse de vache

Cette semaine encore, les candidats au prix se pressent au portillon et le niveau est de plus en plus relevé.

Néanmoins, il y a sans conteste un grand gagnant, que l’on peut applaudir bien fort….c’est Nicolas Sarkozy pour avoir « chaleureusement » (sic le communiqué du Kremlin) félicité Poutine pour sa victoire aux élections législatives !

Ce genre de manifestation d’affection n’est pas surprenant entre chefs d’état mais dans le cas des élections russes, elle ne s’imposait pas et en tout cas pas sous cette forme.

Alors que l’opposition russe dénonce moult malversations et fraudes, alors que les opposant à Poutine ont été emprisonnés parce qu’ils manifestaient, alors que les allemands indiquent officiellement que ces législatives n'étaient pas des « élections libres, équitables et démocratiques au regard des normes allemandes » et alors que les observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe ont estimé eux que les élections « n'ont pas été équitables » et qu’elles « n'ont rempli de nombreux critères et obligations de l'OSCE et du Conseil de l'Europe en matière d'élections démocratiques », Nicolas Sarkozy, Président de la république française, va féliciter « chaleureusement » Vladimir Poutine !

Certes, pour être tout à fait honnête, je me dois de préciser que Nicolas Sarkozy n’a pas été le seul à féliciter chaudement Vladimir nouveau tsar de toutes les Russies… les présidents kazakh et iranien, eux aussi, y sont allés de leurs congratulations !

Personnellement, dans ces moments là, je ne me sens pas très fier d’être français !

Autre heureux Lauréat : Jean-Marie Cavada pour avoir lâché François Bayrou en échange d’une place de tête de liste UMP aux municipales et probablement d’un strapontin gouvernemental à venir.
Le prix est doublement mérité puisque Jean-Marie Cavada a trouvé le moyen d’ajouter à ce lâchage par intérêt personnel, des propos lapidaires sur François Bayrou sans lequel il ne serait pourtant politiquement pas grand-chose :

«J’ai voulu accompagner François Bayrou jusqu’aux limites de la loyauté, pour des raisons essentiellement humaine et par fidélité aux militants. Mais aujourd’hui, j’ai épuisé tous les recours de la loyauté.»

Voilà une phrase qui veut faire passer le message suivant : j’ai tout essayé parce que je suis un homme fidèle, bon, généreux, gentil et aimable mais ça n’était plus possible, malgré toutes mes qualités, j’ai craqué, c’était trop dur !!!

C’est sur qu’il vaut mieux présenter les choses comme cela que de dire : la position de François Bayrou est trop inconfortable et présente trop d’incertitudes pour moi et m’empêche d’assouvir mon ambition personnelle alors je le laisse tomber comme une vieille chaussette !

Prix de la Vache d’or

Le Jury a apprécié cette semaine l’initiative de la région Rhône-Alpes qui est rentrée dans ce que son président appelle le «nouvel âge du ferroviaire».

Les trains express régionaux (TER) ont été augmentés, et leurs horaires simplifiés, afin d'encourager l’usager à délaisser sa voiture pour le train.

L'objectif visé, à terme, est la multiplication par 4 des usagers du TER.

Plus de trains, plus de places dans les trains, une optimisation des horaires et une simplification des nouveaux horaires afin de les rendre plus facilement mémorisables : «Chaque heure, chaque convoi partira d’une même gare, quasiment toujours à la même minute, et pour la même destination», résume Gilles Cheval, directeur délégué du développement régional de la SNCF., c’est le fameux « cadencement ».

Le coût pour la région est extrêmement important tant pour financer l’infrastructure que le surcoût à verser à la SNCF (18 millions par an).

Cela fait des décennies que l’on assiste passifs à la désertification ferroviaire de nombreuses régions qui ne sont plus traversées que par des TGV dont le seul objectif est de relier le plus vite possible et sans arrêt Paris à quelques métropoles privilégiées. Tout ceci au détriment de l’aménagement du territoire, de l’écologie et du moral des vaches.

Alors cette initiative forte d’une région qui fait ce que l’Etat et la SNCF n’ont jamais voulu faire, mérite quelques applaudissements et démontre, s’il le fallait encore, les bienfaits de la décentralisation.

Prix de la vache qui rigole

La vache s’est bien amusée à lire Ségolène Royal raconter son rendez-vous manqué avec François Bayrou, un soir, vers 23 heures, un peu avant le second tour des présidentielles.

Rappel de l’épisode :

Ségolène Royal est dans sa voiture, en bas de l’immeuble parisien ou habite François Bayrou et s’apprête à le rencontrer afin de lui proposer d’être son premier ministre en cas de victoire.

Elle l’appelle au téléphone et elle entend, à son grand étonnement, Bayrou lui dire «Non, non, ne montez pas, il y a du monde dans la rue» !

En fait, raconte t’elle «Il n’y a absolument personne dans la rue Cler, VIIe arrondissement, à 23 heures passées». …ce qui est effectivement probable puisque dans ces quartiers à partir de 20heures 30 il n’y a déjà plus un rat.

Et alors là, elle commente l’attitude de François Bayrou de la manière suivante : «Je n’en reviens pas, au dernier moment, François Bayrou refuse de me recevoir. Comme un amoureux qui craint une panne ou comme un adultère risqué ».

Comme un amoureux qui craint la panne !!!...non, non, elle n’a pas fait écrire sa biographie par feu Fréderic Dard ou Jean-Marie Bigard, c’est bien Ségolène Royal ex-candidate à l’élection présidentielle qui écrit (ou dicte) ces mots !! …si elle continue comme ça, je vais finir par la trouver sympathique Ségolène !