Petit hommage à Jacques Marseille !
Par Nicolas le mardi 9 mars 2010, 08:30 - Humeur sombre - Lien permanent

De retour d'une petite semaine de vacances bien méritées (si, si), loin du
bruyant monde numérique, j'apprends avec une légère tristesse que Jacques
Marseille est mort jeudi dernier.
Je n’en suis pas un spécialiste, loin de là, mais pour autant j'ai souvent eu l'occasion de l’entendre sur les radios, de temps en temps de le voir dans l’admirable émission « C dans l'air » et épisodiquement de le lire dans Le Point ou Les Échos. J’ai souvent été en phase avec ses points de vue, pourtant pas nécessairement dans l’air du temps. Ils ont eu souvent le mérite de montrer qu’il faut se méfier d’un certain nombre de fausses évidences auxquelles on se complait à croire uniquement parce qu’elles semblent justifier nos propres certitudes.
J’apprécie également la collection « à dire vrai » qu’il dirigeait et dont j’ai lu et apprécié un certain nombre de ses volumes portant sur des sujets aussi variés que la Défense européenne (« Défense européenne, la grande illusion » de jean-Dominique Merchet), l’organisation territoriale (« Faut-il supprimer les départements ? » de Matthias Guanz) ou les syndicats (« Les syndicats sont-ils conservateurs ? » de Stéphane Sirot) et bien d’autres encore !
Homme de centre droit, libéral et européen, il était suffisamment atypique, passionné, provocateur, convaincu et convainquant pour que l'on puisse dire, quel que soit ce que l'on pensait de ses thèses, qu'il manquera dans le (bien pauvre) débat français.
Boursorama a eu la bonne idée de publier son dernier entretien à Marie-Paule Virard pour le compte de AOF. On y retrouve assez bien ce qu'était le personnage, un agitateur d'idées parfois un peu excessif mais déclencheur d'interrogations, je vous en conseille la lecture.

Commentaires
Comme d'habitude, ce n'est pas les pires qui partent en premier !
Hélas !
J. Marseille, économiste et historien, fut de gauche, proche des théories de l'Ecole de la régulation quand c'était à la mode dans les 70ies et au début des 80ies puis très sensible aux arguments de la révolution néo-conservatrice quand ce fut très trendy, disons ces 20 dernières années. On le sentait un peu perdu devant le collapse des marchés sans entrave à la suite de la crise financière puis économique qui a éclaté il y a 2 ans 1/2. Il tenait un discours très recentré dans ces dernières interventions.
Médiocre compilateur et opportuniste impénitent, il ne nous manquera assurément pas et gageons que d'ici un an, on aura oublié jusqu'à son nom.
Ps d'accord avec les c ommentaires ci-desus.
Monsieur Jacques Marseille nous manquera enormément
car il était remarq<uable par la justesse de ses raisonnementset la logique de sa pensée.
Adieu Monsieur Marseille et merci pour tout ce que
vous nous avez apporté.
La pensée de J Marseille valait sûrement mieux que la caricature de libérale (ou d'ultra libérale) que certains ont largement propagée. On trouveras rarement dans ses écrits de quoi alimenter cette légende mais souvent une critique dure mais fondée du fonctionnement de l'Etat et plus globalement de la fonction publique et des organismes parapublic, critiques basées sur de faits et trés largement illustrées. Peut-être comme d'autres, était-il d'autant plus exigeant que partisan d'un Etat fort. N'en déplaise à certains qui se réfugient derrière des généreuses pensées pour excuser toutes les gabegies, incompétences, lâchetés et inefficacités alors que les besoins de manquent pas.