C'est comme si, dénoncer un fraudeur, un malfaiteur, voire un assassin, dans notre démocratie, avait le même sens et les même conséquences que de dénoncer un opposant politique à une dictature et ainsi de l’envoyer à la mort !

Je m’étais fait la même réflexion face à la réaction de Jean-Pierre Elkabach lorsque Besson avait parlé d’inciter les immigrés clandestins à dénoncer leurs passeurs !... « C’est de la folie » !!!! ….s’était-il exclamé !

Peu importe que des gens profitent de la misère humaine pour s’enrichir, les dénoncer afin de les empêcher de nuire, rappelle trop les heures les plus sombres de notre histoire comme on aime à dire !

Il faut arrêter de faire de la dénonciation un acte immoral voire quasi criminel et de toujours le rapporter à celle des Juifs pendant la 2ème guerre !

Derrière cette image de marque déplorable de la dénonciation, se cache un choix systématique en faveur du malfaisant et au détriment de l'autorité et donc de la collectivité !

Un peu comme si chacun se disait mais sans trop se l’avouer, on ne sait jamais, ça pourrait me servir un jour de pouvoir transgresser la Loi sans risquer de me faire dénoncer par mes concitoyens !

C’est de cette manière que les corses protègent leurs poseurs de bombes ou leurs tueurs de préfets, les banlieues leurs voyous caillasseurs voire leurs tueurs de flics ou les contribuables honnêtes, les fraudeurs !

Peu importe que les fraudes ou méfaits ainsi camouflés se fassent au détriment de la collectivité, peu importe que le bien public soit saccagé, que les voyous puissent continuer à sévir en toute impunité ou que les impôts augmentent parce que certains ne contribuent pas à l’effort collectif, peu importe donc, que certains, en ne respectant pas les règles pénalisent tous les autres, la dénonciation, que l’on préfère appeler délation comme pour en marquer encore un peu plus la vilénie, est considéré comme la dernière des ignominies à laquelle tout citoyen honnête devrait éviter de s’abaisser !

Bien évidemment, il ne faut pas être naïf, les dénonciations sont probablement fréquemment motivées par quelques arrières pensées peu avouables, pour autant, pourquoi l’autorité, même sachant cela, devrait-elle se priver de ce moyen pour faire respecter la Loi...avec toutes les précautions que cela suppose ?

Avec cette décision de Baroin, il semble, hélas, que le syndrome du collabo ait encore frappé !