Prix de la bouse de vache

Attention, semaine faste pour le prix de la bouse de vache, pas moins 3 personnages politiques de premier plan ont été distingués !

En tout bien tout honneur, commençons par la représentante de la gent féminine.

C’est Madame Alliot-Marie qui s’y colle en tant que Ministre de l’intérieur pour la publication pour le moins partielle des chiffres des voitures brûlées dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.

Ce que le Jury n’a pas du tout apprécié ce n’est pas le nombre de voitures incendiées (878) évidemment trop important mais c’est ce procédé trompeur qui consiste, tous les ans, pour le ministère de l’intérieur à publier des chiffres arrêtés à 6 heures du matin le 1er janvier et à ne pas les réévaluer ensuite.

Lorsque l’on sait que cette année il y en avait 372 de comptabilisées à 6 heures et qu’en définitive le chiffre s’est élevé à plus du double : 878, on se dit qu’il y a quelques tromperie à annoncer des chiffres qui n’ont pas vraiment de signification.

Pourquoi pas arrêter le recensement à minuit et 1 minute pendant qu'on y est !!!

Et tous les ans c’est la même chose !

Il a fallu que Europe 1 fasse sa propre enquête et annonce des chiffres largement supérieurs à ceux du ministère de l’intérieur pour que celui-ci se décide, enfin, à publier le vrai chiffre.

Le comble, c’est que le ministère de l’intérieur trouve encore le moyen de se glorifier du fait que ce chiffre est inférieur de 9,7% à celui de l’année dernière. Or, le chiffre définitif de l’année dernière n’avait pas été publié !

Enfin, il est tout à fait significatif que, en 2007 comme en 2008, la seule préfecture en Ile-de-France qui ait refusé de fournir aux journalistes d’Europe les résultats définitif du décompte des voitures brûlées sur son département, soit celle …des Hauts-de-Seine, ex fief d’un certain Nicolas Sarkozy !

Au delà du débat sur les variations d’une année sur l’autre, ce genre de procédé pose surtout la question de la crédibilité du ministère de l’intérieur !!!

Sachant cela, on est en droit de se poser des questions sur la validité des chiffres, quels qu’ils soient, annoncés par ce ministère.


Le second nominé est Bertrand Delanoë pour sa réponse à une question de Jean-Michel Apathie (RTL) sur le service minimum d’accueil (SMA) dans les écoles primaires et maternelles demandé par Xavier Darcos.

JM Apathie : Un autre débat pointe, Bertrand Delanoë : Xavier Darcos, ministre de l'Education, a souhaité hier que les municipalités assurent l'accueil des enfants dans les écoles, le 24 janvier prochain, jour de grève dans l'Education nationale. Ce serait la mise en place d'un Service minimum dans l'Education nationale. La Ville de Paris va-t-elle participer à la mise en place de ce service minimum ?

B Delanoë : « (…). Là, nous ne pouvons pas demander aux fonctionnaires municipaux de casser la grève de fonctionnaires nationaux. » …

Alors là, j’avoue ne pas bien comprendre la réponse de Monsieur Delanoë !

En quoi le fait de vouloir assurer aux parents que leurs enfants seront gardés, dans le cadre de l’école, en cas de grève des enseignants, est une remise en cause du droit de grève ?

Je crois que Monsieur Delanoë n’a pas conscience des difficultés provoquées par les mouvements de grève des enseignants pour les parents qui travaillent !

D’autant plus, ce que je trouve tout à fait regrettable, que les enseignants n’ont pas à prévenir à l’avance qu’ils vont faire grève ce qui ne permet pas aux parents de prendre leurs dispositions !

Que Monsieur Delanoë évoque des difficultés d’organisation ou se plaigne que les communes soient obligées de palier aux déficiences de l’Etat, pourquoi pas, mais évoquer un argument sans fondement qui pourrait être directement extrait du discours d’un Besancenot ou d’une Laguiller est à la fois surprenant et décevant !

Cette réponse de Bertrand Delanoë me semble plus dictée par des préoccupations de petite politique que par le souci de rendre service à ses administrés !

Enfin, le troisième nominé est un habitué de ce palmarès puisqu’il s’agit de Nicolas Sarkozy.

Ce qui lui vaut de monter sur ce podium c’est son annonce, lors de sa conférence de presse, de supprimer la publicité sur France Télévision !

C’est quand même assez étonnant cette manière de faire !

Le voilà, tout jubilant, qui sort de son chapeau une décision d’importance capitale pour la télévision publique, sans concertation préalable, sans avoir établi de plan de financement précis, sans justifier en quoi le fait de supprimer la publicité aura une influence bénéfique sur la qualité des programmes !

Dans n’importe quelle entreprise, il serait inconcevable qu’un cadre vienne proposer à sa direction une évolution stratégique d’une telle envergure sans justification et sans éléments financiers, sous prétexte qu’il faille faire de la communication !

On a le sentiment que Nicolas Sarkozy s’est demandé, le matin même, comment il allait pouvoir occuper le terrain de la rupture, de préférence par une annonce qui ferait oublier tous les autres sujets et qui de surcroît mettrait encore un peu plus de confusion dans l’esprit de ses opposants !

Et abracadabra turlututu chapeau pointu …il sort de sa besace la suppression de la pub sur France Télévision qui effectivement entre tout fait dans la catégorie rupture, qui effectivement fait beaucoup gloser et qui effectivement va ravir les lecteurs de TELERAMA !

Ce n’est pas très sérieux !

Tout d’abord parce qu’une telle mesure doit être justifiée par autre chose qu’une affirmation péremptoire du type « la publicité impose la course à l’audience qui impose des programmes médiocres » !

Sans publicité France Télévision va-t-elle être exemptée de faire de l’audience ?

Ensuite parce que c’est avant que l’on doit se poser la question du financement de substitution à la pub et non pas après !

1 milliard d’euros ça ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval et par les temps qui courent alors que les caisses sont vides (sic Nicolas Sarkozy) et que les prélèvements obligatoires sont trop importants (sic Nicolas Sarkozy) je ne suis pas certain qu’il soit heureux de priver la télévision publique d’une telle manne financière !

Un autre point essentiel aurait du être étudié avant de prendre une telle décision c’est celui du cahier des charges des différentes composantes de France Télévision. En quoi la télévision sans pub devra être différente de la télévision avec pub !

Quelles seront les exigences nouvelles !

Il me semble que dans tous projets, il faut se fixer des objectifs et ensuite se demander par quels moyens on peut les atteindre. En l’occurrence, dans cette affaire, donner comme objectif d’obtenir une télé de qualité ne veut rien dire ! quand aux moyens, ils ne sont même pas déterminés !

Enfin, ce mode de fonctionnement pose la question extrêmement délicate de l’indépendance.

Il me semble que répartir le financement entre le public (redevance) et le privé (pub) est plus une garantie d’indépendance que de se lier intégralement à l’une ou l’autre source de financement !

En bref, on a mis la charrue avant les bœufs !

Cette décision a clairement prise à la va-vite et ce n’est pas rassurant de la part de quelqu’un qui a le pouvoir et les responsabilités d’un Président de la République !

Prix de la Vache d’or

Cette semaine, le prix de la vache d’or est remis à ….un fond souverain !

Je rappelle que les « fonds souverains » sont des fonds d’investissement détenus ou contrôlés par des Etats.

J’imagine qu’en lisant ces lignes, certains ou certaines vont penser que le Jury se fourvoie, qu’il perd la tête ou qu’il file un mauvais coton.

Il faut dire que les fonds dit « souverains » comme d’ailleurs tous les gros fonds d’investissement n’ont pas une excellente réputation. Ils sont perçus comme de redoutables prédateurs sans foi ni loi que celle du profit ou pire encore comme le bras financièrement armé d’états aux motivations douteuses !

Pourtant, le prix de la Vache d’or est remis à l’un d’entre eux : Le Fonds de pension gouvernemental norvégien.

Celui-ci a en effet annoncé avoir exclu de son portefeuille, sur recommandation de son Conseil éthique, les actions des sociétés coréenne Hanwha Corporation, britannique Serco Group et américaine GenCorp.

La première parce qu'elle fabrique des bombes à sous-munitions (à ce propos je recommande le soutien à la campagne d’Handicap International contre les BASM) et les deux autres parce qu'elles participent à la maintenance ou à la fabrication d'armes nucléaires (sic Newsmanagers.com).

Certes les 2 sont indispensables mais entre une pétition et une exclusion du portefeuille d’un important investisseur, les criminels qui fabriquent des bombes à sous-munitions n’hésiteront pas à choisir la pétition.

Prix de la Vache qui rigole

Cette semaine, la vache rigole encore au dépend de Christine Lagarde notre Ministre de l’Economie et des Finances.

En 2007, Madame Lagarde nous avait bien fait rire en s’accrochant contre toute évidence à des prévisions de croissance systématiquement supérieures aux estimations des experts du monde entier pour, en définitive, aboutir à taux de croissance réel 2007 équivalent aux prévisions …des experts du monde entier !

Malgré tout, il semble que les leçons de 2007 n’aient pas vraiment été tirées puisque le gouvernement nous a refait exactement le même scénario pour 2008.

Comme pour 2007 le gouvernement comptait jusqu'à présent sur une hausse du PIB comprise dans une fourchette de 2 à 2,5%, avec un "point médian" à 2,25%, qui a servi, malheureusement de référence pour l'élaboration du budget pour 2008.

Pourtant l’OCDE ou le FMI étaient moins optimistes puisqu’ils prévoyaient respectivement 1,9 ou 2%.

Et voilà qu’on apprend Vendredi que sans pour autant réviser les prévisions de croissance à la baisse, Madame Lagarde table maintenant sur un taux plus proche du bas de fourchette !

Cette attitude devient ridicule et après les doutes que l’on peut avoir sur les chiffres annoncés par le ministère de l’Intérieur (voir plus haut) c’est maintenant ceux du ministère de l’Economie et des Finances que personne ne voudra croire !