On peut évoquer plusieurs causes dont Hugo Chavez cher à Jean-Luc Mélenchon et au Front de Gauche porte une large responsabilité.

Tout d'abord il faut dire que le phénomène est malheureusement assez classique dans les pays qui bénéficient d'une ressource naturelles facile et peu couteuse à exploiter appelé le syndrome de la maladie hollandaise. En résumé et même s'il peut prendre plusieurs formes, il se caractérise par une hausse des produits ou des services non exportables et une désindustrialisation du pays.

De ce point de vue, le Venezuela est en plein dedans. L'inflation déjà élevée est en phase d'accélération et, selon les projections les plus optimistes, elle pourrait atteindre 33%. Quand à la désindustrialisation elle est réelle et le Venezuela importe l'essentiel de ce qu'il consomme même l'essence ! En effet, comme le Venezuela n'a pas développé ses installations de raffinage il se retrouve obligé d'exporter son pétrole pour le faire raffiner à l'extérieur et notamment, comble de l'ironie, vers les Etats-Unis.

Mais les causes de cette calamiteuse situation sont surtout idéologiques et révélatrices des limites d'une politique socialiste pure et dure telle qu'elle a été pratiquée par Chavez avec ses deux volets nationalisations et redistribution massive. Les nationalisations ont eu pour effet de désorganiser complètement les entreprises concernées et en premier chef la compagnie pétrolière nationale, la PDVSA, avec pertes des compétences, sous-investissement chronique, sureffectifs et gestion calamiteuse. Résultat, les infrastructures pétrolières sont en très mauvais état et la production de brut n’a cessé de baisser depuis 2000.

Et bien évidemment, ce contexte ne favorise ni le développement du secteur privé ni les investissements en provenance de l'étranger.

Les redistributions, outre qu'elles répondent à une logique clientéliste, coutent évidemment très cher à un secteur public dont le déficit représente 15% du PIB. Même l'essence est redistribuée quasiment gratuitement alors qu'elle est achetée pour l'essentiel aux Etats-Unis.

Par ailleurs, l'argent distribué à la population n'est utilisé ni pour investir dans l'industrie pétrolière (d'ou le raffinage à l'étranger) ni dans d'autres industries de diversification. Conséquence logique, le pétrole représente plus de 94 % des exportations et la moitié du budget de l’État. A contrario, le Venezuela importe l'essentiel de ses biens de consommation.

Si on ajoute à cela le blocage des prix des produits de première nécessité qui n'incite pas vraiment à leur production, on comprend très bien la situation de pénurie que connait le Venezuela sur un grand nombre de produits de consommation.

Alors certes, grâce à l'argent du pétrole, la pauvreté a significativement reculée et à le taux d'inégalité est le plus faible d’Amérique latine, mais cela uniquement parce que la moitié de la population est fonctionnaire et que l'autre est subventionnée. Bien évidemment, le modèle n'est pas pérenne, la situation n'est pas durable, le pays se retrouve dans une situation intenable qui va finir par rapidement exploser.

Sans généraliser la situation du Venezuela, il est intéressant de constater à quoi mène un modèle politique qui s'appuie sur un Etat omnipotent et sur la négation des mécanismes économiques de base. Redistribuer plus « équitablement » la richesse est louable sauf quand au final cela mène à un appauvrissement général.

Pas brillant le modèle de Mélenchon !