Manuel Valls sait pertinemment que tenir de tels propos c’est comme agiter un chiffon rouge devant un taureau bien chaud. En fait, il n’en n’a cure. Il se considère comme intouchable et, fidèle à son positionnement original au sein du Parti Socialiste, il veut rester dans son personnage de socialiste moderne décomplexé et, tant sur le plan économique que de la sécurité, débarrassé d’une idéologie de gauche qu’il juge obsolète.

Hier, à propos de la TVA sociale ou de 35 heures, aujourd’hui sur la sécurité et l’immigration, il n’hésite pas à s’attaquer frontalement aux tabous de la Gauche. En opposant sa fermeté républicaine et ses légitimes interrogations sur les causes d’une intégration défaillante, il se présente devant les français comme le chantre d’une Gauche moderne débarrassée de ce qu’il considère à tort ou à raison comme de angélisme béat.

Ce sont deux philosophies qui s’affrontent de plus en plus ouvertement et de plus en plus violemment si on en juge de réactions des Mélenchon, Duflot et autre Joly.

D’une certaine manière, Manuel Valls applique la tactique du Nicolas Sarkozy Ministre de l’Intérieur: autorité, culot et activisme.

Cette tactique a un double intérêt : donner l’impression par son omniprésence qu’on agit efficacement contre le crime et se donner une image d’homme fort et ferme dans ses convictions. Image que les français apprécient. Et, comme Sarkozy en son temps, cela lui permet de matérialiser une rupture par rapport à l’habituel discours de son camp.

Rendez-vous dans 4 ans pour voir si la comparaison s’arrête là !