Comment voulez vous qu’un homme politique puisse apporter une réponse qui soit cohérente tout en satisfaisant les préoccupations immédiates d’un chômeur en fin de droits, d’un chef de PME qui se plaint de ses charges ou d’une petite vieille qui à la trouille permanente de se faire agresser ?

Sur les grandes questions qui préoccupent chacun de nous, il n’y a ni réponse simple, ni réponse immédiate !

S’y confronter expose le politique soit à faire comme Mitterrand, c'est-à-dire à se laisser aller à un aveu d’impuissance du type « Face au chômage on a tout essayé ! », soit comme Chirac qui en 2005, face à des jeunes auxquels il voulait parler d’Europe, et qui le questionnaient sur l’adoption par les homosexuels ou respect de l’environnement, a fini par lâcher « Votre pessimisme, je ne le comprends pas. Ça me fait de la peine ! » !

Par essence ce genre d’émission consiste à ramener à son cas particulier un sujet d'ordre général : c'est la mise en avant de l'intérêt particulier sur l'intérêt général, c'est la supériorité de l'individualisme sur la réflexion politique qui ne peut s’appréhender et se comprendre qu’avec une base théorique dont beaucoup semblent manquer !

Alors de deux choses l’une, soit le Président répond selon une rhétorique rationnelle, à des interlocuteurs dominés par une logique émotionnelle et il ne sera pas compris, et accusé d’être loin des préoccupations des français, soit il se place sur le même plan, faisant jouer empathie et apparent volontarisme, et il ne pourra que répondre de manière simpliste provoquant au bout du compte désillusions, déceptions et rejet des politiques !

Cette émission n’a donc aucun intérêt, sauf à permettre avec la bienveillante complicité de Pernaut, à Sarko d’exprimer, encore une fois, son talent dans l’usage du langage simple, volontariste et qui fait plus appel à l’émotionnel qu’à la réelle réflexion politique…un sorte de Sarkoshow télévisuel !