« Extraordinaire! Pour pouvoir mieux cumuler, changeons donc de ministère. La Santé et la mairie de Nice, voilà qui est compatible.

La Santé deux tiers de temps, la mairie le reste. Ce n'est pas si important que cela, la Santé, dans un pays développé de soixante millions d'individus. Fastoche comme ministère. Le sang contaminé, la canicule, c'est une fois tous les dix ans, faut ne pas exagérer quand même. En écrivant cela, tiens, je me souviens. L'enquête sur le scandale du sang contaminé avait établie que le secrétaire d'État à la Santé de l'époque, Edmond Hervé, était accaparé par la mairie de Rennes et déléguait beaucoup à son administration pour la gestion du ministère. Des dizaines de milliers de personnes ont été infectées dans des conditions scandaleuses et finalement, la leçon de tout cela, c'est qu'un ministre peut continuer à cumuler des tâches, des fonctions, des honneurs.
Pourquoi donc, mais pourquoi donc, les citoyens français acceptent-ils ce type de comportements ?

Maire de Nice, c'est du 100%. Du 120%. Il y en a du travail. Si Christian Estrosi se dévoue pour Nice, chapeau, on le remplacera au gouvernement. Un peu de morale, que diable! On n'est pas en Libye, quand même. »

Dans un autre genre mais sur le même thème, nous avons le cas de Rachida Dati qui se présente dans le 7ème arrondissement de Paris. Voila ce que l’on pouvait lire sur JDD.fr du 7 novembre :

« Les pressions de l'Elysée et de l'UMP ont eu raison des tergiversations de la ministre de la Justice, comme l'avait annoncé Le JDD en exclusivité le 3 octobre dernier. "J'ai hésité parce que j'étais consciente de la mission et de l'engagement que cette candidature implique, admet-elle dans Le Parisien de mercredi. Ce sera de ma part un engagement entier, en prise directe avec les problèmes des Parisiens".

Il me semble que l’on peut conclure des propos de Madame Dati que si elle est élue (ce qui ne devrait pas poser gros problèmes compte tenu de l’arrondissement dans lequel elle se présente), elle se consacrera à plein temps à cet « engagement entier… » à plus forte raison si elle est désignée Maire de l’arrondissement !

Pourtant j’ai comme un doute !

J’ai le sentiment, mais peut être est-ce du mauvais esprit, que Madame Dati ne refusera pas la responsabilité d’un ministère si celui-ci lui est proposé dans le cadre du prochain remaniement, ce qui est fort probable !

En attendant cette échéance, je me demande comment Madame Dati va bien pouvoir faire pour concilier sa fonction de Ministre de la Justice (travail à plein temps me semble t’il), de mannequin de chez Dior, de people omniprésente dans les médias (VSD, point de vue, Paris match, « Vivement Dimanche »…) et de candidate à la Mairie du 7ème arrondissement de Paris ?

Pourtant, au Ministère de la Justice on ne peut pas dire que le travail manque !

Entre la nécessaire réforme de la Justice qui, espérons le, ne se cantonnera pas à la refonte de la carte judicaire et la situation des prisons françaises qualifiées de « prisons de la honte » par le Commissaire Européen Gil-Robles dans son rapport de 2005, il me semble que Madame Dati a fort à faire !

Tiens ! à propos du rapport de Monsieur Gil-Robes, une anecdote extrêmement révélatrice du problème que pose ce cumul des « … tâches, des fonctions, des honneurs… ».

A la question posée par le journaliste de Libération : Vous avez rencontré les ministres concernés par vos visites ; comment ont-ils reçu vos observations ?

Monsieur Gil-Robes répond : « ….Mardi, le ministre des Affaires étrangères (Douste Blazy ) m'a écouté très attentivement (d'autant plus qu'il n'était pas vraiment concerné)… Le ministre de la Justice a été aussi très attentif (Pascal Clément qui en réponse à ce rapport, se contentera de dire : « le constat de M. Gil-Robles est connu, mais il date déjà »).
Je regrette en revanche que celui de l'Intérieur ait annulé notre rendez-vous, pour cause d'agenda surchargé. Il doit avoir d'autres priorités et c'est dommage, car c'est un homme qui a surement une opinion sur le sujet. C'est le seul ministre de l'Intérieur européen qui n'a pas reçu le commissaire aux droits de l'homme

Mais, j’y pense, c’était qui le Ministre de l’Intérieur en 2005 ?

Qui était donc celui qui n’a pas eu le temps, pour cause d'agenda surchargé, de rencontrer le Commissaire Européen aux droits de l’homme pourtant auteur d’un rapport accablant pour la France qu’il résume par cette phrase terrible : « Sauf en Moldavie, je n'ai vu de prison pire que ça » ?

Mais bon sang, c’était qui ?...voilà que je perds la mémoire…le surmenage sans doute !