Prix de la bouse de vache

Une petite bouse est attribuée à Jack Lang pour flagornerie éhontée.

Sur France2, Jack Lang a tressé des louanges à l'épouse du chef de l'Etat Carla Bruni disant son admiration pour une femme "fidèle à elle-même" et qui "reste authentique".

"Son entretien ( à l'Express) est marqué par une vraie élégance morale et intellectuelle et c'est plutôt réjouissant en cette période où les attaques un peu basses fusent de tous les côtés", a-t-il ajouté.

Alors entendons-nous bien, le Jury ne reprochera jamais à Jack Lang d’estimer à leurs justes valeurs les qualités réelles ou supposées de Carla Bruni. Il ne lui demande pas non plus de l'agresser, par principe, parce qu'elle s'appelle Bruni-Sarkozy. Néanmoins, le Jury considère qu’aller proclamer, à la télévision, son admiration pour l’épouse du chef de l’état alors qu’on est censé être un des chefs de file de l’opposition est peut être légèrement excessif.
Le Jury ne peut s’empêcher de soupçonner, que les propos de Monsieur Lang relèvent plus de la flatterie intéressée que du compliment sincère !

D’où la bouse !

A coté de cette petite bouse, le Jury en attribue une belle grosse à Monsieur Ceccaldi pour l’ensemble de son œuvre récemment découverte (par le Jury).

A l’occasion d’un entretien de Charles Ceccaldi dans Le Parisien (du 15/02/08), le Jury a appris la rivalité qui oppose le père Ceccaldi (Charles) à la fille Ceccaldi (Joëlle).

Et parler de rivalité n’est pas excessif puisque Charles Ceccaldi (82 ans) se présente contre sa propre fille aux Municipales de Puteaux et qu’il se dit prêt à toutes les alliances pour déloger de la Mairie l’essentiel étant « … de se libérer de madame Ceccaldi-Raynaud. Cette gestion est la plus mauvaise depuis qu'il existe des maires, de droite comme de gauche, à Puteaux. »

Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’affaire depuis le début, en voilà un résumé :

Charles Ceccaldi a régné sur Puteaux de 1969 à 2004.

En 2004, il doit être hospitalisé et laisse sa place à sa fille (déjà 1ère adjointe) afin qu’elle la garde bien au chaud en attendant son retour.

Mais le problème c’est qu’une fois rétabli (tant qu’on peut l’être à son âge) et alors qu’il veut récupérer son trône, sa fille qui a pris goût à la chose refuse de s’en séparer.

Eh oui ! « on n’est jamais trahi que par les siens » comme dirait le proverbe !

Alors là s’ensuit un déchaînement de violence verbale de la part du vieux potentat déchu !

Par exemple lors d’un entretien avec L’Express en octobre 2005 :

« Vous savez, j'ai longuement préparé les adjoints à la transmission du pouvoir à ma fille, parce que c'était un évènement contre nature: elle n'a ni les qualités morales, ni les qualités physiques et intellectuelles pour le poste. Je le savais avant même de le lui confier. On a eu beaucoup de misères avec ma femme en l'élevant, elle n'a pas pu faire beaucoup d'études… Mais je ne pensais pas qu'elle refuserait de reprendre sa place à mon retour. »

Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'y va pas avec le dos de cuillère papa Ceccaldi. Il lui en a mis plein la musette à sa fille !

Avec un sommet atteint par cet extraordinaire "On a eu beaucoup de misères avec ma femme en l'élevant..." !

Soit, le procédé est peu délicat mais si c'est son opinion ! Mais alors, on serait assez tenté de lui demander comment, avec une conscience aussi aigue des insuffisances de sa fille, il a pu la nommer 1ère adjointe au conseil municipal et lui confier même provisoirement la mairie ! N'y a t'il pas là une légère contradiction ?

A moins que Charles Ceccaldi ne s'imagine revenu plusieurs siècles en arrière, bien avant l'avènement de la démocratie. A une époque où la naissance était beaucoup plus importante que le mérite pour accéder au pouvoir politique !
« Ma fille est une grosse nulle mais c’est ma fille alors il a bien fallu non seulement que je lui donne une place au conseil mais en plus qu'elle me remplace, le trône de Puteaux doit rester dans la famille !»

Mais faut-il s’en étonner quand on connait le personnage !

Pendant plus de 35 ans il a tenu la riche ville de Puteaux (la plus riche des Hauts-de-Seine) à coup de faveurs, de passe-droit, de cadeaux voire de pressions, d’intimidations ou même de menaces.

Après 45 ans à la tête de l'office HLM de la ville, nombreux sont les obligés du maire ….ou de sa fille !

Et le plus ahurissant c’est que ces pratiques sont connues de tout le monde et même tout à fait revendiquées par Charles Ceccaldi (dans ce même entretien à l’Express) :
Attention accrochez vous et je vous assure c'est véridique !

L’Express : Le clientélisme vous a bien aidé, quand même…

Charles Ceccaldi : « Tout à fait ! (et j'en suis fier)
De ce côté-là, ma politique a été exemplaire ! (on croit rêver)
C'est mal connoté ? (bien sur que non pourquoi ?)
A tort. (ben tiens !)%
Il faut une politique pour chaque classe. Et je pense n'avoir oublié aucun niveau social. J'en ai vu, des gens qui avaient des opinions et qui en changeaient en obtenant une place en HLM. Mais je ne demandais pas qu'on vote pour moi, je demandais qu'on reconnaisse mon travail. Vous savez, ceux qui n'étaient pas d'accord, on ne pouvait pas leur supprimer leur appartement. Mais ils obtenaient moins facilement une place dans nos villages de vacances en Bretagne ou en Corse… » (dire qu'il y en a qui même sous la torture n'auraient pas osé avouer cela)

'' L’Express : Etes-vous d'accord pour parler d'un «système Ceccaldi-Raynaud»?''

Charles Ceccaldi : « Si l'on considère qu'il y a nécessairement des systèmes partout, à un niveau plus ou moins élevé, oui. S'attirer une clientèle, en dehors des opinions, c'est naturel. Une politique clientéliste, pour un maire, c'est inévitable: il faut s'imposer de recevoir des gens à longueur de journée. Mon système a peut-être été mieux organisé qu'ailleurs; ça existait avant moi, mais avec moins d'habileté, de puissance et d'ampleur. Celui qui viendra après, on verra… »

Et pour ceux qui se diraient « non ce n’est pas possible, pas en France, en Russie ou en Chine mais pas en France ! »…eh bien si !...mais attention, pas n’importe où en France ! Dans les Hauts-de-Seine ! …c’est d’autant plus surprenant que ce département est particulièrement riche en hommes politiques de haute moralité comme messieurs… Balkany ou Pasqua !

Prix de la vache d’or

Tout à fait exceptionnellement, le prix est remis cette semaine à un journaliste du ………Figaro pour une question posée à Vladimir Poutine lors d’une récente conférence de presse.

Au bout de 4 heures d’une succession de questions toutes plus complaisantes les une que les autres à l’exception d’une seule, se rapportant à la fortune secrète de 40 milliards de dollars attribuée à Poutine par certains de ses opposants et que Vladimir Poutine traite de « racontars» des médias occidentaux qui «…ont sorti tout cela de leur nez et l'ont étalé sur ces torchons», le journaliste du Figaro interpelle Poutine de la manière suivante :

Je cite : «Aux législatives de décembre 2007, votre liste, Russie unie, a obtenu plus de 99 % des voix en Tchétchénie. La participation a dépassé 99 %. Les résultats sont du même ordre en Ingouchie. Pensez-vous ces résultats conformes à la réalité ?». Précisons qu’en Ingouchie justement, 90 000 personnes (la moitié du corps électoral !) ont signé en janvier une pétition pour dire qu'elles s'étaient abstenues.

Face à cette question, Vladimir Poutine ne répond pas et donne la parole à un confrère de Tchétchénie. Celui-ci explique tous les bienfaits réalisés par Russie unie dans la république du Caucase.

Poutine enchaîne : «Ces chiffres sont objectifs (…). La guerre civile a duré presque dix ans et les gens commencent à voir le bout du tunnel.»

Un peu plus tard, un journaliste d'Ingouchie s'excuse même auprès du président pour «la question incorrecte» du journaliste français. Et le toujours très délicat et démocrate Poutine de suggérer «Vous n'avez qu'à le corriger».

A la fin de la conférence de presse, un confrère de Sibérie vient remercier Le Figaro : «Aucun journaliste russe n'aurait osé poser votre question.»

Il ne reste plus qu’à espérer que les représentants du Figaro feront preuve de la même saine impertinence lors des conférences de presse de nos propres dirigeants politiques.

Prix de la vache qui rigole

Christine Lagarde a affirmé dimanche que la croissance française devrait avoir "tangenté les 2%" en 2007 et que la France devrait, en 2008, mieux résister que ses partenaires européens au ralentissement de l'économie américaine.

Ce n’est pas possible d’insister aussi lourdement !

Christine Lagarde persiste et signe malgré déjà 2 distinctions dans la catégorie « vache qui rigole » !

Il faut arrêter maintenant de raconter toujours les mêmes sornettes ! Non, la France n’a pas un taux de croissance plus costaud, plus résistant, plus rapide ou plus agile que les autres !

En 2007, selon la première estimation publiée par l'Insee, le produit intérieur brut de la France a progressé de 1,9% alors que la progression de la zone Euro est estimée à 2,7% et celle des Etats-Unis à 2,2% !

Evidemment comme notre taux de croissance est l’un des plus bas d’Europe sinon du monde, si il tombe, il tombera de moins haut, c’est déjà ça !

Mais il n’y a, à ce jour, aucune raison de croire qu’en 2008 nous ferons mieux que les autres !

"Je persiste à penser que nous allons tangenter les 2%", a dit Mme Lagarde sur France 3.

Tangenter….tangenter ? hum…quid de tangenter ?....alors si je consulte mon meilleur dictionnaire, je trouve…………………tangente puis je passe à ……tangentiel mais pas de « tangenter » !

Bref, le verbe tangenter n’existe pas !

Probablement que Christine Lagarde a voulu dire « prendre la tangente » ! "Je persiste à penser que nous allons prendre la tangente des 2%"…oui, ça doit être ça !
Prendre la tangente : « s’esquiver, se tirer d’affaire adroitement » …effectivement ça correspond, même si l’adverbe adroitement n’est pas très approprié.

Manifestement Christine Lagarde ne sait plus comment dire « on s’est encore planté lamentablement dans nos prévisions » alors elle préfère utiliser un terme abscons qui pourrait laisser croire aux esprits naïfs que tout ça c'est la faute de cette saloperie de croissance française qui a perfidement tangenté les 2 % au lieu de les pulvériser comme c'était prévu ! »...je crois surtout qu’avec ses prévisions irréalistes Christine Lagarde a tangenté le ridicule !