Pourtant, les élections européennes avec leur mode de scrutin, sont une des rares occasions dont disposent les petits partis pour affirmer leur autonomie par rapport aux partis dominants. En 2009, Europe Ecologie avait su la saisir. En 2014, cela aurait du être le premier véritable test pour l’Alternative entre un PS à l’agonie, une UMP discréditée et un FN plus populiste que jamais.

D’autant plus que L’UDI et surtout le MoDem sont profondément européens, et qu’ils ont, à ce titre, une véritable légitimité pour parler d’Europe.

Malheureusement, pour plusieurs raisons, le Centre va passer à coté de ce qui aurait pu être l’élection fondatrice de l’Alternative.

La première raison, c’est l’absence de leaders.

L’Alternative c’est la création de deux hommes : François Bayrou et Jean-Louis Borloo. Le premier vient d’être élu à Pau et a promis à ses ouailles de s’y consacrer pleinement au point d’annoncer qu’il ne se présenterait pas à la présidentielle de 2017. Pas certain qu’il tienne sa promesse sur ce dernier point mais François Bayrou ne se présentera aux européennes, il sera donc nécessairement moins présent.

Le second vient d’abandonner la politique. Or, L’UDI reposait sur Jean-Louis Borloo. Ce ne sont pas Jean-Christophe Lagarde, Yves Jégo ou Hervé Morin qui pourront porter suffisamment la voie du Centre et l’imposer face à l'encombrant et hégémonique allié, l’UMP.

C’est également Jean-Louis Borloo qui a porté le projet d’alliance avec le MoDem contre quelques uns de ses amis, pas certain que son successeur soit dans le même état d’esprit.

La seconde raison est plus grave, l’Alternative n’a pas de projet original pour l’Europe ou si elle en a un, il est bien caché. Et ça, c’est une faute que de ne pas avoir mis dans la corbeille de mariage un tel projet à partir du moment où l’élection européenne était la première vraie échéance pour justifier, faire connaitre et valoriser l’alliance.

Dans une campagne qui sera réduite à peau de chagrin, promouvoir avant tout le monde un projet original aurait permis au Centre de sortir du lot. Au lieu de ça, en l’absence de têtes d’affiche dont la voix porte dans l’opinion, et d’un programme original, il n’y a effectivement aucune raison pour que l’Alternative se sorte des scores médiocres dans lesquels elle semble bien partie pour s’embourber.

Dans notre monde politique bipolaire, les occasions de montrer que l’on existe et que l’on peut peser sur la vie politique sont rares. Il y a les élections présidentielles et les européennes dans une moindre mesure. Sans préjuger de ce qu’il peut se passer d’ici 2017, les prochaines présidentielles ne s’annoncent pas sous de très bonnes augures faute d’un candidat crédible. Quand aux européennes, elles seront sans nul doute une occasion ratée telle qu’elle ne se représente qu’une fois tous les 5 ans.