J’y vois principalement deux raisons :

Tout d’abord, le sujet sous-jacent, l’immigration. L’immigration est un sujet à propos duquel les clivages sont extrêmement importants et qui, pour cette raison, n’a jamais été traité de manière satisfaisante. Clairement, il n’y a pas de consensus ni sur la Loi, ni sur la manière de l’appliquer. Ce sujet est l’occasion de combats permanents ou le manichéisme est roi. Les bons humanistes s’opposent aux xénophobes réalistes renfermés sur leurs petites frontières.

Les uns évoquent leur indignation face à la misère du monde, les autres rétorquent qu’accueillir cette misère sans discernement n’est guère raisonnable. L’humaniste face au boutiquier, le combat n’est pas égal.

La 2éme c’est l’ambiance délétère qui règne sur la politique française. Ce n’est pas nouveau mais elle s’est clairement détériorée depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir.

Dans ce contexte, l’affaire Leonarda a servi de détonateur. Elle a constituée le prétexte à toutes les oppositions contestataire de France et de Navarre et elles sont nombreuses. Elles en ont toutes profité pour régler leurs comptes avec l’Exécutif. Tout d’abord avec Manuel Valls, l’occasion était trop belle pour affaiblir celui qu’ honnissent dans une belle unanimité, le Front de Gauche, EELV, l’UMP, le Front National et une partie du PS. L’homme est trop de droite pour la gauche, trop populaire pour la droite qui voit en lui un concurrent déloyal. Imaginez, un socialiste qui prône l’ordre, la sécurité et qui accuse sa consœur Ministre de la justice de laxisme !

Puis avec François Hollande. Il faut bien avouer que tant sur la forme d’une déclaration solennelle que sur le fond avec cette décision faussement consensuelle, celui-ci a tendu le gourdin pour se faire battre. Son intervention donnait trop d’importance à un fait qui ne méritait certainement pas une intervention présidentielle et elle s’est conclue par une proposition qui ne pouvait satisfaire personne. Par-dessus le marché, il s’est fait publiquement rabrouer par celle qu’il a voulu aider.

Pour tous ces gens, la maladresse de François Hollande a été la cerise sur le gâteau, l’aubaine inespérée pour clamer haut et fort que, définitivement, cet homme n’est pas à la hauteur de sa tâche.

Sans surprise, les premiers à se lâcher, on les trouve dans sa propre majorité et chez ses pseudos alliés qui sous prétexet de leçon de morale, trouvent là une occasion de contester haut fort son autorité sinon sa légitimité. Quoi, vous exigez d’une jeune fille de 15 ans qu’elle choisisse entre la France et ses parents, père indigne, président indigne !!!

La Gauche déboussolée et divisée comme jamais, la Droite morcelée sans chef ni doctrine, tous ont non seulement abusé de l’émotion populaire provoquée par un fait largement surmédiatisé mais ils l’ont nourris en surenchérissant dans la fausse compassion. Tous l’ont utilisé pour se refaire une santé sur le dos d’un Président encore plus mal en point qu’eux.

Notre démocratie ne sortira certainement pas grandie de cette pitoyable manière de faire de la politique.