Pour justifier leur refus de participer au débat, celles-ci n’ont fait que crier à la « stigmatisation » et expliquer qu’il n’y avait pas de problème donc pas de raison de débattre !...un peu facile !

« Les musulmans de France ne comprennent pas et n'acceptent pas que certains, ouvertement ou insidieusement, mettent en doute leur adhésion pleine et entière aux valeurs de la République » (Communiqué du Conseil français du culte musulman du 21 mars).

J’avais trouvé cette justification pour le moins spécieuse, c’est, au contraire, parce qu’ils ne comprennent pas pourquoi « certains » mettent en doute, non pas fondamentalement leur « adhésion pleine et entière aux valeurs de la République », mais leur manière de les interpréter ces valeurs de la République, qu’une explication s’impose ! ...au lieu de ça ils se posent en victimes de médisants malfaisants !

Bon, j’en étais donc à ma première réaction, que l’on va qualifier de circonspect vis-à-vis de ce qui semblait n’être qu’une preuve de solidarité interreligieuse.

Pour autant, j’ai lu attentivement cette tribune, d’autant plus facilement qu’elle n’est pas trop longue, et j’y ai retrouvé des propos auxquels j’adhère parfaitement et qui rejoignent ce que j’ai pu exprimer dans un précédent billet.

En effet, outre un vibrant et répété plaidoyer pour la laïcité présentée comme un des « piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble », on y trouve un rappel de l’importance du débat et du dialogue pour faire vivre notre démocratie : « Le dialogue est toujours une nécessité. Il a un rôle majeur dans une société libre, démocratique et respectueuse de la personne humaine » !!!...et on y trouve surtout, l’idée que ce débat, il existe depuis des années, sous la forme de colloques, rapports et autres séminaires et qu’il s’est concrétisé à travers moult textes, décrets et circulaires qui encadrent déjà la pratique de la laïcité en France !

C’est exactement ce qui constituait le thème de mon précédent billet qui, en résumé, concluait que sans nier que des problèmes existent, nous ferions mieux d’essayer de les régler avec ce dont nous disposons qui n’est pas négligeable, plutôt que de balancer dans la nature l’idée d’un débat qui ne peut que partir dans tous les sens et prêter à de fâcheux dérapages !

En conséquence, je partage tout à fait la belle conclusion de cet œcuménique libelle :

« Le devoir de ceux qui sont « en responsabilité » consiste à éclairer le chemin et à élaborer des solutions conformes au bien de tous. N'ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons. Nous militons ensemble pour une laïcité de bonne intelligence. »

Voilà qui est bien dit, mais éclairer le chemin, ceux qui sont en « responsabilité » ce n’est pas leur fort, si je me laissais aller à un jeu de mot facile (mais ce n’est évidemment pas mon genre) je dirais que c'est probablement parce que ce ne sont pas des lumières !


Addendum :

Et puisque j’y suis, je rajouterais à mon satisfecit sur cet avis collectif, un autre sur les propos tenus respectivement par François Bayrou et de Bruno Le maire qui ont le mérite, de contester le débat sous cette forme sans, contrairement à beaucoup, pousser des cris d’orfraies hystériques.

« Ce serait un bon signe, un signe d'apaisement et de sagesse, de dire: écoutez, puisqu'il y a tant d'incompréhensions autour de ce débat, on va le reporter, on va faire en sorte que les représentants des religions y prennent une responsabilité, et ça ne sera plus un débat partisan, ça sera un débat de la Nation, par exemple à l'Assemblée » (François Bayrou sur RMC)

« Arrêtons d'employer des mots qui blessent. Si on s'engage dans cette voie, nous n'irons jamais assez loin. La République aujourd'hui a besoin de paroles de paix. C'est comme cela que nous trouverons des solutions aux problèmes des Français. » « Mais quel que soit le thème que l'on aborde, quelles que soient nos positions respectives, il est essentiel d'avoir à chaque fois des mots de paix et de rassemblement. Nous, responsables politiques, nous ne sommes pas là pour déchirer, mais pour coudre et pour recoudre. Sans stigmatiser. En favorisant le dialogue (..) Il faut retrouver la voie du dialogue et faire tomber les murs qui se dressent aujourd'hui en France.» (Bruno Le Maire dans Les Echos du 30 mars)