A chacun son mandat et les vaches seront bien gardées !
Par Nicolas le jeudi 7 février 2008, 20:29 - Humeur consternée - Lien permanent

C’est le moment d’y aller les gars !...et les filles aussi bien entendu, il
n’y a pas de raison !
C’est le moment de réclamer, Sarkozy ne peut rien nous refuser !
Après les pécheurs auxquels on promet de profiter du passage de la France à
la tête de l’Union Européenne pour remettre en cause les quotas de
pêche,
après les taxis auxquels on promet, d'avance, de ne surtout pas appliquer ce
qui n’était qu’une préconisation du rapport Attali,
après les personnes âgées auxquelles on promet une avance de 200 euros sur
une future et substantielle augmentation du minimum vieillesse,
Après les ouvriers de l’usine d’Arcelor Mittal de Gandrange auxquels on
promet une aide de l’Etat pour maintenir le site ….à qui le tour maintenant
?
Sans prétendre juger du bien fondé ou non de ces promesses, il parait clair
qu’elles sont faites d’une manière pour le moins précipitée. Or la
précipitation n’est pas franchement une qualité pour un exécutif puisqu’elle
nuit forcément à la qualité du traitement en profondeur de la
question.
Promettre aux pécheurs de remettre en cause des quotas de pêche pourtant
proposés par la Commission Européenne sur la base d’avis d’experts et qui ont
fait l’objet de compromis longuement discutés et qui ont été acceptés à
l’unanimité par les ministres européens, n’est pas très sérieux !
Promettre aux Taxis que leur numerus clausus ne sera jamais remis en cause
avant d’avoir étudié sérieusement les avantages et inconvénients de la chose et
la manière dont cela aurait pu être fait et notamment les contreparties qui
auraient pu leur être octroyées (rachat de leur licence), n’est pas très
sérieux !
Annoncer une augmentation de 25% du minimum vieillesse d’ici 2012 sans
avoir, au préalable, déterminé la manière dont cette augmentation allait être
financée surtout quand on se rappelle que cette promesse qui figurait dans le
programme de Nicolas Sarkozy devait être financée par les gains induits par la
suppression des régimes spéciaux, n’est pas très sérieux !
Promettre une aide de l’Etat pour que le site d’Arcelor-Mittal à Gandrange
ne ferme pas, n’est, à l’évidence, pas très sérieux !
Ou est la stratégie dans tout cela ? ou est le fil conducteur de
l’action publique qui permettrait de comprendre la cohérence d’ensemble des
décisions prises et leurs conséquences sur l’avenir ?
Comment Nicolas Sarkozy, qui s’est pourtant fait élire sur la base d’un
discours ferme, volontariste et réformiste en est-il arrivé à promettre tout et
n’importe quoi à tout va ?
Il apparait de manière évidente que la seule justification à toutes ces
promesses faites maintenant et dans ces conditions, est la proximité des
élections….municipales !
Au risque de me répéter par rapport aux propos tenus dans un précédent
billet (ici),
le premier facteur qui explique ce genre de situation me parait être
l’incompatibilité entre l’impatience des citoyens demandeurs de résultats
tangibles immédiats et le rythme nécessairement lent des réformes économiques.
A cet élément s’ajoute cette tare du système politique français qu’est le cumul
des mandats de nos élus, associé au rythme trépidant du calendrier
électoral.
Du fait, notamment, du cumul des mandats, toutes les élections sont
maintenant politisées et s’apparentent à un référendum qui aurait comme thème
« êtes vous satisfaits de l’action du Président de la République et de la
majorité au pouvoir » avec comme question auxiliaire « approuvez-vous
la manière dont le Président de la République conduit sa vie privée »
!
Comment ne pas répondre à une élection locale comme si s’était une élection
nationale à partir du moment où ce sont les même candidats !
A contrario, comment les candidats en question sachant qu’ils seront jugés
sur leur action au niveau nationale, ne seraient pas tenté de faire de la
démagogie et de prendre, avant les élections, des mesures du type de celles
sus-citées !
En cela, ils engagent la collectivité nationale pour répondre à des
préoccupations électorales locales.
C’est un cercle vicieux !
Dans un certain nombre de villes, le choix d’un député/maire ne se fera pas
sur sa compétence supposée à gérer une commune mais sur son appartenance à la
majorité ou non !
Et des élections, ce n’est pas cela qui manque !
Après les législatives en 2007, qui fort heureusement sont maintenant
accolées aux présidentielles, en voila une ribambelle qui s'annonce à l'horizon
:
- Municipales 2008
- Européennes 2009
- Régionales 2010
- Cantonales 2011
- Présidentielles 2012
Il est à craindre qu’avant chaque échéance, les décisions politiques soient
toutes ou partie guidées par des préoccupations électorales au détriment de
politiques répondant à des priorités plus importantes mais à l’effet moins
immédiat !
Et malheureusement entre ces échéances, il ne reste pas beaucoup de temps
!
Néanmoins, comme dirait l’autre, essayons de « laisser du temps au
temps », de ne pas mélanger les sujets et de ne pas voter pour un candidat à la
mairie sur d’autres critères que sur sa compétence supposée et son projet pour
la ville.
Et puis surtout, commençons par exclure d’entrée les candidats cumulards qui
de toute façon ne pourront pas faire correctement leur travail d’élu local si
ils ont des responsabilités nationales….à chacun son mandat et les vaches
seront bien gardées !
Commentaires
...y a pas qu'un âne qui s'appelle Martin... mais quand même ...
une autre maniere de voir les choses!!