Et là, on peut dire que ce fut plutôt réussit. Non pas qu’elles furent particulièrement transcendantes, ni vraiment convaincantes, ni suffisantes, mais elles eurent le mérite d’être rassurantes. Finies les vieilles lunes du PS, à la poubelle les belles promesses irréalistes, du balai le projet socialiste, exit les hausse inconsidérées du SMIC, au régime les 300 000 emplois jeunes ou les 10 000 postes de policiers. Comme il ne fallait pas non plus s’attendre à un miracle, on y retrouve quand même son lot de vœux pieux, de taxations et d’incantations irréalistes !

Pour autant, et surtout par rapport à ce qu’on aurait pu craindre de la part d’un éléphant socialiste et à l’aulne des discours auxquels nous ont habitués le PS, ses propositions peuvent être globalement qualifiées de raisonnables.

Ainsi, François Hollande a-t-il en quelques jours réussi à rassurer à la fois sa gauche et sa droite…habile le François !

Habile mais peut mieux faire !

Parce qu’être raisonnable sans désespérer Billancourt ce n’est pas chose facile, surtout pour un socialiste qui n’en a pas l’habitude.

Et François Bayrou le dit parfaitement : « Ce programme est très éloigné de ce qu'il faudrait pour qu'on ait un retour à l'équilibre crédible » …eh bien oui, lever des impôts nouveaux ne suffira évidemment pas pour atteindre le retour à l’équilibre, or aucune mesure d’économie n’est proposée, rien sur la manière de réduire les dépenses, ni du budget de l’Etat, ni de la Sécurité Sociale. Au contraire revoilà des dépenses nouvelles comme la retraite à 60 ans !

Mais ce qui me semble le plus révélateur de la difficulté qu’il y a pour le PS à effacer des décennies de fausses illusions, c’est lorsque François Hollande annonce un quinquennat en deux temps. Le premier serait « celui des réformes structurelles » pour « redresser le pays » et le deuxième permettra d'aller « plus loin dans la redistribution » !

Penser qu’un demi quinquennat puisse suffire pour que des réformes structurelles, déjà insuffisantes, permettent de redresser le pays et nous redonnent les moyens de repartir comme en 14, c'est-à-dire de distribuer à tout va, est un leurre grossier sinon grotesque !

Malheureusement, et ça François Hollande le sait certainement, la seule volonté politique ne permet pas de faire coïncider le temps économique avec le temps électoral.

Allez, encore un effort Monsieur Hollande, il y a encore du boulot pour de raisonnable passer à crédible, pour le moment c’est pas encore tout à fait ça !