Ces gens considèrent que les déficits publics sont du seul fait de l'Etat et absolument pas des collectivités locales….stupéfiant !!!!

Comment les collectivités locales peuvent-elles ne pas se sentir concernées par une réflexion sur les déficits et plus généralement sur les dépenses publiques ?

Cette attitude démontre soit que leurs représentants sont dans le déni de réalité le plus total soit qu’ils font passer des petites considérations politiques avant l’intérêt de la France !

A dire vrai, je ne sais pas ce qui est préférable !

Sur ce sujet, je me contenterai de rappeler quelques éléments de l’excellent rapport de la Cour des Comptes à propos de l’évolution des effectifs de l’Etat entre 1980 et 2008 (déjà évoqué dans un précédent billet).

Même si on se contente de raisonner en termes d’effectifs, sachant que les frais de personnel ne constituent évidemment pas l’intégralité des dépenses des uns et des autres, que constate la Cour des Comptes :

Qu’au cours des vingt-cinq dernières années, les effectifs publics ont continué de croître sans discontinuer, tirés en particulier par la croissance de la fonction publique territoriale, à un rythme très supérieur à l’augmentation de la population et de la population active ;

Que les effectifs de la fonction publique territoriale qui représentaient en 1980 un peu plus du quart du total de l’emploi public, en occupent désormais le tiers; ceux de l’Etat n’en représentent plus que la moitié (la part de la fonction publique hospitalière étant à peu près stable).
Pour une croissance totale des effectifs de la fonction publique de 71,2 %, la Cour constate une hausse de 49,9 % dans les communes, de 154,1 % dans les structures intercommunales, de 47,9 % dans des départements et de plus de 1.964 % dans les régions !

Si la multiplication par quasi 10 des effectifs dans les régions peut s’expliquer, pour partie, par les mesures de décentralisation, elle semble néanmoins anormalement conséquente.

De même, il est difficile de justifier la hausse conséquente des effectifs dans les communes et dans les structures intercommunales qui ne sont guère concernées par des transferts significatifs de compétences !

En résumé, ce que nous rappelle notamment ce rapport, c’est que les déficits publics ne peuvent-être considérés que globalement et même s’il n’est pas question de dédouaner l’Etat de sa responsabilité en la matière, chacun se doit de nettoyer devant sa porte !

Compte tenu de l’importance prise par les collectivités locales dans les dépenses publiques, et compte tenu des nombreuses interactions voire des chevauchements entre les actions des uns et des autres, quel sens cela a-t-il de ne travailler que sur un étage du millefeuille administratif de la France !

Alors qu’au niveau de l’Etat on semble vouloir prendre ses responsabilités (à confirmer bien évidemment), ce n’est pas manifestement pas encore le cas aux échelons inférieurs.

A moins que, compte tenu de la couleur politique qui prévaut aux différents niveaux, cette attitude révèle sinon l’irresponsabilité du moins la grande confusion dans laquelle se trouvent les Socialistes face à la question des déficits !
Cela dit, soyons un peu indulgent, il doit-être particulièrement difficile à un parti qui fait le père Noel en toutes saisons, d’imaginer que ses promesses de distributions à tout va sont faites à crédit, en clair qu'elles ne seraient que du vent …d’où la confusion !