Au lieu de ça, on joue la concertation à fond et on demande à tel ou tel organisme, à telle ou telle personnalité de nous pondre un rapport qui servira de base de discussion avec tout ce que la France compte d’intéressés.

En attendant que tout ce petit monde se mette d’accord, on évoque ici et là, plus ou moins en vrac, quelques grandes et petites pistes, rarement très précises, et on attend de voir quelles seront les réactions.

Bien évidemment, la moindre fuite provoque une réaction véhémente de la part de ceux qui se sentent à tort ou à raison lésés. Et bien évidemment, le Gouvernement s’empresse de rassurer tout ce petit monde en jurant ses grands dieux qu’il n’a rien décidé et surtout pas de s’engager dans cette voie absurde.

Evidemment encore, à chaque fois c’est une option en moins dans un stock de possibilités pourtant déjà bien maigrichon.

Parce qu’il s’agit quand même de trouver au minimum 50 milliards d’euros d’économies et 50 milliards ça ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval.

Et manifestement pour le moment, François Hollande et son gouvernement n’ont aucune idée sur la manière de les trouver. Tout ce qu’ils savent c’est là ou on ne peut pas les trouver: « On va regarder politique par politique, avec le souci de ne pas toucher à la protection sociale. » (sic François Hollande conférence de Presse).

Autant dire qu’ils sont dans le brouillard le plus total.

Pire encore, les quelques idées les plus souvent évoquées commencent à être sinon écartées du moins rognées.

Le millefeuille territorial en est un premier exemple.

François Hollande lui-même, lors de sa conférence de presse nous parle du coûteux millefeuille et nous explique qu’il faut lui faire subir une drastique cure d’amaigrissement. Parfait ! Il précise même qu’il faudra en finir avec ce peu efficient principe de compétences générales. Très bien ! Et alors que l’on attendait qu’il nous indique un mode opératoire clair et à peu près précis, rien ! à l’exception d’une très maigre incitation financière pour tous ceux qui spontanément accepteraient de se faire déposséder de leurs prérogatives locales. Pire encore, il écarte d’entrée la suppression des départements qui aurait pu être une option, peut-être radicale mais peut-être également efficace.

En clair, rien ne se fera, à l’exception peut-être d’un symbolique rapprochement de Paris et de quelques départements limitrophes dont le seul tort aura été de ne pas avoir à leur tête une personnalité politique de premier plan.

Idem avec le gel de l’avancement des fonctionnaires et des augmentations de salaire qui vont avec. D’après les meilleures estimations l’économie pourrait être d’environ 1 milliard d’euros par an.

Plus la peine d’y songer, la piste est enterrée avant même d’avoir été mise officiellement sur la table.

Tout cela grâce à Peillon qui lâche en off et sans que personne lui ait rien demandé, que ça serait une super idée. Résultat, tollé général et aussi sec Ayrault s’empresse de rassurer ses électeurs les syndicats de fonctionnaire en jurant son grand dieu que lui vivant une telle hérésie ne verrait jamais le jour.

Si Peillon avait voulu saborder l’idée il ne s’y serait pas pris autrement.

Par charité ne revenons pas sur la question du couteux régime des intermittents sanctuarisé par Filippetti et Sapin avant même que le MEDEF ne le prenne pour cible.

Qu’est-ce qu’il nous reste comme idées lumineuses pour économiser des sous.

Ah oui, les collectivités locales qui ont embauché à tire larigot et dépensé sans compter.

Sauf que là encore, il ne sert pas à grand chose de faire des plans sur une comète sur laquelle le Gouvernement a peu de prise.

Et on sait comment ça se passe dans ces situations ou une multitude d’acteurs doivent faire des efforts pour arriver à un résultat significatif. Chacun se prend pour une exception et trouve toujours un bon prétexte pour continuer à dépenser. Il serait d’ailleurs intéressant de vérifier si en ces temps d’élections municipales, les candidats ont bien intégrés dans leurs programmes une baisse des dépenses !

Là encore rien de précis, rien d’imposé.

Pour nous faire patienter on nous dit que Michel Sapin s’occupe de rabioter à droite et à gauche dans les budgets de l’Etat. Or, la Cour des Comptes dans son dernier rapport le dit clairement, il n’y a plus rien de conséquent à attendre de ce genre de méthode. Et en tout cas certainement pas 50 milliards. Pire encore, demander des efforts supplémentaires à certaines administrations risque même d’être contreproductif.

Tout cela pour dire qu’autant les objectifs affichés du Gouvernements sont à peu près clairs, autant les moyens à mettre en œuvre pour y arriver sont tout à fait flous. Or comme dirait Martine, quand c’est flou c’est qu’il y a un loup. Et le loup c’est le manque de courage politique de François Hollande. Il n’y a plus de temps à perdre, il doit imposer ses solutions, l’heure n’est plus aux discussions sans fins, aux concertations interminables et inefficaces ou aux finasseries en tous genre. Il est déjà trop tard pour tenir l’engagement des 3% en 2015, presque trop tard pour ne pas basculer au dessus de 100% de déficit, essayons de faire en sorte qu’il ne soit pas trop tard pour redresser la France.