Mais il ne suffit pas de tenir ce genre de propos pour se faire l’assistant involontaire de Marine Le Pen dans sa démarche de normalisation du FN. Se situer par rapport à lui en permanence, c’est en faire d’une certaine manière un concurrent comme un autre, un de ses pairs.

Même ceux qui le traite d’abomination et qui veulent en faire le paria de la politique française, sont dans l’erreur.

Lorsque Jean-Luc Mélenchon fait de sa candidature à la Présidentielle ou à la législative de Hénin-Beaumont un combat personnel contre Marine Le Pen, il met autant en valeur son adversaire que son propre camp. Pire encore, en se référant sans cesse au Front national, il oblige d’une certaine manière chacun à choisir son camp même ceux qui ne veulent ni de l’un ni de l’autre.

Passer ses campagnes à vilipender le FN avec l’invective comme seul argument n’a jamais fait perdre une seule voix au Front National !

Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche, sont caricatural en la matière mais ce constat est également valable pour tous les autres opposants au FN. Feu le front républicain a été un échec.

Contester le FN sous prétexte qu’il ne serait pas un parti républicain, est inefficace voire contreproductif.

En quoi le FN ne serait-il pas un parti républicain ?...parce qu’il serait raciste, antisémite, xénophobe, nationaliste…méchant ?....outre le fait que s’en tenir à ces considérations est pour le moins simpliste, je ne vois aucun synonyme d’antirépublicain dans tous ces qualificatifs !

Jusqu’à nouvel ordre, le FN s’inscrit dans les lois et les règles de la république.

En donnant l’impression que l’establishment politique se ligue contre le FN, on ne fait que le victimiser.

Certes, ses affirmations ne sont pas toujours d’une grande finesse, elles sont souvent basée sur des concepts rudimentaires et erronés et s’apparentent à des incantations simplistes, mais, en l’absence de contradiction intelligente, on laisse se répandre tranquillement ses thèses populistes.

On devrait avoir compris depuis longtemps que diaboliser le Front National n’a jamais stoppé la propagation de son influence dans l’opinion.

Même si le contexte de crise offre un terreau particulièrement fertile aux populistes, son succès, le FN le doit avant tout au fait que ni l’UMP ni le PS n’ont su répondre aux réelles inquiétudes de ceux qui se sont retournés vers lui.

Faute d’avoir osé s’emparer de certains sujets, ceux-ci ont été préemptés par le FN. Faute d’avoir voulu en débattre, les autres partis ont laissé celui-ci diffuser ses solutions sans réelle contradiction.

Maintenant, certains d’entre eux courent après leurs électeurs perdus, mais c’est trop tard, le mal est fait.