2 – Son passé
« le point faible de François Hollande, c’est l’inaction. Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisée en 30 ans de vie politique » (Ségolène dans Le Figaro du 8 septembre 2011)

Il n’y a en effet, pas grand-chose dans le passé de François Hollande qui permette de considérer qu’il fera un bon président de la république française. Il n’a jamais assumé de responsabilités de haut niveau dans la vie publique, et l’essentiel de ce qui ressort de son CV c’est son poste de Secrétaire Général du PS. Or, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’épisode ne fut pas des plus glorieux. Certes, cornaquer un troupeau d’éléphants égocentriques en perpétuelle concurrence et qui n’en font qu’à leur tête est une tache particulièrement délicate, mais François Hollande n’a fait que laisser le PS dans l’état peu brillant ou il l’avait trouvé plus de 10 ans auparavant. L'épisode navrant du référendum de 2005 en est un exemple frappant.

En bref, sauf à considérer que supporter Ségolène Royal pendant tant d’année constitue un exploit en soi, rien dans son passé ne laisse supposer qu’il a les qualités requises pour gouverner la France.

3 – Les incertitudes sur son caractère
Il se dit que l’homme est intelligent, drôle et très agréable, pour autant cela suffit-il pour endosser avec succès les habits d’un chef d’Etat ?...la réponse est dans la question, non !
Si on en croit ses "petits copains" du PS, Flanby, Monsieur petites blagues ou fraise des bois, n'a clairement pas la carrure pour assumer une telle responsabilité.
Pour le moment, et le dernier épisode des tractations avec les Verts semble le confirmer, il semble plus être un homme de consensus qu’un homme de décision et de fermeté. Or, autant la recherche du consensus est louable (ce que manifestement n’a pas compris Sarkozy) autant le consensus à tout prix, au risque qu’il se fasse sur le plus petit dénominateur commun, peut être un frein important au changement. Or, des réformes, souvent difficiles, devront être décidées pour permettre à la France de sortir de la difficile situation économique dans laquelle elle se trouve. L’expérience montre que dans ces situations, il faut savoir trancher avec fermeté, saura t’il le faire, pour le moment j’en doute !

4 – Ses partenaires politiques
Ce troisième point rejoint le second. On le sait depuis longtemps, la primaire l’a encore démontré, au sein du PS des courants porteurs d’idéologies très différentes se côtoient. Si on y ajoute les Verts et pourquoi pas le Front de Gauche qui aura monnayé son désistement au prix fort, Hollande devra concilier une multitude de points de vue souvent beaucoup plus à gauche que lui. Compte tenu de ce que j’ai exposé au point 2, le risque est clairement qu’il cède sur des points importants à des gens avec lesquels je suis en profond désaccord (Hamon, Montebourg, Mélenchon, les Verts…).

5 – Il ne sera pas nécessairement soutenu par sa propre majorité
Ce point est le corolaire des précédents.
On sait la manière dont il est considéré par les autres éléphants roses, on connait la rigidité des Verts qui une fois qu'ils auront eu leur groupe à l'Assemblée, ne lui feront pas de cadeaux et ne parlons pas du Front de Gauche dont le représentant passe plus de temps à agresser Hollande que Sarkozy.
Je suis persuadé que si Hollande a été choisi lors de la primaire, ce n'est pas dans un grand élan d'adhésion à l'homme et à ses idées, (il n'y a rien dit d’intéressant), non, c'est simplement et uniquement parce que les sondages le donnaient le plus largement gagnant face à Sarkozy.
Si à cet isolement on ajoute les incertitudes sur sa capacité à s'imposer et l'impatience d'une grande partie de la Gauche d'imposer ses idées anticapitalistes, anti-riches et anti-entreprises, la gouvernance de Hollande risque d'être pour le moins difficile.

6 - Son projet
L’appellation projet est un peu présomptueuse dans le cas de Hollande mais il faut avouer qu’il annoncé qu’il le dévoilerait qu’en Janvier 2012. Pour autant, le bonhomme a bien été obligé de dévoiler quelques idées phares ne serait-ce que pour la primaire. Et là, il faut bien le dire, rien de fameux !...entre les 60 000 postes dans l’Education Nationale, faire payer les riches, le protectionnisme ou le contrat génération dont Aubry elle-même s’est demandé comment il allait le financer (8 milliards d’euros en allégement de charges avec tous les effets d’aubaine lié à ce genre de bidule), on ne peut pas dire qu’il y ait de quoi s’enthousiasmer !
Or, la situation dans laquelle se trouve la France ne donne aucun droit à l'erreur. Ce n'est pas après avoir plombé les comptes de la France par des dépenses supplémentaires qu'il faudra se demander comment on va les financer. Et si l'idée très socialiste est de ponctionner les riches jusqu'à la moelle pour résorber le déficit, rapidement on n'en sera plus à vainement tenter de sauvegarder le triple A mais à espérer qu'on ne nous dégrade pas notre BB- .

7 – Ses non dits, ses flous
Le point 6 est le pendant du précédent.
Il faut reconnaitre à Hollande le mérite d’avoir clairement annoncé qu’il réduirait les déficits mais par contre, rien sur la manière de procéder. Il faut dire qu’annoncer de la rigueur alors qu’on a accusé le gouvernement d’étrangler les français sous prétexte qu’il a décidé de ponctionner 2 centimes sur chaque canette de COCA et qu’il a relevé la TVA sur la restauration d’1 point et demi, ça la fout mal !...du coup, le flou total !
Comme disait la grand-mère de Martine, quand c’est flou c’est qu’il y a un loup !
Sur beaucoup d’autres sujets il reste également dans le vœu pieux comme par exemple la manière dont il va procéder pour favoriser l’investissement des PME ou encore comment il va augmenter le pouvoir d’achat.

8 – Il est socialiste
Même si il est loin d’être le pire en la matière, Hollande est quand même un des leaders, et depuis longtemps, de ce parti Socialiste, avec tous ses archaïsmes. Le Parti Socialiste n’a pas encore tout à fait compris que pour distribuer il faut générer de la richesse et que ce sont les entreprises qui la génèrent cette richesse. Les Socialistes prétendent depuis toujours fournir une protection aux français en les confortant dans cette croyance qu’il n’y a pas d’efforts à faire sauf évidemment pour les plus riches. C’est sur la base de cette mentalité que les 35 heures ont été instaurées et qu’ils promettent de revenir à la retraite à 60 ans. Sa célèbre sortie « j’aime pas les riches » est particulièrement révélatrice de cet état d’esprit. Le problème c’est que maintenant que tout le monde a compris qu’on ne pouvait plus vivre à crédit, ils sont emmerdés parce qu’ils ne peuvent plus faire leur promesses inconsidérées du type demain on rase gratis….d’ou le flou signalé plus haut !

9 - L’absence de perspectives
Il ne fait pas rêver Hollande, c’est clair, mais dans les circonstances actuelles, faire rêver et souvent synonyme d’entourloupe. Pour autant, ce qu’on attend d’un président de la république, c’est qu’il ouvre des perspectives au pays, qu’il ait une vision à long terme, qu’il définisse des axes forts. Or, à ce jour, rien de tout cela. Il est soit resté dans le commentaire critique et négatif de l’action de Sarkozy soit dans la proposition concrète plus ou moins réaliste. Le plus gênant, n’est pas nécessairement qu’il ne nous ait pas encore produit un projet de haut vol, mais c'est que l’on a du mal à imaginer qu’il puisse en produire un. Sans aller jusqu'à espérer un nouveau De Gaulle on est en droit d'attendre d'un Président de la République, surtout dans ces temps difficiles, qu'il prenne un peu de hauteur.

10 - Il s’y croit déjà

« Je ne suis pas un contre-président, je suis le prochain ! » (Libé du 7 novembre).

A la fois dans sa posture et dans ses propos, il s’y croit déjà, il est le futur président de la république !
Le problème, c’est que c’est pour le moins prématuré. Cette manière de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, comme une sorte d'auto-proclamation est au mieux exaspérante, au pire insultante pour les électeurs. Ce n'est évidemment pas le plus essentiel, mais ce point à mettre à son débit.

En conclusion, bien évidemment, il faudra comparer les soldes crédits moins débits des candidats en lice, mais sans préjuger des résultats de cet exercice et évidemment sans être trop lourd, il me semble qu'il y a clairement un meilleur choix à faire que Hollande lors de la prochaine présidentielle….tiens, Bayrou par exemple, très bien Bayrou :)

Bon, je sais que c'est une chaine et que je suis censé passer le relai à d'autres petits collègues, mais comme je me vois mal solliciter quelques uns des nombreux left blogueurs qui trustent la blogosphère politique, et que les quelques blogueurs sinon de Droite du moins non marqués à Gauche ont déjà été mis le coup, je me contenterai de faire des liens vers ceux-ci. Allez donc voir ici, , ou encore et (désolé pour ceux que je n'aurais pas vu).