Un vote sanction donc, mais surtout pas un vote d’adhésion puisque le Parti Socialiste principal bénéficiaire de ces élections n’a toujours pas de projet !

Et par-dessus le marché, un vote sanction tellement difficile à interpréter que les uns en concluent que de manière évidente c’est une demande au gouvernement de changer sa politique, sans que personne ne sache laquelle il faut lui substituer, et que les autres en déduisent qu’au contraire c’est une demande d’aller plus vite dans les réformes promises au moment de l’élection présidentielle !!!

Autre motif d’insatisfaction, qui est malheureusement une constante dans la vie électorale française, c’est le nombre de ministres qui se sont présentés. C’est le nombre de députés également maires de villes importantes.

Le cas d’Estrosi, nouveau maire de Nice, est un peu particulier puisque c’est essentiellement sous la pression à la fois de Patrick Devedjian et de son concurrent socialiste qu’il a, pour des raisons purement électorales, et probablement à son grand regret, renoncé à son secrétariat d’Etat… mais certainement pas à son mandat de député.

Le cumul des mandats dans toute sa splendeur !…une des principales tare du système politique français !

Encore une raison de mécontentement et autre constante, c’est la capacité des français à voter et revoter pour les « indélicats » pourtant condamnés par la Justice ou dont le dossier est en cours d’instruction :

Jacques Mellick (battu de peu), Patrick Balkany (élu), Estrosi (élu), Tiberi (élu), Jacques Masdeu-Arus (battu mais de peu), et bien d’autres encore !

Pas de quoi non plus être emballé par les résultats.

Non pas que la déconfiture de quelques maires UMP me dérange beaucoup mais une des conséquences la plus évidente de cette élection est d’avoir ravigoté le PS. Ravigoté à la façon d’un produit dopant sur un marathonien unijambiste, juste de quoi faire illusion quelques dizaines de mètres !

Evidemment, fondamentalement rien n’a changé pour le Parti Socialiste, il suffit de les écouter nous expliquer le caractère extrêmement antisocial d’un gouvernement qui a mis en place la franchise médicale, qui ne veut pas baisser la TIPP et augmenter substantiellement le SMIC.

Il suffit également de voir ses différents leaders se tirer joyeusement dans les pattes chacun essayant tirer la couverture à lui …ou à elle.

Il faut espérer que les Socialistes arrêteront rapidement les flonflons et les cotillons pour se consacrer à leur projet.

Une autre conséquence, c’est la montée de l’extrême gauche et plus particulièrement du parti du gentil facteur celui qui a le talent de donner un visage avenant à des idées sectaires.

Ce même Besancenot qui lors de la soirée électorale du premier tour agressait Eric Woerth en lui assenant la situation effectivement scandaleuse des caissières d’un Carrefour de Marseille qui s’étaient battues pour obtenir une augmentation substantielle de 3,05 à 3,50 euros de la valeur de leurs tickets restaurant.
Comme si le ministre du budget y était pour quelque chose !

Très révélatrices ces manières de donneur de leçons qui consistent à profiter d’une situation réellement choquante mais tout à fait hors sujet dans le cadre d’élections …municipales, pour se mettre en valeur comme le seul et unique défenseur de la veuve et de l'orphelin !

Cette exceptionnelle audience d’un pur parti de contestation, à plus forte raison à l’occasion d’élections locales pour lesquelles on est censé privilégier le gestionnaire à l’idéologue, constitue une preuve de plus, s’il en fallait, d’un mélange des genres extrêmement préjudiciable.

Préjudiciable non seulement parce qu’il amène à confier des responsabilités importantes à quelqu’un ou à une équipe sur des critères qui ne sont pas obligatoirement pertinents, mais également parce que ces élections importantes au niveau local ne servent pour certains qu’à remettre en cause la légitimité d’un président et d’une assemblée pourtant élus pour 5 ans !

Pour finir sur une note plus joviale, et sans pour autant exprimer une excessive allégresse mais plutôt de la saine jubilation voici quelques plaisants résultats, essentiellement parisiens pour cause de proximité :

Tout d’abord dans le VIIIe arrondissement de Paris avec la défaite de Pierre Lellouche.

Généralement les élections locales dans cet arrondissement sont sans imprévu et sans grand intérêt mais cette année, heureuse surprise, nous avons eu droit à un peu de sport !

Certes c’est du sport façon VIIIe arrondissement de Paris, 3 petits tours du Parc Monceau le dimanche, on ne risque pas le claquage, mais néanmoins on a eu de l’animation et c’était inespéré !

En résumé, il faut savoir que depuis des années, le maire en place est un UMP du nom de François Lebel. Or, surprise, voici que le candidat désigné par l’UMP pour les municipales 2008 s’avère être Pierre Lellouche déjà député du coin mais candidat battu aux précédentes municipales dans le IXe arrondissement.

En fait, il s’avère, selon l’évincé François Lebel, que Pierre Lellouche a, d’une part, prétendu aux instances de l’UMP, auprès desquelles il est bien introduit, que François Lebel n’avait pas l’intention de se représenter et d’autre part, au dit Lebel, que l’UMP n’avait pas l’intention de lui renouveler sa confiance pour la prochaine mandature.

Le rusé Lellouche a pu ainsi obtenir sans peine l’investiture de l’UMP.

Evidemment, apprenant cela, le sieur Lebel en a été quelque peu contrarié et a décidé de faire le dissident en présentant sa propre liste.

Ce n’est pas toujours le cas, mais il y a une morale à cette histoire politique puisqu’à l’arrivée, c’est Lebel (48,55%) qui a été élu largement devant Lellouche (31,82%).

Autre motif de satisfaction dans cette triste municipale c’est la défaite cuisante de Jean-Marie Cavada (34%) dans le XIIe arrondissement de Paris. Rappelons que Jean-Marie Cavada fait partie des nombreux qui ont lâché François Bayrou en rase campagne en échange d’une récompense sous la forme d’une tête de liste aux municipales (en tandem avec Christine Lagarde) et de la promesse d’un maroquin ministériel.

Ce même Cavada avait essayé de justifier sa désertion en prétextant avoir « épuisé tous les recours de la loyauté » à l'égard de François Bayrou. Probablement que son stock de loyauté ne devait pas être énorme.

Inutile de vous dire que l’auteur n’est pas un fan de ce genre de personnages qui troquent leurs idéaux contre quelques honneurs et manifestement les électeurs du XIIe non plus, à sa plus grande satisfaction.