Palmarès des joyeux bovins : Semaine 07- 2008
Par Nicolas le lundi 18 février 2008, 20:46 - Palmarès des joyeux bovins - Lien permanent

Attention, évènement !
Ce Palmarès est le 100ème article publié sur ce blog !!!
Alors, même si la quantité ne fait pas la qualité, ne serait-ce que pour la
constance que ça lui a demandé, l'auteur va s'autoriser à s'auto-congratuler
joyeusement : bravo mon gars continue comme ça plus que 900 pour arriver à
1 000 !
Mais revenons aux choses sérieuses !
Le Palmarès des joyeux bovins c'est 3 prix :
Le prix de la bouse de vache, récompense celui, celle ou ceux qui se sont
distingués par des actes ou des propos que le Jury aura considéré comme
particulièrement bêtes et/ou méchants !
Le prix de la vache d’or, récompense celui, celle ou ceux qui se sont
distingués par des actes ou des propos que le Jury aura particulièrement
apprécié !
Le prix de la vache qui rigole, récompense celui, celle ou ceux qui se sont
distingués par des actes ou des propos que le Jury aura soit considéré comme
particulièrement drôle soit comme particulièrement risibles (c'est pas la même
chose) !
Bien entendu, le jury, c’est moi !
Alors pour cette semaine les heureux gagnants sont :
Prix de la bouse de vache
Une petite bouse est attribuée à Jack Lang pour flagornerie
éhontée.
Sur France2, Jack Lang a tressé des louanges à l'épouse du chef de l'Etat
Carla Bruni disant son admiration pour une femme "fidèle à elle-même" et qui
"reste authentique".
"Son entretien ( à l'Express) est marqué par une vraie élégance morale et
intellectuelle et c'est plutôt réjouissant en cette période où les attaques un
peu basses fusent de tous les côtés", a-t-il ajouté.
Alors entendons-nous bien, le Jury ne reprochera jamais à Jack Lang
d’estimer à leurs justes valeurs les qualités réelles ou supposées de Carla
Bruni. Il ne lui demande pas non plus de l'agresser, par principe, parce
qu'elle s'appelle Bruni-Sarkozy. Néanmoins, le Jury considère qu’aller
proclamer, à la télévision, son admiration pour l’épouse du chef de l’état
alors qu’on est censé être un des chefs de file de l’opposition est peut être
légèrement excessif.
Le Jury ne peut s’empêcher de soupçonner, que les propos de Monsieur Lang
relèvent plus de la flatterie intéressée que du compliment sincère !
D’où la bouse !
A coté de cette petite bouse, le Jury en attribue une belle grosse à
Monsieur Ceccaldi pour l’ensemble de son œuvre récemment découverte (par le
Jury).
A l’occasion d’un entretien de Charles Ceccaldi dans Le Parisien (du
15/02/08), le Jury a appris la rivalité qui oppose le père Ceccaldi (Charles) à
la fille Ceccaldi (Joëlle).
Et parler de rivalité n’est pas excessif puisque Charles Ceccaldi (82 ans)
se présente contre sa propre fille aux Municipales de Puteaux et qu’il se dit
prêt à toutes les alliances pour déloger de la Mairie l’essentiel étant
« … de se libérer de madame Ceccaldi-Raynaud. Cette gestion est la plus
mauvaise depuis qu'il existe des maires, de droite comme de gauche, à Puteaux.
»
Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’affaire depuis le début, en voilà un
résumé :
Charles Ceccaldi a régné sur Puteaux de 1969 à 2004.
En 2004, il doit être hospitalisé et laisse sa place à sa fille (déjà 1ère
adjointe) afin qu’elle la garde bien au chaud en attendant son
retour.
Mais le problème c’est qu’une fois rétabli (tant qu’on peut l’être à son
âge) et alors qu’il veut récupérer son trône, sa fille qui a pris goût à la
chose refuse de s’en séparer.
Eh oui ! « on n’est jamais trahi que par les siens » comme
dirait le proverbe !
Alors là s’ensuit un déchaînement de violence verbale de la part du vieux
potentat déchu !
Par exemple lors d’un entretien avec L’Express en octobre 2005 :
« Vous savez, j'ai longuement préparé les adjoints à la transmission du
pouvoir à ma fille, parce que c'était un évènement contre nature: elle n'a ni
les qualités morales, ni les qualités physiques et intellectuelles pour le
poste. Je le savais avant même de le lui confier. On a eu beaucoup de misères
avec ma femme en l'élevant, elle n'a pas pu faire beaucoup d'études… Mais je ne
pensais pas qu'elle refuserait de reprendre sa place à mon retour. »
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'y va pas avec le dos de cuillère
papa Ceccaldi. Il lui en a mis plein la musette à sa fille !
Avec un sommet atteint par cet extraordinaire "On a eu beaucoup de misères
avec ma femme en l'élevant..." !
Soit, le procédé est peu délicat mais si c'est son opinion ! Mais
alors, on serait assez tenté de lui demander comment, avec une conscience aussi
aigue des insuffisances de sa fille, il a pu la nommer 1ère adjointe au conseil
municipal et lui confier même provisoirement la mairie ! N'y a t'il pas là
une légère contradiction ?
A moins que Charles Ceccaldi ne s'imagine revenu plusieurs siècles en
arrière, bien avant l'avènement de la démocratie. A une époque où la naissance
était beaucoup plus importante que le mérite pour accéder au pouvoir
politique !
« Ma fille est une grosse nulle mais c’est ma fille alors il a bien fallu
non seulement que je lui donne une place au conseil mais en plus qu'elle me
remplace, le trône de Puteaux doit rester dans la famille !»
Mais faut-il s’en étonner quand on connait le personnage !
Pendant plus de 35 ans il a tenu la riche ville de Puteaux (la plus riche
des Hauts-de-Seine) à coup de faveurs, de passe-droit, de cadeaux voire de
pressions, d’intimidations ou même de menaces.
Après 45 ans à la tête de l'office HLM de la ville, nombreux sont les
obligés du maire ….ou de sa fille !
Et le plus ahurissant c’est que ces pratiques sont connues de tout le monde
et même tout à fait revendiquées par Charles Ceccaldi (dans ce même entretien à
l’Express) :
Attention accrochez vous et je vous assure c'est véridique !
L’Express : Le clientélisme vous a bien aidé, quand
même…
Charles Ceccaldi : « Tout à fait ! (et
j'en suis fier)
De ce côté-là, ma politique a été exemplaire ! (on croit
rêver)
C'est mal connoté ? (bien sur que non pourquoi ?)
A tort. (ben tiens !)%
Il faut une politique pour chaque classe. Et je pense n'avoir oublié aucun
niveau social. J'en ai vu, des gens qui avaient des opinions et qui en
changeaient en obtenant une place en HLM. Mais je ne demandais pas qu'on
vote pour moi, je demandais qu'on reconnaisse mon travail. Vous savez,
ceux qui n'étaient pas d'accord, on ne pouvait pas leur supprimer leur
appartement. Mais ils obtenaient moins facilement une place dans nos villages
de vacances en Bretagne ou en Corse… » (dire qu'il y en a qui
même sous la torture n'auraient pas osé avouer cela)
'' L’Express : Etes-vous d'accord pour parler d'un
«système Ceccaldi-Raynaud»?''
Charles Ceccaldi : « Si l'on considère qu'il y a
nécessairement des systèmes partout, à un niveau plus ou moins élevé, oui.
S'attirer une clientèle, en dehors des opinions, c'est naturel. Une politique
clientéliste, pour un maire, c'est inévitable: il faut s'imposer de recevoir
des gens à longueur de journée. Mon système a peut-être été mieux organisé
qu'ailleurs; ça existait avant moi, mais avec moins d'habileté, de puissance et
d'ampleur. Celui qui viendra après, on verra… »
Et pour ceux qui se diraient « non ce n’est pas possible, pas en
France, en Russie ou en Chine mais pas en France ! »…eh bien si !...mais
attention, pas n’importe où en France ! Dans les Hauts-de-Seine !
…c’est d’autant plus surprenant que ce département est particulièrement riche
en hommes politiques de haute moralité comme messieurs… Balkany ou
Pasqua !
Prix de la vache d’or
Tout à fait exceptionnellement, le prix est remis cette semaine à un
journaliste du ………Figaro pour une question posée à Vladimir Poutine lors d’une
récente conférence de presse.
Au bout de 4 heures d’une succession de questions toutes plus complaisantes
les une que les autres à l’exception d’une seule, se rapportant à la fortune
secrète de 40 milliards de dollars attribuée à Poutine par certains de ses
opposants et que Vladimir Poutine traite de « racontars» des médias
occidentaux qui «…ont sorti tout cela de leur nez et l'ont étalé sur ces
torchons», le journaliste du Figaro interpelle Poutine de la manière
suivante :
Je cite : «Aux législatives de décembre 2007, votre liste, Russie unie,
a obtenu plus de 99 % des voix en Tchétchénie. La participation a dépassé 99 %.
Les résultats sont du même ordre en Ingouchie. Pensez-vous ces résultats
conformes à la réalité ?». Précisons qu’en Ingouchie justement, 90 000
personnes (la moitié du corps électoral !) ont signé en janvier une pétition
pour dire qu'elles s'étaient abstenues.
Face à cette question, Vladimir Poutine ne répond pas et donne la parole à
un confrère de Tchétchénie. Celui-ci explique tous les bienfaits réalisés par
Russie unie dans la république du Caucase.
Poutine enchaîne : «Ces chiffres sont objectifs (…). La guerre civile a
duré presque dix ans et les gens commencent à voir le bout du
tunnel.»
Un peu plus tard, un journaliste d'Ingouchie s'excuse même auprès du
président pour «la question incorrecte» du journaliste français. Et le toujours
très délicat et démocrate Poutine de suggérer «Vous n'avez qu'à le
corriger».
A la fin de la conférence de presse, un confrère de Sibérie vient remercier
Le Figaro : «Aucun journaliste russe n'aurait osé poser votre
question.»
Il ne reste plus qu’à espérer que les représentants du Figaro feront preuve
de la même saine impertinence lors des conférences de presse de nos propres
dirigeants politiques.
Prix de la vache qui rigole
Christine Lagarde a affirmé dimanche que la croissance française devrait
avoir "tangenté les 2%" en 2007 et que la France devrait, en 2008, mieux
résister que ses partenaires européens au ralentissement de l'économie
américaine.
Ce n’est pas possible d’insister aussi lourdement !
Christine Lagarde persiste et signe malgré déjà 2 distinctions dans la
catégorie « vache qui rigole » !
Il faut arrêter maintenant de raconter toujours les mêmes sornettes !
Non, la France n’a pas un taux de croissance plus costaud, plus résistant, plus
rapide ou plus agile que les autres !
En 2007, selon la première estimation publiée par l'Insee, le produit
intérieur brut de la France a progressé de 1,9% alors que la progression de la
zone Euro est estimée à 2,7% et celle des Etats-Unis à 2,2% !
Evidemment comme notre taux de croissance est l’un des plus bas d’Europe
sinon du monde, si il tombe, il tombera de moins haut, c’est déjà ça
!
Mais il n’y a, à ce jour, aucune raison de croire qu’en 2008 nous ferons
mieux que les autres !
"Je persiste à penser que nous allons tangenter les 2%", a dit Mme Lagarde
sur France 3.
Tangenter….tangenter ? hum…quid de tangenter ?....alors si je consulte
mon meilleur dictionnaire, je trouve…………………tangente puis je passe à
……tangentiel mais pas de « tangenter » !
Bref, le verbe tangenter n’existe pas !
Probablement que Christine Lagarde a voulu dire « prendre la
tangente » ! "Je persiste à penser que nous allons prendre la tangente des
2%"…oui, ça doit être ça !
Prendre la tangente : « s’esquiver, se tirer d’affaire
adroitement » …effectivement ça correspond, même si l’adverbe adroitement
n’est pas très approprié.
Manifestement Christine Lagarde ne sait plus comment dire « on s’est
encore planté lamentablement dans nos prévisions » alors elle préfère
utiliser un terme abscons qui pourrait laisser croire aux esprits naïfs que
tout ça c'est la faute de cette saloperie de croissance française qui a
perfidement tangenté les 2 % au lieu de les pulvériser comme c'était
prévu ! »...je crois surtout qu’avec ses prévisions irréalistes Christine
Lagarde a tangenté le ridicule !
