Avant les élections, j’avais comme beaucoup, fait part de mes inquiétudes quand à la capacité de Hollande à sortir des vieilles recettes socialistes qui peuvent se résumer en une formule : dépensons plus et prélevons plus. Non seulement ces temps là sont finis, pour peu qu’ils aient déjà existés, mais c’est même l’inverse qui nous est demandé : dépenser moins et si possible prélever moins.

Même si Hollande est apparu comme l’un des plus avare en promesses inconsidérées (car non financées) parmi les prétendants à la candidature socialiste, il fut malheureusement également fort avare en allégement de dépenses. Rien, strictement rien, sur les dépenses qu’il faudra nécessairement réduire pour atteindre son louable mais extrêmement ambitieux objectif d’un déficit à 3% en 2013.

Il était donc, me semble t’il, tout à fait justifié de s’inquiéter.

Quelques semaines plus tard, j’attends toujours de voir ou Hollande, son gouvernement, son assemblée nationale, son Sénat, ses régions, ses départements, ses grandes villes vont nous amener.

Pour autant, les premières mesures et celles qui vont très certainement suivre m’amènent à une double réflexion.

Tout d’abord, pour le moment, pas de gros reproches à faire.

Dans les premières mesures beaucoup sont plus symboliques qu’autre chose : la retraite à 60 ans ne concernera que très peu de monde, le coup de pouce au SMIC est pour le moins anecdotique et les quelques mesures fiscales annoncées sont là juste pour pouvoir dire qu’on va faire payer les « riches ».

D’autres mesures vont au-delà du symbole même si elles ont comme premier intérêt de contredire l’action de Sarkozy. La remise en cause de la défiscalisation des heures supplémentaires par exemple est une décision importante mais elle me convient parfaitement, j’ai toujours trouvé que cette mesure, à l’instar de la baisse de la TVA pour la restauration était une erreur. Couteuse et sans effet probant. Nous n’avons pas les moyens de ce type de fantaisies. Il en est de même pour l’abaissement du seuil d’exonération des droits de succession. Je n’ai d’ailleurs jamais compris comment un gouvernement qui n’a cessé de prôner l’importance de la valeur travail a pu favoriser ainsi l’acquisition sans effort d’un patrimoine.

Les embauches dans l’Education Nationale étaient annoncées, si elles sont entièrement compensées par des départs ailleurs comme le laisse entendre le pouvoir, pourquoi pas. Comme Bayrou, Hollande veut faire de l’éducation une priorité, il a raison. Certes ce n’est pas en embauchant toujours plus que l’on va améliorer notre système éducatif mais il n’est pas illogique, pour peu qu’on ne se contente pas de ça, de donner les moyens à l’Education nationale pour assumer ses missions.

En tout état de cause, cette décision est cohérente avec les préconisations de feu le président de la Cour des Comptes, Philippe Seguin, qui critiquait l’application bête et méchante de la règle du non remplacement d’1 fonctionnaire sur 2. Certaines administrations sont obèses et d’autres ont juste un léger embonpoint, il faut savoir moduler. En annonçant que les fonctionnaires embauchés dans l’Education, la Justice ou la Police le seront au détriment d’autres corps, le gouvernement Ayrault semble avoir pris la mesure du problème, espérons qu’il s’y tiendra.

Le retour arrière sur la TVA dite sociale est plus discutable parce qu’il est fait pour de mauvaises raisons. Là aussi, c’est le symbole qui compte, peu importe si on va remplacer la hausse de la TVA par une hausse de la CSG qui aura le même effet sur le pouvoir d’achat des « petits gens » !

Peu importe, on a trop dénigré la mesure pour ne pas être obligé de la jeter aux ordures avec pertes et fracas.

Certes on aurait pu s’épargner la hausse de l’allocation de rentrée scolaire mais globalement, il n’y a rien à ce jour qui mérite que l’on crie au scandale….et tant mieux !

Tant mieux que Hollande n’ait pas remis en cause la réforme des retraites de Sarkozy en contradiction avec les violentes critiques et la promesse jurée-crachée du PS, tant mieux qu’il n’ait pas l’intention d’appliquer un seul paragraphe du projet Socialiste de 2010 (si, si, 2010 et non pas 1980 comme on aurait pu le croire) pourtant adopté dans une belle unanimité, tant mieux qu’il n’ait pas l’intention de remettre en cause la réforme des universités malgré ce que le PS a laissé croire à ces jeunes naïfs d’étudiants, tant mieux si on ne va pas vers une politique de naturalisation massive de tout ce qui se balade sans papiers en France malgré ce que le PS a laissé croire à toutes les associations et autres collectifs, universalistes, tiers-mondistes et droits de l’hommistes, tant mieux qu’il ne touche pas à la quasi-suppression de la taxe professionnelle malgré les vitupérations des potentats locaux, tant mieux qu’il garde comme objectif de réduire significativement les effectifs de la fonction publique quitte à participer à la « casse du service public », tant mieux qu’il abroge la défiscalisation des heures sup, dernier morceau de la loi TEPA, même si c’est l’occasion de s’apercevoir que contrairement à ce qu’on nous a seriné, cette loi n’était pas qu’un cadeau aux riches, tant mieux tout ça…D'un autre côté, je serais un de ces pt’itgensdegauche je me dirais quand même que pendant 5 ans ils se sont bien foutus de ma gueule au PS, qu'ils nous ont vraiment raconté n’importe quoi !