Sans prétendre juger du bien fondé ou non de ces promesses, il parait clair qu’elles sont faites d’une manière pour le moins précipitée. Or la précipitation n’est pas franchement une qualité pour un exécutif puisqu’elle nuit forcément à la qualité du traitement en profondeur de la question.

Promettre aux pécheurs de remettre en cause des quotas de pêche pourtant proposés par la Commission Européenne sur la base d’avis d’experts et qui ont fait l’objet de compromis longuement discutés et qui ont été acceptés à l’unanimité par les ministres européens, n’est pas très sérieux !

Promettre aux Taxis que leur numerus clausus ne sera jamais remis en cause avant d’avoir étudié sérieusement les avantages et inconvénients de la chose et la manière dont cela aurait pu être fait et notamment les contreparties qui auraient pu leur être octroyées (rachat de leur licence), n’est pas très sérieux !

Annoncer une augmentation de 25% du minimum vieillesse d’ici 2012 sans avoir, au préalable, déterminé la manière dont cette augmentation allait être financée surtout quand on se rappelle que cette promesse qui figurait dans le programme de Nicolas Sarkozy devait être financée par les gains induits par la suppression des régimes spéciaux, n’est pas très sérieux !

Promettre une aide de l’Etat pour que le site d’Arcelor-Mittal à Gandrange ne ferme pas, n’est, à l’évidence, pas très sérieux !

Ou est la stratégie dans tout cela ? ou est le fil conducteur de l’action publique qui permettrait de comprendre la cohérence d’ensemble des décisions prises et leurs conséquences sur l’avenir ?

Comment Nicolas Sarkozy, qui s’est pourtant fait élire sur la base d’un discours ferme, volontariste et réformiste en est-il arrivé à promettre tout et n’importe quoi à tout va ?

Il apparait de manière évidente que la seule justification à toutes ces promesses faites maintenant et dans ces conditions, est la proximité des élections….municipales !

Au risque de me répéter par rapport aux propos tenus dans un précédent billet (ici), le premier facteur qui explique ce genre de situation me parait être l’incompatibilité entre l’impatience des citoyens demandeurs de résultats tangibles immédiats et le rythme nécessairement lent des réformes économiques. A cet élément s’ajoute cette tare du système politique français qu’est le cumul des mandats de nos élus, associé au rythme trépidant du calendrier électoral.

Du fait, notamment, du cumul des mandats, toutes les élections sont maintenant politisées et s’apparentent à un référendum qui aurait comme thème « êtes vous satisfaits de l’action du Président de la République et de la majorité au pouvoir » avec comme question auxiliaire « approuvez-vous la manière dont le Président de la République conduit sa vie privée » !

Comment ne pas répondre à une élection locale comme si s’était une élection nationale à partir du moment où ce sont les même candidats !

A contrario, comment les candidats en question sachant qu’ils seront jugés sur leur action au niveau nationale, ne seraient pas tenté de faire de la démagogie et de prendre, avant les élections, des mesures du type de celles sus-citées !

En cela, ils engagent la collectivité nationale pour répondre à des préoccupations électorales locales.

C’est un cercle vicieux !

Dans un certain nombre de villes, le choix d’un député/maire ne se fera pas sur sa compétence supposée à gérer une commune mais sur son appartenance à la majorité ou non !

Et des élections, ce n’est pas cela qui manque !

Après les législatives en 2007, qui fort heureusement sont maintenant accolées aux présidentielles, en voila une ribambelle qui s'annonce à l'horizon :

  • Municipales 2008
  • Européennes 2009
  • Régionales 2010
  • Cantonales 2011
  • Présidentielles 2012

Il est à craindre qu’avant chaque échéance, les décisions politiques soient toutes ou partie guidées par des préoccupations électorales au détriment de politiques répondant à des priorités plus importantes mais à l’effet moins immédiat !

Et malheureusement entre ces échéances, il ne reste pas beaucoup de temps !

Néanmoins, comme dirait l’autre, essayons de « laisser du temps au temps », de ne pas mélanger les sujets et de ne pas voter pour un candidat à la mairie sur d’autres critères que sur sa compétence supposée et son projet pour la ville.

Et puis surtout, commençons par exclure d’entrée les candidats cumulards qui de toute façon ne pourront pas faire correctement leur travail d’élu local si ils ont des responsabilités nationales….à chacun son mandat et les vaches seront bien gardées !