1 - Son succès populaire. Un film aussi consensuel, qui fait rire et émeut les foules, est soit idéologiquement vide, l’émotion de masse qui abêtit, soit pire encore le véhicule sournois d’une pensée réactionnaire. Le cinéma opium du Peuple.

Quelques extraits de provenances diverses :
« Le beau et plat pays des __Bisounours__ raconté par un film terriblement gentil »
ça aussi: « Un film religieux, sans autre Dieu que la richesse qui a permis cette rencontre. Un film parfaitement réactionnaire. »
ou bien ça: « La dictature de l’émotion comme cache-misère de l’absence totale de pensée »
ou encore un excellent: « Intouchables est ainsi une sorte de propagande voilée des politiques sociales de Nicolas Sarkozy. Le succès de ce film montre à quel point la société française lui reste fidèle sur le fond et pourrait annoncer, mieux que d’autres enquêtes d’opinion, celui de l’actuel président dans les urnes de 2012. »

2 – Pas de message politique ou du moins pas d’ « indignez vous ». Qu’est-ce que c’est que ce film qui met face à face un jeune de banlieue au chômage et un rentier millionnaire (milliardaire diront les critiques), sans qu’à un moment ou à un autre l’injustice fondamentale de la situation ne soit relevée, en bref, sans que l’histoire ne soit intégrée dans l’éternel et noble feuilleton de la lutte des classes !

Non, non, je n’exagère pas, constatez vous-même :
« La fable abolit la méfiance qui règne entre classes sociales et la remplace par un mélange de bonhomie et de sans-gêne. »
« Philippe est milliardaire, Driss pointe au Pôle Emploi. Mais on se saura jamais combien ça leur rapporte à l’un ou à l’autre. Ni le montant du salaire octroyé au second pour devenir l’employé du premier. Quant à l’origine de la fortune du tétraplégique logeant dans un hôtel particulier à Paris… Boursicoteur, escroc financier, marchand d’armes, héritier ? »
« Cet enfumage relève d’un marketing qui, bien au-delà d’un film, infeste la production culturelle majoritaire et son commentaire et fait pousser sa mauvaise graine dans le champ de la politique »

Lisez, les critiques, si le cœur vous en dit, et vous constaterez que tout est dans la même veine, une veine que pour ma part je n’aime pas. Je n’aime pas cette manière de vouloir tout intellectualiser, de vouloir tout politiser.

Ce film n’est pourtant qu’une fable, même si la base de l’histoire est vraie. N’en déplaise à tous ces gens, ce n’est pas un tract de propagande pour le NPA ou le Front de Gauche. Chacun y trouve ce qu’il veut, ce qu’il cherche, en l’occurrence pour ma part, 2 heures de détente.

Sa vocation est de provoquer l’émotion, les émotions, et de ce point de vue il est parfaitement réussi. Ce n’est ni un film larmoyant, ni un film exclusivement comique. Et, contrairement à ce que prétendent ces gens, être ému, ce n’est pas être « pitoyable, ricaner et pleurnicher en masse au spectacle payant de ses propres néants et damnations » !

Mais plus grave encore, plus que d’endormir la conscience politique du bon peuple, ce qu’il est surtout reproché à « Intouchables » c’est de diffuser un message réactionnaire, parce que justement, il ne diffuse pas de message politique à consonance marxiste !

La phrase la plus symptomatique en la matière, on la doit à une certaine Marcela Iacub qui après avoir accusé le film d’être « une sorte de propagande voilée des politiques sociales de Nicolas Sarkozy », n’hésite pas à conclure son article intitulé « La preuve par l’œuf », (vous savez l’œuf dérobé par Driss au début du film et rendu à la fin), par un superbe : « Car on sait que si jamais le chef de l’Etat était amené à faire un second mandat, son but sera de rendre chaque œuf volé au lieu d’ouvrir de grands débats afin de savoir qui devrait être considéré comme leur véritable propriétaire ».

Stupéfiant !

Dans l’histoire Driss pique un œuf Fabergé qui avait été offert à Philippe (le milliardaire) par (ou à) sa femme défunte et auquel évidemment il attachait une importance particulière. Philippe évidemment demande, somme toute assez gentiment, à Driss de lui restituer son bien, ce qu’il fait au grand Damme manifestement de cette dame Lacub, qui considère qu’il aurait plutôt fallut que le film engage une profonde réflexion sur qui devrait être considéré comme son véritable propriétaire !

Pas besoin de creuser très profond pour comprendre l’idéologie qui sous tend ce genre de réflexion. Par essence, un riche est un voleur puisqu’il possède des biens qu’il a, d’une manière ou d’une autre, usurpé à la collectivité…on va dire au peuple pour rester dans la ligne.

De ce point de vue, voler un riche n’est qu’un juste retour des choses !

Atterrant !

Oui, on a le droit de critiquer « Intouchables » comme toute « œuvre » culturelle. On est tout à fait en droit d’être à contre courant de l’opinion générale, c’est même souvent une marque d’indépendance d’esprit même si en l’occurrence c’est plutôt une marque d’élitisme d’intellectuel de gauche. On est en droit de ne pas aimer, de le considérer mièvre, trop facile ou bourré de clichés mais ces critiques façon gardien des consciences et sentinelles idéologiques sont à la fois hors sujet, excessives et déplacées.

Cela dit, pour être tout à fait honnête, il faut dire qu’il y a pire encore !...mais si, incroyable mais vrai !

C’est Variety, famous magazine américain, qui coiffe nos bons idéologues sur le poteau en accusant , Intouchables de ....«racisme», rien de moins:
« Bien qu'ils n'aient jamais été connus pour leur subtilité, les réalisateurs et scénaristes français Eric Toledano et Olivier Nakache n'ont jamais produit un film plus offensant qu'Intouchables, qui flirte avec un racisme digne de la Case de l'Oncle Tom, qu'on avait espéré ne plus jamais revoir sur les écrans américains »....je vous avais prévenu, c'est du lourd !

Et le développement est du même tonneau :

« traité comme un singe de compagnie (avec toutes les insinuations racistes que comporte ce mot), qui apprend au blanc coincé à s'amuser, en remplaçant Vivaldi par Boogie Wonderland, et en lui montrant comment on bouge sur la piste de danse. C'est pénible de voir Sy, un acteur joyeusement charismatique, dans un rôle qui se détache à peine de l'époque de l'esclavage, dans lequel il divertit le maître blanc, en endossant tous les stéréotypes raciaux, et de classe».

Ca rassure un peu, il y encore plus inepte que les chroniqueurs de Libé NEXT mais ceux là, au moins, ils sont loin, pour les trouver il faut traverser l'Atlantique !