D’autant moins bien engagée, que la Cour des Comptes, toujours lucide, précise que la politique dite du « rabot », menée jusqu’à ce jour et qui consiste à grappiller quelques économies un peu partout en essayant de fâcher le moins possible, a atteint ses limites. En rabotant indifféremment tout ce qui semblait déborder, sans se préoccuper de différencier l’utile du superflu, cette politique a créé des effets de bords négatifs. En conséquence, terminé les demi-mesures quelques fois contreproductives, il faut maintenant taper dans le dur et engager « des réformes de fond ».

Autant dire que même si la Cour des Comptes reconnaît l’effort déjà fourni, pour François Hollande et son gouvernement, tout reste à faire. Autant dire également qu’il y a urgence puisque les réformes de fond, même si elles sont engagées, ce que rien ne garantit à ce jour, ne produiront pas d’effets immédiats. Le temps de la concertation chère à ce gouvernement, de la décision lente de ce gouvernement, de la mise en œuvre et des effets sur les comptes se comptent nécessairement en années, en beaucoup d’années.

Or, des années, il ne lui en reste plus beaucoup. On ne perd pas impunément 2 ans sur un mandat qui en compte 5 !

Et comme malheureusement la Cour des comptes ne fait pas de miracles mais se contente d’indiquer qu’il y a urgence à en faire, on voit mal comment la France pourrait tenir ses engagements vis-à-vis de l’Europe de ramener le déficit sous les 3% en 2015.

François Hollande doit d’ores et déjà se préparer à aller à Canossa, en tenue de pénitent, pieds nus, la corde au cou tout en mangeant son large et bourratif chapeau mitterrandien pour expliquer à la Commission Européenne et plus généralement à ses homologues européens, qu’encore une fois la France a été incapable de tenir ses engagements. Pire encore pour lui, il va être obligé d’expliquer aux Français que, ça non plus, il n’y est pas arrivé.