Exiger du Gouvernement qu’il renonce définitivement et précipitamment à l’écotaxe sous peine de représailles est inacceptable.

Celui-ci a déjà fait un premier pas important en considérant que les modalités actuelles de la mise en application l’écotaxe devaient être revues et qu’elles devaient faire l’objet d’une concertation entre tous les acteurs concernés, ce qui manifestement et malheureusement n’avait pas été fait jusqu’à présent.

Cette réponse était la bonne réponse sinon la seule possible.

Tout le monde était d’accord sur le principe d’une taxe écologique dont la vocation était notamment de limiter l’émission de gaz à effet de serre en incitant à l’utilisation de modes de transport plus propres.

Rappelons que l’objectif de cette taxe n’était pas de remplir les caisses de l’Etat, qui en aurait pourtant bien besoin, mais d’une part d’imputer au transport routier son cout réel pour la collectivité et de le pousser de ce fait à rationaliser ses déplacements et d’autre part à financer de nouvelles infrastructures.

Toutes ces motivations restent valides, on ne peut donc pas jeter le bébé avec l’eau du bain en se contentant de la supprimer purement et simplement et à plus forte raison sous l’inadmissible pression de quelques uns.

Par contre, il est certainement nécessaire de se reposer la question de son efficacité au regard des objectifs fixés. L’exemple de l’Allemagne ou l’écotaxe est en vigueur depuis 2005 mérite certainement d’être regardé de près.

De toute façon, et sans même évoquer la question du contrat de sous-traitance avec la société Ecomouv’, ses modalités doivent être remises à plat pour tenir compte du contexte, des situations particulières et notamment pour ne pas en faire peser le coût uniquement sur les producteurs.

Plus généralement, il faut s’interroger collectivement et se demander si « …il n'y a pas de mécanisme plus simple, moins coûteux, moins engageant pour la puissance public et qui obtienne les mêmes résultats » (sic François Bayrou).

Tout cela devra passer par une large et sereine concertation pour, en fin de compte, prendre une décision ferme, claire, nette et précise. Il serait inconcevable de céder au chantage des plus forts en gueule, fussent t'ils bretons.