C’est pour cela que, même si je ne leur porte pas une affection particulière, j’ai trouvé particulièrement honteux que Fréderic Mitterrand et Eric Woerth aient été conspués sinon insultés lors de la Fête de l’Humanité (on a même lancé un pot de yaourt sur Woerth). Ce malheureux épisode, certes le fait d’une minorité de crétins sectaires, me parait constituer un des nombreux symptômes du délitement de la vie politique française.

C’est le principe même de la démocratie représentative qui ne se porte pas bien. Celle-ci suppose que le peuple délègue ses pouvoirs à des représentants élus en lesquels il met donc sa confiance.

Pour fonctionner, la démocratie représentative nécessite un respect du peuple pour ses représentants et pour ses institutions !

Or plus ça va, plus j’ai l’impression que ce respect s’étiole, qu’il a tous les jours de nouvelles raisons d’en prendre un coup dans l’aile !

Je ne m’étendrai pas sur « l’affaire » Hortefeux sur laquelle il a déjà été beaucoup écrit et dit, mais plus ça va, plus je crains que ses propos ne soient effectivement ce qu’Azouz Begag, qui l’a côtoyé lorsqu’il était au gouvernement, appelle « un vrai bon dérapage franchouillard raciste ». Et ce ne sont pas ses vrais faux « regrets » qui vont me convaincre du contraire.

En tout état de cause, outre ce que cela peut révéler sur le personnage, cette pitoyable histoire doit, comme le dit très bien le Faucon, rappeler à tous nos responsables politiques cette nécessaire exigence « du respect et de la dignité », respect et dignité qui manquaient manifestement lors de cette Université d’été de l’UMP !

Le respect et la dignité de la part de nos responsables politiques sont des conditions essentielles pour qu’ils puissent être eux-mêmes respectés !

Nb : A ce propos, je n’aime pas l’attitude du MRAP qui a décidé de porter plainte pour « diffamation à caractère raciste », là encore, c’est de la politique contre-productive de nos ayatollahs de l’antiracisme.

Le respect et la confiance sont également bien écornés par les irrégularités qui auraient entaché le scrutin interne du PS de l’année dernière. C’est quand même stupéfiant qu’un parti qui donne des leçons de démocratie à tout va, non seulement pratique la fraude électorale à grande échelle mais lorsque cette fraude est dévoilée, vient nous dire que « bof, ce n’est pas si grave que ça » !

Parce que les réactions à la sortie du livre qui a lancé le scandale, sont édifiantes, « oui c’est vrai, tout le monde le savait, mais il y a eu de la triche des 2 cotés alors… » Ou encore « on ne va pas exhumer cette vielle chose, préparons plutôt l’avenir, tous unis derrière Martine » comme Michel Sapin qui trouve "un peu dommage que l'on retouille" de "vieilles histoires".

Quelle indulgence !...Que n’aurait t’on pas entendu si Sarko avait bourré les urnes pour se faire adouber à la tête de l’UMP !

Là encore, ce n’est pas le fait de fausser le résultat des élections internes qui me scandalise, après tout ce sont les militant socialistes qui ont été trompés, grugés, et je n'en suis pas, mais c’est le principe même de la fraude électorale !

Des responsables d’un des principaux parti politique français ont, au pire organisés la fraude, au mieux fermé les yeux !

Comment dorénavant avoir confiance dans ces gens là ?

Comment peut-on ne pas penser que s’ils n’ont eu aucun scrupule à tricher à l’occasion d’élections internes, ils n’en n'auront pas plus à l'occasion d’élections officielles ou dans le cadre de leurs fonctions d’élus ?

Comment veut-on que les responsables politiques soient respectés et considérés après de tels agissements ?

Un 3ème évènement récent, de nature un peu différente, contribue également à entretenir une certaine suspicion vis-à-vis de la classe politique ou du moins vis-à-vis du fonctionnement de nos institutions.

Le 13 septembre, le ministre de l’immigration Eric Besson, annonce fièrement qu’il ne signera pas le décret d’application d’une loi, pourtant votée, celle instituant des tests ADN pour les candidats au regroupement familial. Sans juger du fond de cette loi et de cette idée que l’administration se donne les moyens de vérifier la véracité des dires d’un prétendant au regroupement familial, cette manière de procéder et tout sauf démocratique.

Dans cette histoire, le gouvernement a tout fait pour que cette loi soit votée, malgré les nombreuses réticences dans son propre camp, et voilà que maintenant, un ministre se permet de décider unilatéralement qu’en fait cette loi ne sera pas appliquée.

On savait le Parlement aux ordres mais des affaires comme celle-là contribuent encore plus à le faire passer pour une chambre d’enregistrement de lois …dont l’application serait facultative !

De tout cela, notre système démocratique ne sort pas vraiment grandi, comme il ne sort pas grandi des humiliations que le président de la république Sarkozy fait subir à son premier ministre Fillon (encore récemment sur la taxe carbone) ou des hémicycles vides lors du vote de certaines lois (cf. HADOPI).

Je n’aime pas cette attitude qui consiste à dénigrer systématiquement les politiques, qualifiés d’arrivistes, d’incompétents, de menteurs sinon d’escrocs, l’énorme majorité d’entre eux mérite le respect pour ce qu’ils font pour la collectivité, mais comment s’étonner du succès de ce type de réaction devant de tels attitudes. Ce sont les petits « dérapages » de Hortefeux, révélateurs d’une mentalité étroite et xénophobe, ce sont les grosses tricheries d’une partie du PS révélateurs de tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins, c’est la suffisance de l’exécutif, révélatrice d’un mépris pour les membres des assemblées nationales élus par le peuple mais ça a été également un tas d’autres choses comme l’indécente exhibition de Dati en robes Dior ou les sorties ignobles de Georges Frêche …tout cela contribuant à éloigner de plus en plus le peuple de ses représentants. Or confiance et respect sont bien les 2 mamelles d’une démocratie comme la notre !