Alors qu'Hélène Jouan affirmait pleine d’enthousiasme que Poutou avait « crevé l’écran », FOG se chargea immédiatement de relativiser la chose en qualifiant ce jugement de « trucs de journaliste » et en remettant à sa juste place le candidat du NPA. Une place justement qui dans l’esprit de FOG se situait plus du coté d’une bergerie du Larzac que du Palais de l’Elysée de Paris. Il est vrai qu’on a du mal à comprendre comment un homme, aussi sympathique puisse t’il paraitre, mais qui ne connaît rien à rien, puisse prétendre à diriger un pays, surtout dans un contexte aussi difficile. Sans même évoquer l’inanité du projet qu’il défend.

FOG ne l’a pas dit tout à fait comme ça, mais c’était l’esprit et il a eu raison !

Dans la même veine, Nathalie Arthaud en a aussi pris plein la musette, et pour les même raisons. A son propos FOG a relevé que pour une prof d’économie, promouvoir un programme aussi aberrant du point de vue économique que celui de Lutte Ouvrière faisait « froid dans le dos » !

Entre Poutou et Arthaud ce sont « les bronzés font de l’économie » a-t-il ajouté.

Mais ce n’est pas grave, pour l’extrême gauche, c’est l’économie qui se plie à la volonté politique et certainement pas l’inverse !

Alors évidemment, en bonne journaliste de France Inter, Hélène Jouan, s’est empressée d’accuser FOG de promouvoir une élection présidentielle réservée aux 2 principaux candidats, sous-entendu, de vouloir mettre à mal la démocratie. Cette critique d’ailleurs largement reprise ensuite, par beaucoup sur Internet ou sur Twitter fait partie de ce que j’appelle les critiques castratrices. Surtout ne dites pas qu’il y en à qui n’ont rien à faire dans une élection présidentielle qu’ils n’utilisent que comme tribune pour promouvoir leur idéologie généralement très largement minoritaire. Surtout ne le dites pas vous serez taxé d'élitiste antidémocrate voire d'ennemi du Peuple !

Il y a en France une sorte de surestimation de l’extrême gauche, une sorte de bienveillance obligée vis-à-vis de gens qui apparaissent comme de doux rêveurs et dont on considère comme normal qu’ils soient représentés en masse à chaque élection présidentielle.

Pourtant FOG a raison. Le programme économique des partis anticapitalistes, auquel je rajouterais celui de Mélenchon sont absurdes. Ils sont non seulement absurdes mais trompeurs puisqu’ils prétendent remédier aux difficultés des plus fragiles par des remèdes de charlatans.

Puis ce fut un festival.

Ce fut au tour de Cheminade d’être proprement expédié, accusé de vivre « dans sa bulle » et qui serait «bien mieux en première partie de la prochaine tournée de Nicolas Canteloup ou de Laurent Gerra » !

A propos d’Eva Joly, il parle, mais il n’est pas le seul, « d’erreur de casting » et va jusqu’à affirmer « qu’on comprend rien à ce qu’elle dit » et que « d’ailleurs tout le monde s’en fout ».

Je ne dirais pas que l’on ne comprend rien à ce qu’elle dit, on comprend mais on ne retient pas, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. On ne retient pas, probablement parce qu’on n’attache pas une attention excessive à ce qu’elle dit et si on ne fait pas attention à ce qu’elle dit c’est qu’elle ne donne pas vraiment envie. De là à en conclure qu’il y a erreur de casting, c’est probable. On aurait certainement plus et mieux écouté Hulot. Malgré tout, il faut relativiser, elle ne fait pas pire que Voynet en 2007 (1,57%).

Ce fut ensuite au dernier des « petits » candidats de subir la verve d’un FOG en pleine bourre.

Dupont-Aignan a été traité de « mini gaulliste, gaulliste de poche » terminé « à coup de gourdin par François Langlais », youpi !!

La dessus, rien à rajouter, Dupont-Aignan s’est effectivement fait étriller par l’excellent François Langlais. Peut être qu’il aurait pu néanmoins insister sur la sincérité et le courage de l’homme qui s’est élevé seul contre la machine UMP.

Mais fort heureusement, il ne s’est pas arrêté aux petits candidats, après avoir reconnu les qualité de l’homme, il s’est ensuite attaqué à Mélenchon en qualifiant son programme économique de « complètement dingue » et qui « fait un peu froid dans le dos ». On a senti qu’il aurait pu aller plus loin dans la critique mais Hélène Jouan s’est empressé de le faire embrayer sur Bayrou. Critiquer Poutou ou Arthaud passe encore mais on ne touche surtout pas à Mélenchon !

Dommage, parce qu’il n’aurait pas été du luxe d’insister sur les illusions qui fondent le projet du Front de Gauche.

Sur Bayrou, changement de discours, il faut dire que l’on est sorti de l’aberration économique promue par les candidats cités jusqu’à présent. Son cas, a d’entrée été qualifié de « passionnant ». Il commence par un constat que je partage, « Bayrou ouvre les vrais dossiers » ce qu’il dit est véritablement « passionnant » mais « ça ne marche pas » !

Et il continue sur ce qui constitue probablement les propos les plus intéressants de son intervention.

« On est dans le pays des Bisounours, c'est-à-dire que quand quelqu’un vous dit que ça ne va pas, qu’on a des problèmes et qu’il faut les régler, ça n’intéresse pas, on préfère parler de la réforme du permis de conduire…de combien de fonctionnaires il faut embaucher … »

FOG a malheureusement raison, entre un Bayrou qui dit et répète depuis des années que le désendettement doit être une priorité et un Mélenchon qui promet une augmentation massive du SMIC, la retraite à 60 ans, la santé gratuite, l’interdiction des licenciements et l’embauche massive de fonctionnaires il y a selon les sondages au moins 5%, et inutile de vous dire en faveur de qui !

Enfin FOG a terminé avec les 2 gros.

Hollande c’est « le planeur » avec un « petit coté écureuil » qui « fait très attention, qui saute d’un arbre à l’autre », « une poêle en Téflon, sur qui rien n’accroche ». A son propos, FOG a quand même relevé une belle fanfaronnade du candidat PS : « je ne me laisserai pas dominer par les marché, le rôle des hommes politiques c’est de dominer les marchés »…et FOG de commenter « eh bien il verra tiens, il verra parce que ça ne se passe pas comme ça… » !

Hollande le planeur, l’image est bien trouvée. Hollande la joue exactement comme lors de la primaire du PS. Il est le favori, il se positionne au dessus de la mêlée, histoire de ne prendre aucun risque.

Il a repris exactement la même stratégie lors de cette campagne. Il démarre par un discours fort au Bourget et puis, plus rien ou presque, il gère son avance. Il plane en silence au dessus de la campagne.

Enfin ce fut au tour de Sarkozy de passer à la moulinette FOGienne, avec une entrée en matière très significative de l’état d’esprit qui règne dans le milieu intello-médiatique français.

FOG croit bon de commencer, en s’adressant à Hélène Jouan, par une sorte « Toi tu n’auras pas de problème avec Internet et la presse bien pensante mais moi je vais carrément dire ce que je pense, c’est qu’il était bon !» puis un peu plus tard « Je vais en prendre plein la gueule demain sur internet ».

Eh oui, c’est malheureux, mais dire que l’on a trouvé Sarkozy « bon » lors d’une prestation télévisée, c’est s’exposer aux foudres du petit monde interneto-médiatique qui ne peut pas concevoir que l’on complimente le Sarkozy honni même sur la couleur de ses chaussettes.

En fait, la vraie bonne surprise de cette émission, ce fut la liberté de ton de Franz Olivier-Giesbert qui a osé dire avec verve et spontanéité quelques vérités si peu politiquement correctes.

Pour autant, le seul fait de le dire est tellement rare sur une chaine publique et à une heure de grande écoute, que FOG apparaît presque comme iconoclaste, à tel point que Pujadas a cru bon de rappeler que les propos des chroniqueurs n’engageaient qu’eux même et surtout pas France Télévision, surtout pas !