Il confirme parfaitement mon opinion qu’une élection présidentielle est une chose trop sérieuse pour être laissée entre les seules mains des sympathisants socialistes.

Un vote assez massif de tous les citoyens qui se reconnaissent «dans les valeurs de la Gauche et de la République, dans le projet d’une société de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès solidaire. » mais qui ne se ne se considèrent pas pour autant dans la gauche française (et ça fait du monde) aurait certainement permis d’éviter de courir le risque d’avoir à choisir entre la peste et le choléra. Pas facile pour tout le monde, je sais, mais pour autant je persiste à penser que cela aurait été bien utile à tout le monde.

Deuxième remarque, je ne vois pas bien comment le PS va pouvoir sortir indemne de tout cela.

Je ne reviens pas sur le score de Montebourg qui démontre qu’une part (trop) importante des sympathisants du PS est sur une ligne beaucoup plus proche de celle du Front de Gauche que de celle d’Aubry ou de Hollande, mais sur l’étroitesse de l’écart qui sépare Aubry et Hollande.

Ce faible écart va logiquement amener les 2 candidats à se battre comme des chiffonniers pour finir en tête.

D’ailleurs, la castagne a déjà commencé puisque j’ai entendu, dès ce matin, Cambadélis (soutien d’Aubry) commencer à essayer de tirer parti du soutien de Valls à Hollande en demandant à ce dernier d’indiquer ce qui les rapprochent. Un petit peu comme si Marine Le Pen avait annoncé publiquement qu’elle soutenait Hollande.

Cette manière de traiter Valls de mouton noir du PS et d’en faire un boulet pour celui qu’il soutien est tout à fait dans la lamentable logique de Montebourg dont j’ai dis tout le mal que je pensais dans mes 2 précédents billets. On perçoit bien la stratégie cousue de fil blanc des aubristes, consistant à considérer leur pouliche comme la seule représentante de la vraie gauche, la seule qui vaille !

Gageons que les « gauche molle » et autres « Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu'il aurait réalisée en trente ans de vie politique ? » vont voler bas cette semaine.

Je suis déçu par le score de Valls mais pour autant, il ne me surprend guère. Le PS n’est pas encore près à sortir de son état d’esprit manichéen qui lui interdit de comprendre que pour faire dans le social et la solidarité, il faut, d’abord, s’en donner les moyens. Plus généralement, ce score comparé à celui de Montebourg me laisse penser que le système des primaires favorise celui qui a les discours les plus gauchisants et plus généralement les plus clivants. Une compétition au sein d’un même courant de pensée amène nécessairement, pour se distinguer, à dire à ceux qui vont voter, c'est-à-dire les plus « militants », ce qu’ils ont envie d’entendre. On aurait mis tous les candidats sur la même ligne au premier tour d’une élection nationale, les discours auraient été différents afin de ne pas rebuter la large frange des modérés.

Pour cette raison, je crains qu’Aubry ne l’emporte, d’autant que c’est certainement elle qui aura le moins de difficultés à donner des gages de bonne gauchiste à Montebourg afin d’obtenir son ralliement.

La primaire a sans conteste été une réussite, elle a donné un grand bol d’air frais à la vie politique française, pour autant je crains qu’elle ne débouche sur rien d’autre qu’un retour vers le ….passé !

Enfin, j'ai une petite et sincère pensée (si, c'est vrai) pour la malheureuse madone du Poitou et pas d'ailleurs, et comme suggéré dans mon précédent billet j'espère que ses proches sauront la soutenir dans ses moments fort difficiles.