Cette question est intéressante mais avant d’y répondre (tardivement) j’aimerais préciser ma vision de ce que l’on appelle la démocratie directe !

Nos Sociétés ont fait le choix de démocraties représentatives qui, pour résumer, consiste à désigner par un vote des représentants du Peuple, auxquels celui-ci délègue ses pouvoirs.

Même si elle présente un certain nombre d’inconvénients, et notamment un risque de constituer des « élites » politiques déconnectées de la population, cette organisation est clairement la plus efficace et est considérée comme telle par tous, sauf par quelques uns qui remettraient bien au gout du jour les comités révolutionnaires !

Ce type de fonctionnement n’empêche pas d’introduire des morceaux plus ou moins gros de démocratie dite directe dans l’organisation. En France, les morceaux ne sont pas énormes et, à mon sens, mal utilisés !

J’ai toujours considéré que le referendum « populaire » qui porte souvent sur des sujets complexes ou du moins « techniques », dans une démocratie qui ne sait pas débattre, n’est qu’une voie royale pour les populistes de tous bords !

En clair, sans aller jusqu’à répondre comme l’Hérétique que si la démocratie directe existait je proposerais … de la supprimer sur le champ, telle qu’elle est petitement utilisée chez nous, je m’en passerais tout à fait !

Néanmoins, l’interpellation directe du Peuple me parait indispensable lorsqu’il s’agit de sujets qui relèvent d’un choix de Société !

Il existe de nombreux sujets sur lesquels la Société française s’appuie et que l’on n’imagine même pas sinon de remettre en cause du moins de questionner, histoire de s’assurer que le consensus existe toujours !

Des choix qui peuvent être centenaires structurent notre société sans que l’on se pose la question de savoir s’ils sont toujours pertinents des décennies plus tard !

J’ai personnellement du mal à comprendre que, dans un monde qui évolue à toute allure, dans un environnement qui change tous les jours, on puisse considérer comme définitivement acquis un certain nombre des éléments constitutifs de ce qu’est la Société française !

Poser ou reposer des questions importantes sur des sujets qui apparaissent comme des évidences ne signifie pas nécessairement les remettre en cause, cela peut-être un moyen de les confirmer ne serait-ce que pour vérifier ensemble de quoi est constituée l’identité nationale …zut, j’ai dis un gros mot !...désolé !

Je prends un exemple véritablement au hasard, l’abolition de la peine de mort !

Voila une décision qui a été prise par nos dirigeants il y a maintenant presque 30 ans, pourquoi ne pas en re-débattre pour la confirmer ou l’infirmer ? La décision inverse aurait été prise en 1981 (imaginons qu’elle fut abolie depuis plus longtemps et rétablie en 1981), n’aurait on pas considéré comme pertinent de nous reposer la question 10, 20, 30 ans plus tard ? Probablement que si !

Pour ma part, je considère qu’abolir la peine de mort fut une très bonne chose et si on me demandait aujourd’hui mon avis sur ce choix, je le confirmerai sans aucune hésitation mais pourquoi le graver dans le marbre ?...plus une question est importante plus on devrait s’assurer qu’il y a toujours un consensus autour d’elle !

Il ne s’agit pas de remettre perpétuellement en cause tous nos choix fondamentaux en les reposant sur la table toutes les semaines, mais dans un délai de 20, 30 voire 50 ans, il ne devrait plus y avoir de sujets « protégés » !

De nombreux thèmes se prêteraient à ce genre de questionnement du Peuple :

Plusieurs blogueurs en proposent d’ailleurs de très intéressants : doit-on abolir le statut de la fonction publique ?

« Acceptez-vous que l'État et les collectivités territoriales cessent de subventionner les écoles privées et se consacrent uniquement au service public d'éducation ? »

« Etes-vous favorable à l’ouverture de TOUS les secteurs à la concurrence ? »

« Êtes-vous favorable à l'inscription de l'équilibre budgétaire dans la Constitution ? »

« Êtes-vous favorable à l'interdiction stricte du cumul des mandats électifs ? »

« Seriez-vous pour une réforme de la fiscalité et des aides d'état sur la base de …. »

Poser ces questions et d’autres encore, serait certainement considéré comme une hérésie par beaucoup mais elles ont pourtant toutes le mérite de poser des questions qu’il ne viendrait à l’idée de personne de poser publiquement ! …c’est la fameuse évidence qui empêche la collectivité de se remettre en cause et donc d’avancer !

Bien évidemment, ces questions peuvent n’être que le moyen d’ouvrir un sujet, le moyen de dire que le sujet n’est pas tabou et qu’il mérite un débat !... Elles devraient ensuite être étudiées, analysées et enfin faire l’objet de propositions complètes qui pourront ou non être acceptées…par nos représentants élus !

Bon, après ce long préambule, et avant de répondre plus précisément à la question posée, je précise que ce n’est pas forcément la première question que je poserai tout simplement parce que mes questions prioritaires ont déjà été posées par mes petits collègues (il faut dire que je réagis un peu tardivement) et notamment celles qui concernent la refonte de la fiscalité, le cumul des mandats ou encore l’abrogation du statut de la fonction publique.

Donc, en plus de celles déjà citées, la question à laquelle il m’intéresserait d’avoir l’avis des français et surtout sur laquelle il m’intéresserait qu’il y ait un débat national est la suivante : la Société doit-elle donner sans exiger de contrepartie ?

Par exemple le RSA ou l’allocation chômage ne doivent-ils pas être fournis sous conditions de travaux d’intérêt publics : aides à des associations, à des collectivités (de type Service civique) ou obligation de suivre une formation etc
Dis de manière plus générale, à chaque droit ne doit-il pas y avoir une obligation associée ?

Autre question qui me vient à l’esprit : Doit-on mettre des numerus clausus en entrée de la plupart des filières universitaires comme pour Médecine ou pharma afin d’orienter les formations en fonction des besoins de la société ?

Encore une autre : La France doit-elle intervenir militairement, en son nom propre, à l’extérieur de chez elle ou doit-elle être neutre façon Suisses ou Irlandais, quelles que soient les circonstances ?

Une autre un peu plus légère : Doit-on supprimer les décorations (Légion d’honneur, ordre du mérite…) ou du moins ne doit-on les attribuer que dans des cas très exceptionnels qui seraient validés par le peuple ou par une communauté représentative ?

Voilà quelques questions, parmi beaucoup d’autres, qui à mon sens méritent un débat et sur lesquels nous devrions pouvoir nous prononcer directement !