Certes, beaucoup, fort des expériences précédentes, jugèrent qu’il était plus prudent d’attendre un peu avant de sortir champagne, roses et cotillons et…..ils firent bien !

Ils firent d’autant mieux qu’il n’a pas fallut attendre bien longtemps pour que le candidat putatif à la popularité gargantuesque, se révèle être plus proche du pervers pépère que du père de la Nation !

Il a fallut attendre encore moins longtemps pour comprendre que le beau Projet du PS approuvé dans une très belle unanimité, s’appuyait sur une hypothèse de croissance quasi grotesque et qu’en conséquence il était mort-né.

Alors qu’on aurait pu imaginer le pire, François Hollande réussit l’exploit, pendant l’été, à la fois de faire oublier DSK et le projet du PS. Grâce à quelques propos plutôt censés, à une silhouette affinée et à une prise de hauteur, il réussit à faire oublier l’image du consensuel mou et sans trop de personnalité que son passage à la tête du parti lui avait collé dans le dos.

Puis ce fut l’épisode de la primaire !

Reconnaissons que ce fut un bel exercice de démocratie. Malgré les déboires de l’ex futur candidat du PS et un projet inepte, la primaire permit au PS de monopoliser l’actualité politique pendant 1 mois. Sans être transcendant, le débat fut de bon niveau …pour un débat entre socialistes.

A l’arrivée, le choix de Hollande permit de penser que tout allait repartir comme en 14 81.

Pourtant, malgré son succès médiatique et populaire, cette primaire qui devait propulser le candidat Hollande dans les hauteurs de la campagne présidentielle, provoqua un certain nombre de dommages collatéraux.

Tout d’abord, elle révéla des désaccords de fond au sein du PS, qui finirent d’abattre la belle unanimité factice qui avait soit disant prévalu lors de l’adoption du projet. Plus fâcheux, elle contribua à fragiliser le projet du candidat Hollande. Certes il a été choisi par la majorité de presque 3 millions de votants mais son image n’en est pas sortie extrêmement grandie. Peu percutant, se contentant de tricoter autour de 2 ou 3 idées discutables et complètement démolies par Aubry, soutenu du bout des lèvres par Montebourg et uniquement parce qu’il détestait encore plus Martine, on ne peut pas dire que Hollande ait fait un effet bœuf !

Mais bon, à la sortie de cette élection, il continuait à bénéficier d’un beau succès d’estime.

C’est donc tout fier de sa bonne fortune et se voyant déjà président à la place du président, que le candidat Hollande se mit à commenter systématiquement tous les faits et gestes de Sarkozy et de son gouvernement.

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce ne fut pas toujours extrêmement heureux. Dans la critique systématique, il est apparu plus dans la peau d’un chef de parti d’opposition que dans celle d’un futur président. De plus, son air de « c’est sur, c’est moi le futur président de la république française » commence tout doucement à lasser.

A cela, il faut ajouter l’épisode européen et G20tesque de Sarkozy. Clairement, comme je l’ai déjà exprimé, Super Sarko n’a pas sauvé le monde mais il a bien aidé l’Europe. Il s’est impliqué avec force et pugnacité et s’est montré à la hauteur de sa fonction présidentielle dans une période très difficile.

Pour Hollande, et sans évidemment que ce soit fatal, l’euphorie de la primaire laisse place au doute.

Et ce doute est largement entretenu par le reste de la gauche qu’elle soit rouge ou verte.

Bien évidemment, ce fut le père tapedur Mélenchon qui ouvrit le tir avec son style habituel, et traita Hollande de « capitaine de pédalo » dans « une saison des tempêtes ».

Déjà que beaucoup peuvent considérer qu’on ne change pas de capitaine en pleine tempête, si il faut le faire, ce n’est certainement pas pour troquer un capitaine au long cours pour un capitaine de pédalo !

Le problème, c’est que la sortie de Mélenchon n’est pas qu’un bon mot au dépend du candidat PS, elle contribue à renforcer le doute auprès de beaucoup, Hollande est-il capable d’assumer la fonction dans les circonstances actuelles ?

La crédibilité face à la crise est le seul atout de Sarkozy face à Hollande, en enfonçant Hollande dans cette image d’ex gros mou qui n’a jamais rien prouvé, Mélenchon lui donne le coup de pied de l’âne.

Et comme si ça ne suffisait pas, voilà qu’intervient le pitoyable épisode des tractations avec les Verts. Avec ces discussions, le PS a fait tout ce qu’il ne fallait pas faire.

Ils sont rentrés dans un jeu de petites combinazione électorales avec des Verts qui font tout pour obtenir du PS à la fois qu’il se dédise sur le nucléaire et qu’il lui octroie un nombre de députés sans commune mesure avec le score que fera Eva Joly. Le beurre et l’argent du beurre. Et le PS, grand nigaud, de se faire mener par le bout du nez.

Résultat les Verts, qui rappelons le n’ont actuellement que 4 députés, en obtiennent entre 25 et 30 en cas de victoire de Hollande !

Cerise sur le gâteau, Cécile Duflot se place à Paris via la circonscription la plus à gauche de Paris (69,1 % en 2007).

Par-dessus le marché, les Verts obtiennent la fermeture « progressive » de 24 réacteurs et l’arrêt « immédiat » de Fessenheim. De plus, ils ont l’assurance qu’aucun nouveau projet de réacteur « ne sera initié » !

Pire encore, il semble qu’ils aient obtenus l'abandon de la filière de retraitement des déchets et de la fabrication du Mox. Mais, là Hollande, pour ne pas avoir l’air de s’être trop déculotté, a du dire à ses négociateurs, « non les gars, là ça fait trop, ça va finir par se voir qu’ont s’est fait empapaouter jusqu’à la moelle » et eux de lui répondre « bon, ben, on n’a qu’à faire comme si on avait rien promis, on vire le MOX du document, avec un peu de chances ils n’y verront que du feu ».

Ils n’ont pas eu de chance, les autres ont tout de suite remarqué qu’il y avait un trou dans le texte avec des traces de Typex dessus !

Là encore, au-delà de la petite tractation électorale qui n’honore ni les uns ni les autres, il y a cette impression laissée par l’affaire, que, le PS et à travers lui Hollande, manquent de convictions et de fermeté ce qui dans des situations difficiles est pour le moins problématique !

Et ça ne peut qu’entretenir le doute sur sa capacité à assurer la fonction.

En résumé, alors qu’il y a moins de 6 mois, toutes les conditions étaient réunies pour que le candidat du PS s’impose les doigts dans le nez et la rose à la main face à un Sarkozy complètement à la ramasse, voilà qu’ils réussissent l’exploit, bien aidé par les Verts et Mélenchon, d’affaiblir leur candidat et de remettre Sarkozy dans la course !

Bravo le PS, bravo la Gauche !

On s’en doutait déjà un peu que c’était trop beau pour être vrai, mais là on en a la confirmation, la Gauche est capable de perdre les prochaines élections. Si c’est le cas, ça sera un très bel exploit qui vaudra à la gauche française le titre, bien mérité, de gauche la plus bête du monde !