Prix de la bouse de vache

Comme beaucoup, fort heureusement, le jury a été choqué par la manière dont a été traité un professeur qui a giflé un élève qui le traitait de « connard ».

Au lieu d’aller s’excuser auprès du professeur pour la conduite inadmissible de son fils, le père gendarme de son état, a porté plainte et placé le prof en garde à vue pendant 24 heures comme un vulgaire délinquant.

Tout ce qu’a trouvé à faire le rectorat devant cette situation honteuse c’est suspendre le professeur sous prétexte que : "On ne peut pas accepter qu'un professeur gifle un enfant quelles que soient les circonstances".

Celui-ci comparaîtra le 27 mars prochain pour "violence aggravée sur mineur".

Le Jury attribue une bouse bien méritée à l’élève, à son gendarme de père et au rectorat.

Une bouse est également accordée à tous ceux, et en premier lieu à Nicolas Sarkozy, qui nous racontent que la suppression de la pub comme source de financement de la télévision publique n’a comme unique objectif que d’augmenter la qualité de ses programmes en l’affranchissant de la course à l’audience imposée par les annonceurs.

A ce sujet l’entretien donné à l'Express (du 24 janvier) par José Freches considéré comme un des instigateurs de cette réforme est très éclairant :
En voici 2 extraits :

"...dans les futurs cahiers des charges des chaînes, actuellement en préparation, figureront vraisemblablement des objectifs d'audience, imposés aux patrons de ces entreprises."

Voilà qui a le mérite d'être clair !

Contrairement à ce que l'on essaye de nous faire croire pour la faire passer, la motivation de cette réforme n'est pas de libérer la télévision publique de la pression d'une course à l'audience puisqu'on substituera la pression des annonceurs à celle d'un cahier des charges, mais de réserver au privé la manne publicitaire !

"... il faut que France 2 innove. Qu'elle contribue à l'émergence d'une nouvelle génération d'animateurs et de producteurs. Qu'elle fasse la part belle à l'innovation, à la création, à l'investigation journalistique et aux nouveaux formats d'émission. Pour ma part, j'ai toujours regretté que France 2 se soit refusée à faire de la télé-réalité et tourne le dos à des programmes comme la Star Academy, qui n'ont rien d'infamant."

Manifestement la motivation n'est pas non plus d'obliger la télévision publique à faire une télévision de qualité qui se démarque de ce que font les chaînes privées puisque le premier regret de José Freches c'est qu'il n'y ait pas sur France 2 la même télé-réalité (programme de qualité s’il en est) que sur les chaînes privées !

Prix de la vache d'or

Remis cette semaine à Jean-Claude Juncker président de l'Eurogroupe,

Interrogé sur Europe 1 jeudi 31, celui-ci a invité la France à ne pas rejeter une éventuelle offre de rachat de la banque provenant d'un groupe étranger, en raison de sa nationalité.

«Je comprendrais tout à fait qu'on élimine du jeu tous ceux qui nourrissent à l'égard de la France et de la Société générale des sentiments hostiles. Mais si quelqu'un vient d'amical, ayant un beau projet économique à proposer, pourquoi le refuser? Seulement parce qu'il n'est pas français? Ce n'est plus de notre temps.»

« Ce n’est plus de notre temps » …Il a raison Monsieur Juncker, à qui ça rime de prétendre vouloir faire l’Europe, de crier cocorico lorsque nos belles Sociétés nationales achètent des entreprises étrangères (ce dont elles ne se privent pas) et de vouloir empêcher un éventuel rachat de la Société Générale par une Banque étrangère ?

De plus, sommes nous certains qu’un rachat par la BNP-Paribas au risque de diminuer encore la concurrence sur le marché français, soit préférable à un rachat par un établissement financier Allemand ou Italien dont les activités seraient moins redondantes ?

Et de toute façon ce n’est pas parce que c’est une banque française que la Société Générale va considérer une éventuelle OPA comme amicale. N’oublions pas qu’en 1999 les la BNP et la Générale s’étaient férocement combattues pour ne pas être racheté par l’autre !

Nos dirigeants feraient mieux s’occuper des affaires de la collectivité et laisser la Société Générale faire ses propres choix plutôt que de tenir des propos nationalistes d’un autre temps !


La semaine est décidemment faste puisque le prix est également remis à ...Ségolène Royal pour la déclaration suivante :

"Ceux qui sont contre l'Europe devront créer un autre parti"

Voilà ce que Ségolène Royal aurait confié en marge d'un déplacement à Florence ou elle participait à un meeting du Parti démocrate de Walter Veltroni.

Même si ils n'ont pas été prononcés à l'occasion d'une manifestation importante, officielle et en France, entendre enfin un leader du Parti Socialiste exprimer clairement qu'il est largement temps que le PS définisse une ligne claire, cohérente et moderne qui ne soit pas perpétuellement contestée par des courants de pensée contradictoires est une bonne nouvelle.

Maintenant il reste à espérer que cela ne s'arrêtera pas là et que le PS osera se débarrasser d’un certain nombre de ses éléments qui seraient certainement plus à l’aise au Parti Communiste ou chez les trotskistes de Besancenot.

Prix de la vache qui rigole

La vache s’amuse de l’agitation frénétique des politiques autour de la Société générale.

C’est Sarkozy qui veut démissionner Bouton alors que cette décision est du ressort exclusif des administrateurs de la Banque eux même désignés par les actionnaires, c’est Ségolène Royal qui veut « rende l'argent de la Société générale aux petits et aux moyens épargnants qui paient pour les gros … » ce qui ne veut évidemment rien dire, c’est encore François Fillon qui y va de sa rodomontade en affirmant que « Le gouvernement entend que la Société générale reste une grande banque française » …alors qu’on ne voit pas très bien ce que le gouvernement pourrait faire devant une tentative d’OPA sur une banque privée et de la part d’une banque privée européenne de surcroit !

On a l’impression que la véhémence de ces réactions est à la hauteur de leur étonnement devant leur impuissance face à des considérations qui relèvent du secteur privé !

C’est extraordinaire ! d’ici que Sarkozy ou Fillon demande la nationalisation des grandes banques françaises pour avoir la main dessus il n'y a pas loin !

Cela dit, au Crédit Lyonnais, la prestation de l’Etat actionnaire n'a pas été des plus brillantes et au moins avec une entreprise privée ce n’est pas le contribuable qui doit éponger !