Intéressant ce nom, il est certainement le produit d'une longue réflexion menée par de coûteux cabinets de marketing de renom.

La première chose qui saute aux yeux, c'est l'étroite parenté avec son illustre prédécesseur, l'UDF. UDF/UDI, l'objectif est clair, ressusciter l'UDF dont faute de pouvoir en reprendre l'appellation exacte " Union pour la Démocratie Française ", on a pastiché l'acronyme. Pas certain que de jouer de manière aussi flagrante sur la nostalgie d'un parti dont l'image de marque n'est ni populaire ni moderne soit une heureuse idée. Et ce ne sont pas les présences de Valery Giscard d'Estaing et de Simone Veil à l'inauguration qui vont rajeunir cette image.

Ce qu'est également censé nous dire ce nom, c'est le positionnement de l'UDI sur l'échiquier politique.

Rappelons que la base de l'UDI est essentiellement constituée du Nouveau Centre et du Parti Radical soit pour l'essentiel d'anciens soutiens de Nicolas Sarkozy dont les principaux responsables ont été au gouvernement et qui ont passé 5 ans à voter dans le même sens que l'UMP.

Afin de rendre son positionnement le plus lisible possible, l'UDI devait se différencier du MoDem de François Bayrou sans avoir l'air d'être trop concurrent pour en récupérer une partie, tout en se positionnant clairement au centre, tout en affirmant haut et fort son indépendance vis-à-vis de l'UMP dont il a pourtant été l'allié fidèle pendant 5 ans. Pas facile !

Eh bien, le nom a été conçu pour ça.

Il reprend l'essentiel du nom du Mouvement des Démocrates en y adjoignant " et Indépendants ".

Certes la ficelle est un peu grosse car le résultat est pour le moins étrange. On ne voit pas bien ce que ce " et indépendants " vient faire là, est-ce que cela signifie que ce parti réunit des démocrates qui sont également indépendants ou des Démocrates et des Indépendants ?

Paradoxalement, cette volonté, à travers le nom et le discours, d'insister lourdement sur l'indépendance de ce nouveau parti, montre bien qu'en la matière il n'y a rien d'évident, et que celui-ci devra faire ses preuves.

D'autant plus que, contrairement au MoDem, l'UDI se positionne sans aucune ambiguïté à droite, ce qui d'entrée de jeu le rendra dépendant du rapport de force au sein de la Droite. Or, depuis l'époque de Valery Giscard d'Estaing, ce rapport de force a toujours été en faveur de l'UMP (ou RPR).

Rappelons qu'en 2002, parce qu'il contestait la volonté d'indépendance de François Bayrou vis-à-vis du RPR, plusieurs des cadres de l'UDF partirent rejoindre l'UMP pourtant fraîchement créée dans le seul but de soutenir...Jacques Chirac.

En 2007, la victoire de Nicolas Sarkozy, et ce même rapport de force à droite, provoquèrent une seconde vague de départs et la création du " Nouveau centre " d'Hervé Morin. Tous les élus qui craignaient, à juste titre pour leur mandat, ont rejoint l'UMP ou s'y sont apparenté.

Dans notre système de scrutin majoritaire, pour être réellement indépendant, il faut être dominant ou accepter comme le MoDem d'être un parti sans élu.

Tout cela pour dire que, sauf à parier sur un éclatement de l'UMP, l'UDI risque de finir comme feu l'UDF, c'est-à-dire un parti de notables qui ne pèsera pas réellement sur la vie politique française.

Quand à un espoir présidentiel, l'UDI ne peut compter que sur un Jean-Louis Borloo qui, malgré sa popularité, n'a jamais démontré sa volonté et sa capacité à faire un bon candidat.

Il ne reste plus pour l'UDI qu'à espérer que Jean-François Coppé soit élu à la tête de l'UMP (à cette heure il y a encore doute) et que les ravages causés par le déroulement catastrophique de l'élection et la peur d'une dérive droitière, amènent militants et élus à rejoindre en masse le parti centriste. C'est le seul moyen pour arriver à faire évoluer le rapport de force et en conséquence à donner raison à Jean-Louis Borloo qui voit son parti devenir sinon le premier de France, au moins le premier à droite. Mais disons le, l'espoir est faible.