Pourtant, même s’il n’est évidemment pas question de considérer cette formule comme une solution miracle et universelle, elle a néanmoins l’immense mérite de faire, enfin, un peu cas du père lors d’une séparation !

Elle permet à la fois de lui permettre d’assumer pleinement ses responsabilités de parent autrement que par le versement d’une pension et surtout, elle lui permet de sauvegarder une relation pleine et continue avec ses enfants. Elle a en conséquence le mérite de ne pas faire peser sur la mère la lourde tâche d’élever ses enfants, avec toutes les difficultés que cela entraine pour une personne seule, et elle n’enferme pas le père dans un rôle secondaire de papa au rabais auquel on octroi l’aumône d’une visite toutes les 2 semaines !

Tant pour les parents que pour les enfants, la résidence alternée devrait-être, au contraire, un objectif à atteindre dès que les conditions le permettent …et uniquement si les conditions le permettent, bien entendu !

A l’époque, je soupçonnais Madame Antier de considérer qu’un homme est par essence tout à fait incapable de s’occuper correctement de ses enfants, pire encore, de penser que s’il veut assumer cette tâche ce n’est que par pur égoïsme et dans un esprit mesquin de partage équitable des enfants comme on a partagé les meubles et la vaisselle à la petite cuillère près !

Bref, tout ça pour dire que je ne tenais déjà pas Edwige Antier en haute estime et que ce n’est pas sa récente proposition de loi visant à interdire les fessées qui va arranger son cas !

J’entendais cette dame nous expliquer que le fait d’inscrire cette interdiction dans le Code civil et de le lire aux potentiels futurs parents lors des mariages, permettrait aux enfants qui écoutent d’en être informés et de pouvoir ainsi contester les éventuelles fessées dont ils seraient menacés !

Vous vous rendez compte !... « Non, Papa (ou non Maman), tu n’as pas le droit de me donner une fessée, c’est le Maire qui l’a dit, na, na, na !!! » et encore, on a de la chance, Madame Antier ne demande pas à ce que cette loi soit inscrite dans le code pénal parce que ça ne serait pas « na, na, na » mais « attention, si tu le fais j’appelle les flics » !

Certes, Madame Antier n’a pas tort lorsqu’elle dit que la « «violence » ne règle rien et que « il est plus facile de taper que de se poser pour réfléchir »…mais pas besoin d’être un expert en psychologie pour adhérer à ce type de propos !

Outre qu'en utilisant les termes "violence" et "taper", Madame Antier, fait dans la confusion malhonnête des genres, ce sont typiquement des propos de cabinet de psycho-machin !

Dans la vie, la vraie vie, on ne peut pas être en permanence à appliquer les règles du parfait petit psychologue !

Dans la vraie vie, il arrive que l’on s’énerve, que l’on craque, ou tout simplement que l’on considère que de donner une fessée à son gamin est une manière efficace de marquer un fort mécontentement !

Personnellement je considère que la fessée fait partie des moyens de faire comprendre à un enfant qu’il y a des limites à ne pas dépasser.

Evidemment, ce ne doit pas être le seul, évidemment tout est dans la mesure, mais la plupart des parents qui se sont allés à donner une fessée à leur enfant l’ont fait de manière modérée et exceptionnelle !

Il est également évident qu’on n’a pas le droit de maltraiter un enfant, c’est d’ailleurs déjà et depuis longtemps dans la Loi !

Mais en amalgamant la fessée donnée suffisamment exceptionnellement pour qu'elle ait un sens, voire la claque qui part toute seule dans un instant d’énervement, à de la maltraitance, on ne fait que faire culpabiliser ceux qui aiment et respectent leurs enfants !

Honte à moi, je découvre soudainement que je suis un père indigne parce que j’ai donné des fessées à mes enfants !

A l’inverse, en faisant tomber la limite entre véritable violence et fessée, en laissant penser que du point de vue de la Loi les 2 sont équivalents, on permet aux brutes épaisses de justifier leurs méfaits avec un : « c’est lamentable, on a même plus le droit de donner une petite correction à son enfant, la preuve on ne peut même plus donner une fessée » l

Pour justifier cette interdiction Madame Antier nous dit en substance « de toute façon, les enfants ne savent pas pourquoi ils ont eu droit à une fessée » « Demandez à un petit pourquoi il en a reçu une, il vous répond : « Parce que j’ai fait une bêtise. » Laquelle ? Là, il ne sait pas toujours. La corrélation avec la fessée n’est pas évidente ; selon le seuil de tolérance du parent, il en recevra une, un soir et pas un autre, ou s’en fera régulièrement menacer, sans savoir quand le coup tombe» …c’est quand même un peu osé de nous sortir une telle argumentation !

Je ne veux pas généraliser mon cas personnel mais lorsqu'il y a longtemps déjà, je recevais une fessée de la part de mes parents, je savais très bien pourquoi je la recevais et lorsque mes enfants en ont reçu, ils en connaissaient également très bien la cause !...là encore, Madame Antier amalgame la petite minorité d’énervés agressifs qui balancent des fessées à tout va avec la majorité des autres parents, ou pire encore, elle croit sur parole les gros mensonges des enfants qui lui disent qu’ils ne savent pas pourquoi ils ont été punis !

Elle nous balance également comme une preuve quasi-scientifique et donc irréfutable : « En trente-huit ans de pratique dans mon cabinet, je vous assure que ceux qui n’ont jamais reçu de fessée sont les mieux élevés, plus à l’écoute des adultes et de leur autorité. »…ça, outre le fait que cela demande à être prouvé, c’est typiquement le genre d’argument que l’on peut facilement retourner. N’est ce pas plutôt parce que ces enfants sont plus « faciles » du fait de leur personnalité ou du milieu dans lequel ils ont évolué, que leurs parents n’ont jamais eu besoin de leur donner une fessée ?

Si je me réfère encore à ma propre expérience, sans être un fesseur fou, ma fille n’a quasiment jamais reçu de fessée alors que mon garçon y a eu droit plus souvent…et il n’en n’a pas été traumatisé !

Et puis n’y a-t-il pas des « agressions » beaucoup plus traumatisantes pour l’enfant que des fessées ?...Les agressions psychologiques par exemple !

Les injures, le rabaissement, le dénigrement systématique, l’humiliation sont beaucoup plus destructeurs !

Madame Antier va-t-elle proposer une loi interdisant aux parents de « parler mal » à leurs enfants sous prétexte que certains exercent une inadmissible violence verbale vis à vis de leurs gosses ?

Va-t-elle interdire l’équivalent de la fessée en la matière, par exemple de traiter ses enfants d’«idiot », d’ « imbécile » ou de « fainéant » ?

Ou va-t-on s’arrêter dans la fausse protection de l’enfant qui ne règle strictement rien et qui au contraire risque de rendre encore plus difficile l’affirmation de la nécessaire autorité des adultes par rapport à leurs rejetons ?

Les vrais problèmes d’éducation ne sont pas là, ils ne sont pas liés aux fessées qui seraient abusivement données par des parents violents !

Les causes on les connait, elles sont au contraire, dans la démission volontaire ou involontaire de certains parents. Elles sont dans leur incapacité (pour un tas de raisons) à affirmer efficacement leur autorité sur des enfants qui leurs échappent de plus en plus tôt !

Eduquer des enfants est déjà très difficile, affirmer son autorité n’est pas nécessairement chose facile, les psycho-machins peuvent nous y aider par leurs conseils mais pitié qu’ils ne nous considèrent pas comme des irresponsables en nous imposant leurs théories fumeuses sur ce que nous devons faire et sur ce que nous ne devons pas faire !

Madame Antier, malgré sa très très très longue expérience, n’a toujours pas compris que chaque cas est unique, et que de vouloir imposer, à tous, une règle déjà tout à fait discutable dans ses fondements, sous prétexte qu’une minorité de parents maltraite ses enfants, est à la fois inutile et infamant pour les autres implicitement considéré comme des bourreaux d’enfants que l’on doit empêcher de sévir par la Loi !

Contentez vous de distribuer vos bons conseils à vos patients Madame Antier, ça suffit largement !

* C’est, indirectement, Pierre Lellouche puisqu’elle le remplace en tant que suppléante depuis son entrée au Gouvernement (Juin 2009).