Cela a commencé rapidement, dès Septembre 2012, les sénateurs d’EELV avec le conseil d’EELV qui se prononce contre le Traité budgétaire européen porté par François Hollande, provoquant au passage la colère de Daniel Cohn-Bendit.

Puis ce fut le Pacte de compétitivité, alors qu'il était présenté comme une mesure phare par le Gouvernement, qui fit les frais de la contestation des sénateurs d’EELV.

Autre réforme emblématique, celle des retraites, également contestée par les députés Verts qui ont voté contre l’allongement de la durée de cotisation.

Récemment, c’est le budget 2014, acte politique pourtant essentiel d’un gouvernement, qui est fortement contesté, Noel Mamère appelant les écologistes à ne pas le voter.

Mais la goutte d’eau qui fait déborder le vase est sans conteste l’appel des Verts au Lycéens de continuer leur mouvement en vue du retour en France de la famille Dibrani au grand complet. C’est non seulement s’opposer frontalement à François Hollande sur un sujet politiquement sensible, mais c’est pousser ouvertement des jeunes à la contestation, pour une cause à la fois discutable et perdue d'avance. Peut-on imaginer un seul instant que le Gouvernement se dédise et autorise à toute la famille de revenir en France !

Tout cela montre au moins une chose, c’est qu’EELV n’a aucun complexe vis-à-vis de ceux qui les ont pourtant portés à bout de bras depuis leur piteuse prestation à la présidentielle. Ils en ont d’autant moins qu’ils se sentent en position de force face à un exécutif dont la popularité est au plus bas, et face à un PS dont le soutien au Gouvernement n’est pas sans failles.

Ils usent et abusent d’une situation dont ils veulent profiter de tous les cotés. Leur présence au gouvernement leur donne de la visibilité et un peu d’influence et leur opposition en dehors leur permet de se démarquer d’une politique sociale-démocrate qui n’est pas la leur. Accessoirement, cela leur permet également de se désolidariser d’un exécutif critiqué de tous les côtés et ainsi de ne pas être dans le même bateau au cas où il viendrait à couler.

Chacun voit bien que cette situation ne peut pas durer mais ce n’est pas François Hollande qui la fera cesser. Contesté sur sa gauche et sur sa Droite, contesté plus ou moins ouvertement au sein même du Parti Socialiste, François Hollande n’a pas les moyens de se priver de leur soutien, même de façade.

La rupture ne viendra que lorsque les Verts l’auront décidé, lorsqu’ils considèreront qu’ils n’ont plus aucun intérêt à soutenir le Gouvernement. Et si on en croit les récentes déclarations de Noël Mamère qui présente le Front de Gauche comme modèle et d’Eva Joly qui pousse à un rapprochement avec celui-ci, cette rupture risque de se produire bien avant la fin du quinquennat. En attendant les Verts jouent les ennemis de l’intérieur.