Cet homme s'est appelé Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy. Or, même les dedroite, comprennent que les bilans Chiraquien puis Sarkozien sont pour le moins contestables. Pas besoin d'être d'une lucidité exceptionnelle pour ce rendre compte que si la France est dans cet état, elle le doit plus aux précédents gouvernements qu'à celui qui est en place depuis seulement 18 mois. Non, pas besoin d'être un extra-lucide, juste un tant soit peu objectif.

Pire encore, non seulement ces hommes « providentiels » ont déçus mais ils n'ont pas successeurs. La Droite, non seulement n'a pas de projet, ce qui n'est pas nécessairement trop grave, mais elle n'a pas de leader, elle n'a pas de chef. Or sans chef, la Droite ne vaut rien.

Ainsi, pour beaucoup, il est terminé le bon temps des dogmes, croyances, vérités et certitudes en tous genres qui tels de douillets cocons idéologiques nous permettaient de nous positionner avec force et conviction dans un camp ou dans un autre et sur tous les sujets de la vie publique.

Pour beaucoup nous sommes entrés dans le temps de la décertitude.

Alors certes, il reste les vrais degauche et les vrais dedroite, les irréductibles, ceux qui de toute façon considéraient avec mépris dans leurs camps respectifs, les chantres d'une politique molle qui n'ose pas rompre radicalement avec la pensée unique de l'establishment. Ceux qui sont trop ancrés dans leurs idéologies respectives pour penser ne serait-ce qu'un seul instant qu'ils puissent être dans l'erreur, ceux là, au contraire de la majorité des électeurs, se trouvent renforcés dans leurs convictions qu'ils ont raison contre l'immense majorité de leurs concitoyens.

Ceux-là de toute façon ne laissent guère de place au doute et risquent de récupérer quelques brebis égarées en manque de repères, mais l'incohérence de leur discours n'en fera jamais des sauveurs.

Dans un pays plein de paradoxes, ou on attend peu des politiques mais beaucoup de La politique, ou on veut moins d'Etat mais on attend tout de l'Etat, la perte de nos certitudes inquiète. Dans une situation que tout le monde a enfin évaluée à sa juste gravité elle est même particulièrement anxiogène.

C'est cette inquiétude qui explique que les manifestations fleurissent un peu partout, pour la plupart en dehors des syndicats ou des partis politiques. C'est cette inquiétude qui rend tout le monde impatient et donc nécessairement exagérément critique.
Elle est génératrice de confusion et donc de bouleversements qui, s’ils ne sont pas maîtrisés, peuvent rapidement tourner au chaos ou du moins à un éclatement de la société en groupes d’intérêts chacun cherchant à tirer la couverture à lui.

Mais elle peut être également salutaire si elle conduit à faire prendre conscience que rien n’est aussi simple que ce qu’on a bien voulu croire et nous faire croire, et que la complexité de notre monde n’est guère compatible avec les opinions tranchées et les comportements manichéens.

A suivre donc pour voir si c’est le meilleur ou le pire qui l’emporte.