Par charité chrétienne, je ne reviendrais pas sur sa promesse faite aux Bordelais, en 2008 : "Je serai un maire à plein temps sans aucun autre mandat électif" disait-il !...et pour faire oublier cette fausse promesse, voilà qu’il balance sans rire à ses administrés que « entre Bordeaux et Paris, il n'y a que 50 minutes de vol » !

Non, le plus grave c’est que voilà quelqu’un qui affiche avec fierté le fait qu’il n’assure ni sa fonction ministérielle ni sa fonction de maire à plein temps et qui nous dit benoitement qu’il va joyeusement mélanger l’intérêt général qu’il est censé servir en tant que ministre et l’intérêt particulier des bordelais qu’il est censé servir en tant que maire de Bordeaux !

A ceux qui se disent que j’exagère, je rappellerais ce que l’on pouvait trouver sur son site alain-juppe.com en 2007 lorsqu’il a été appelé à être le très éphémère ministre de « l'Ecologie, du Développement, et de l'Aménagement durable» :

« Par le passé, j’ai exercé d’importantes fonctions nationales, et j’ai pu mesurer l’importance d’une étroite synergie entre Bordeaux et Paris. J’ai pu donner à l’époque l’impulsion à notre projet urbain ambitieux dont nous voyons les résultats. Je suis conscient qu’il reste beaucoup à faire, et je suis certain que mon portefeuille ministériel sera positif pour Bordeaux et son agglomération ».

Difficile d’être plus explicite !

Voilà un des personnages les plus éminents de l’Etat qui va dire, sans aucun scrupule, à ses électeurs « élisez moi parce que je profiterai des prérogatives que me donne mon mandat national pour favoriser vos intérêts locaux ».

Et manifestement, 4 ans plus tard, Juppé ne voit toujours pas ou est le problème !
Lorsque Fillon a eu le malheur de suggérer qu’il sera, par la force des choses, « moins présent » dans sa ville, Juppé trouve le moyen de monter sur ses grands chevaux en balançant ses petits camarades :

« Aujourd'hui il n’y a aucune règle qui interdise à un ministre d’exercer un mandat local, le nombre de mes collègues dans ce cas est considérable, y compris François Fillon qui doit toujours être président d’une communauté de communes dans la Sarthe »

Heureusement, la « Commission de réflexion sur la prévention des conflits d'intérêts dans la vie publique » qui a récemment remis son rapport, elle, le voit le problème et elle préconise, notamment d'interdire aux membres du gouvernement d'avoir en même temps un mandat d'exercice local.

Malheureusement, il y a fort à parier que cette préconisation reste lettre morte lorsqu’on connait le passé de joyeux cumulard de Sarkozy, lorsqu’on sait qu’à chaque élection locale, les ministres ont la quasi obligation de s’engager dans la campagne pour briguer un mandat et surtout lorsqu’on devine les résistances qui vont y être opposée par tous ceux, et ils sont nombreux, qui usent et abusent du cumul !

Mais au moins face à cette proposition, Sarkozy et l’assemblée vont bien être obligés de se prononcer et j’attends avec une impatience difficile à dissimuler leur décision !