Cette crise devrait pourtant nous rappeler un certain nombre d'évidences dont notamment:

  • que la hausse ou même le maintient du pouvoir d’achat n’est pas un droit mais la récompense d’un travail collectif !...il est étroitement lié à la croissance, à un accroissement de la richesse nationale.
  • que cette richesse, ce sont les entreprises qui la créent et que lorsque les temps sont difficiles il faut plutôt se demander comment on peut les mettre dans les meilleurs conditions pour le faire plutôt que de les désigner comme des boucs émissaire à la vindicte populaire et leur imposer brutalement un carcan populo-social, contre-productif, dont elles ne pourront plus se libérer lorsque les beaux jours reviendront (pour peu qu’ils reviennent).
  • que lorsque que cette richesse vient à diminuer, l’Etat au nom de la collectivité nationale peut/doit faire le choix de faire jouer la solidarité pour aider les plus exposés, mais que cela suppose d’une manière ou d’une autre de prendre d’un côté pour donner de l’autre.

Or, il y a 2 manière de pratiquer pour « prendre d’un côté pour donner de l’autre » : la facile et la difficile et que croyez vous qu’a choisi Sarkozy…..la……….la…………la facile, gagné !!!

La facile étant, vous l’aurez deviné, le recours à l’emprunt.

Parce que, contrairement à ce que veut faire croire l’opposition, les milliards distribués ne sont pas des milliards gratuits, il va bien falloir un jour les payer ou en l’occurrence les rembourser !...ce n’est que partie remise !

Bien évidemment, on me rétorquera que l’on peut s’endetter en période difficile et rembourser en périodes fastes sauf que période faste ou période maigre peu importe puisque cela fait 25 ans que la France n’a pas eu un budget équilibré ! Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on ne va pas dans le bon sens avec un déficit record en 2008 ! …Chaque gouvernement avec l’active complicité de ses électeurs refile son couteux mistrigri au suivant, jusqu’à qu’il trouve ceux qui n'auront plus le choix que de faire les efforts que leurs prédécesseurs n’auront pas voulu faire !

La manière difficile aurait été de redistribuer différemment les recettes de l’Etat. Par exemple, en renonçant, pas nécessairement définitivement, au fameux Paquet fiscal pour redistribuer les économies ainsi réalisées à ceux qui sont le plus touchés par la crise.

Cette décision aurait eu un triple mérite, de ne pas aggraver encore le déjà fort grassouillet endettement de la France, de bien montrer que l’Etat n’est pas un magicien qui tire des milliards de son chapeau dès que quelqu’un le lui demande et enfin de ne pas générer une énorme et compréhensible frustration chez ceux qui ne bénéficient pas des largesses à crédit de l’Etat …tout le monde sur le même plan sauf les plus touchés !

or, en réagissant sous la pression des évènements et en s’arcboutant, par orgueil, sur son paquet fiscal, Nicolas Sarkozy, n’a pas su faire passer un message clair expliquant:

  • que l’Etat ne peut pas compenser tous les effets négatifs de la crise,
  • que son rôle est d’en répartir les effets afin qu'ils ne pèsent pas que sur quelques uns,
  • que chacun devra faire des sacrifices d’autant plus importants que déjà, en temps normal, parce qu’on joué à la Cigale pendant 30 ans, on n’a pas le moindre sou en caisse et qu’on est déjà fortement endetté !