Sur Europe c’est donc Valls qui était interrogé sur les incidents de Corbeil qui a eu droit en prime à la question à la con...question à laquelle il n’a pas répondu, renvoyant valdinguer le journaliste dans ses 22 mètres en lui rappelant qu’il n’avait pas été sollicité pour répondre à des questions comme celle là !

Sur Canal, c’est Ségo, qui s’en est sorti un peu moins brutalement en rappelant qu’elle avait déjà annoncé qu’elle ne souhaitait plus s’exprimer sur cette affaire.

La question est très significative de certaines pratiques journalistiques en cela qu’elle cumule plusieurs tares.

La première et pas la moindre est qu’elle n’a aucun intérêt ! …Pour peu que leurs interlocuteurs aient acceptés de répondre, et ils ont bien fait de ne pas le faire, qu’auraient t’on apprit d’intéressant de leur réponse ?....rien, strictement rien !

Mais faute d’éléments vraiment nouveaux sur cette affaire, il faut bien faire avec ce que l’on a pour continuer à vendre du DSK !

La seconde tare, c’est le coté insidieux sinon perfide de la question.

Le système judiciaire américain est fait de telle manière que pour se défendre, il faut attaquer et quand on dit attaquer, on ne parle pas d’attaques d’opérettes, non, c’est du lourd, du très lourd et souvent du très méchant !

A partir du moment où DSK choisissait de nier les faits, il n’avait pas le choix, il lui fallait aller au bout des choses. Pas de place pour la morale.

Répondre à la question posée par les journalistes reviendrait, soit à dire, « c’est normal, il est innocent et il à raison de se défendre contre son accusatrice », soit il est coupable mais « il a raison de tout faire pour minimiser sa peine », soit il est coupable et « il à tort de rajouter l’ignominie à l’horreur de son acte » !

Dans tous les cas, répondre à cette question présuppose non seulement de préjuger sur son innocence ou sa culpabilité mais également de porter un jugement moral sur son choix de défense.

Comment peut-on demander à un homme (femme) politique de se prononcer de cette manière ???

Enfin, pourquoi interroger uniquement des membres du Parti Socialiste si ce n’est que de sous-entendre qu’ils ont une forme de responsabilité dans le présumé crime commis par DSK !

En leur posant la question de cette manière, c’est comme si on voulait leur donner l’occasion de se démarquer de DSK, une sorte de perche sournoisement tendue, qui permettrait ensuite aux journalistes de titrer « Le PS accable DSK » ou « Le PS laisse tomber DSK » voire même « Le PS prend enfin ses distances avec DSK » !

Et le pire, c’est qu’en posant cette question, les journalistes ont l’impression de faire leur boulot, comme si, fort critiqués à tort ou à raison pour avoir fermé les yeux sur les agissements du bonhomme, ils voulaient se rattraper en se posant en grands inquisiteurs moraux sur le dos du PS !

Tout cela est bien nul !