Parce que contrairement à ce que tous les opposants à Sarkozy se complaisent à affirmer, celui-ci avait effectivement énoncé des conditions : « d’abord, nous créons plus de richesses marchandes» avait-il bien précisé. Même si cette partie du discours n’a que trop rarement été mise en avant, elle a néanmoins été très vite oubliée par les électeurs à la mémoire très sélective.

D’une manière générale, en campagne électorale, se cumulent 2 phénomènes, un discours des candidats qui pour être attrayant en escamote largement la partie « désagréable » et la traduction optimiste et simpliste qu’en font des électeurs et les médias.

Ce qui est malheureux c’est que 3 ans et demi plus tard, à écouter les uns et les autres, on a vraiment l’impression qu’aucune leçon n’a été tirée de cette malheureuse expérience tant à Gauche qu’à Droite.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce ne sont pas les idées qui manquent pour rétablir un pouvoir d’achat réputé en berne. Assez hétérogènes évidemment, il ne s’agirait pas de balancer la même suggestion que nos adversaires politiques mais elles ont néanmoins, toutes, au moins 2 points communs, celui d’être inefficaces et insuffisantes et pour cause, aucune ne traite le problème de fond !

Entre la très hypothétique prime indument appelée de 1 000 euros, espèce d'usine à gaz au montant très incertain qui ne s’adressera qu’aux salariés des plus grosses boites c'est-à-dire à ceux qui sont déjà les mieux lotis tout cela aux frais du contribuable, le ridicule « panier des essentiels » de Lefebvre, le blocage des prix que ce soit celui de l’essence, des loyers ou de celui de « 50 produits alimentaires et d'entretien » (sic Royal) dont on sait que cela ne peut être que provisoire et que cela n’a jamais rien résolu ou encore une revalorisation conséquente du SMIC, tout le monde y va de ses propositions démago et dérisoires !

Rien pour traiter le fond de la question, rien sur le seul moyen d’y arriver c’est à dire comme l’a dit Sarkozy en 2007, rien sur la manière de « collectivement enrichir notre économie » !
Uniquement des solutions bout de ficelle, du rafistolage pré-électoral, du bricolage à la petite semaine qui ne pourront, encore une fois, que décevoir les quelques naïfs non encore échaudés.

2012 approche et nous avons d’un côté notre président/candidat qui, dans un vain baroud d’honneur, essaye de faire illusion en balançant à la va vite des mesures à moitié bidon et dont on est en droit de se demander pourquoi il ne les a pas prises avant puisqu’elles sont si bonnes !

(De toute façon, il faudra bien que quelqu’un aille lui expliquer que personne n’y croit plus depuis longtemps.)

Et en face, nous avons la Gauche qui, au lieu de faire des propositions censées, tire sur l’ambulance gouvernementale en répétant inutilement et stérilement « voyez comme ils ont échoué à rétablir votre pouvoir d’achat malgré leurs promesses » !

Tout cela n’est pas bien engagé, manifestement personne dans notre classe politique n’a trouvé la solution miracle sauf peut-être ceux que l’on n’a pas encore entendu, ils ont le bénéfice du doute.

Il reste à espérer que tout ce petit monde va se reprendre et tenir un langage de vérité aux français en leur expliquant que le pouvoir d’achat n’est que la résultante d’une économie qui crée de la richesse, point basta !...sinon ce ne seront que déceptions et frustrations !

Ensuite, comment la créer cette richesse puis la répartir, c’est une autre question, c’est même les principales questions auxquelles nous attendons d’eux des réponses …mais là, pour y répondre, il va falloir trouver autre chose que de demander à TOTAL de prendre à sa charge la hausse du prix du baril de pétrole !

Mais comme l’a dit Nicolas (pas moi, un autre), dans un élan d’honnêteté intellectuelle qui l’honore d’autant plus qu’il s'agit d’un sympathisant Socialiste, c’est facile pour le blogueur d’écrire « la classe politique doit » quand il n’a pas, lui-même, la solution.